ACCUEIL KOSTAR  ACCUEIL ENTRETIEN




Art rock, the place to b.
Le vendredi 9 mai, le festival Art Rock laisse carte blanche à agnès b. À Saint-Brieuc, parallèlement à la présentation de l’exposition Des jeunes gens mödernes et la projection de films, la styliste sert on the rocks. Elle nous présente sa programmation.

Poni Hoax L’histoire est longue ! Les Poni Hoax ont joué chez nous en live lors d’une soirée de vernissage. Avant même la sortie de Budapest, leur premier maxi. Trois mois plus tard, je les ai emmenés au Japon. Le groupe a joué lors d’un défilé à Tokyo, la version longue de Budapest qui a ainsi constituée la seule bande son du défilé. J’ai aussi fait joué Poni Hoax à New York dans le cadre d’une carte blanche que le centre d’art contemporain P.S.1 m’offre tous les ans.
www.myspace.com/ponihoax

Metronomy Une vraie découverte. Leur indie pop est en écoute dans nos boutiques depuis l’année dernière.
www.myspace.com/metronomy

Daniel Darc Programmé pour son talent. Je l’ai soutenu, mis en écoute et habillé. Sa participation est également un clin d’œil à Des jeunes gens mödernes, exposition autour du post-punk, de la cold wave et de la culture novö en France de 1978 à 1983.
www.myspace.com/danieldarc

James Chance and the Contortions C’est une figure incontournable de la scène no wave new- yorkaise. Il a déjà joué chez nous dans le cadre de l’exposition Bande à part. Et il est en écoute dans les boutiques depuis la création de notre radio interne.
www.myspace.com/jameschanceandthecontortions

Art Rock 08. Du 8 au 11 mai, Saint-Brieuc.
www.artrock.org/

 

agnès b.
« b. Yourself ! »
INTERVIEW / ARNAUD BÉNUREAU
PHOTO / GASPAR NOÉ

Invitée au festival Art Rock de Saint-Brieuc pour une carte blanche, la styliste agnès b. évoque sa collection automne hiver 2008/2009 et sa vision de la mode. Le tout en musique et en images.

Avant d’être créatrice de mode, vous étiez rédactrice pour le magazine Elle. Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans le stylisme ? Par lassitude d’écrire sur les autres ? Ou avec l’ambition d’imposer votre griffe ?  Pour aucune de ces deux raisons. Une rédactrice de mode ne fait que les looks des séries photos. Elle n’écrit pas. Cet univers n’était juste pas le mien. Trop féminin sans doute. Je ne pensais pas à imposer quoi que ce soit ; mais à nourrir mes enfants. Car avant de lancer ma propre marque, j’en ai fait des dessins pour d’autres…

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur les magazines de mode ?
 Aucun. Je sais juste qu’ils m’ont beaucoup aidée à mes débuts. Et maintenant, je ne fais pas de publicité dans les magazines. Alors la place que je peux y avoir est donc différente.

Le 29 février dernier, vous avez présenté votre collection automne hiver 2008/2009 au Palais de Tokyo. La collection présentée impose-t-elle le choix du lieu du défilé ? Ou fonctionnez-vous au coup de cœur ?  Il faut surtout que le lieu soit bien situé par rapport au défilé précédent. C’est la deuxième fois que je présente une collection au Palais de Tokyo. L’endroit est simple. La lumière et la verrière sont belles aussi.

Après tant de collections, connaissez-vous toujours le stress lors de leur présentation ?  Je ne suis pas quelqu’un de stressé. Un défilé, ça va juste très vite.

Malgré tout, comment organisez-vous le jour J ?  Ce sont mes équipes qui travaillent. Elles suivent mes demandes et leur donnent vie. En tout cas, on ne dort pas beaucoup.

Pour coordonner au mieux le travail de vos équipes, faut-il être un peu dictateur pour orchestrer un tel événement ?  Chez nous, tout se passe bien. Alors qu’ailleurs, il y a des sociétés de production, des équipes qui lancent des mannequins… Ici, tout se passe en famille. Il n’est donc pas nécessaire d’être dictateur. Chaque personne à un rôle et en a l’habitude.

Quelles sont les grandes lignes de votre collection automne hiver 2008/2009 ?  Comme toujours, je ne suis pas les tendances. Je dessine des collections très variées parce que les femmes sont toutes différentes. Vous trouverez donc des tailleurs, des petites robes, du long, du court, du noir et blanc et beaucoup de couleurs.

Quel serait alors le style agnès b. ?  b. Yourself ! Mon but, c’est que chaque personne trouve une pièce qui lui ressemble, se l’approprie et lui donne de l’attitude.

La mode est un éternel recommencement. Croyez-vous en ce concept de cycle ?  Je ne pense pas comme ça. Je suis dans l’anticipation perpétuelle. J’aime bien aussi regarder ce que j’ai déjà fait.

Lorsque vous regardez ce que vous avez déjà fait, quelle pièce jugez-vous, entre guillemets, la plus internationale ?  La chemise blanche, j’imagine, les marinières et toujours le cardigan pression. D’ailleurs, il y en a un nouveau pour 2008.

Lorsque vous pensez un vêtement, l’imaginez-vous porté par telle ou telle personne, à l’instar d’un réalisateur écrivant un rôle en pensant à un acteur en particulier ?  Cela m’arrive. Parfois le modèle a un nom éponyme.

Présentement, qui souhaiteriez-vous habiller ?  J’habille déjà tous ceux que j’aime. Je suis toujours heureuse qu’on ait envie de porter mes créations. Mais, en ce moment, je refais des pièces pour Patti Smith et fais également les tenues d’Étienne Daho.

Quel est le comble du mauvais goût ?  J’aime bien les fautes de goûts. Par contre, je n’aime pas le décolleté et la mini-jupe. Il ne faut jamais trop en montrer.

Les boutiques agnès b. sont présentes à travers le monde. La mode serait-elle donc mondiale ? Ou existe-t-il des particularismes selon les pays ?  Pour ma part, je crois que j’habille des groupes de gens assez semblables dans tous les pays où nous sommes implantés. Ce sont des tribus mobiles. Après forcément, on ne commande pas autant de pulls aux USA et en France qu’à Singapour. On sait que les Japonaises sont plus pudiques.

Regardez-vous le travail de la jeune génération ?  J’ai toujours aimé les jeunes en construction. Mes amis sont tous jeunes et très créatifs.

Tous ne sont pas issus de la mode et du mainstream. Comment expliquez-vous votre attirance pour la scène indépendante ?  J’ai toujours aimé soutenir ceux qui avaient besoin de l’être.

Est-ce dans cette perspective que vous avez décidé de créer Love Streams, votre société de production ?  Love Streams est née à force d’aider des réalisateurs que j’aimais à finir leurs projets, de donner des coups de pouce.

À partir de quels instants vous impliquez-vous dans un film ? Est-ce à cause du scénario, du projet ? Ou est-ce avant tout une rencontre humaine ?  Oui, cela dépend de tous ces paramètres. Parfois aussi, on ne fait que les soutenir en affichant poster ou images. Comme pour Julia d’Érick Zonca récemment.

Comment est née l’idée de cette carte blanche au festival Art Rock ?  On me l’a tout simplement proposée. Je suis peut-être la première styliste à soutenir autant la musique. Je ne demande pas de contreparties. Et visiblement, mes choix plaisent.

Un tel projet est-il une première ?  Non. Je suis invitée et participe régulièrement à des événements musicaux. J’en fais aussi. Comme pour fêter les 30 ans de la marque à L’Olympia.

Finalement, à force de vous démultiplier sur tous les fronts de l’art, n’avez-vous jamais eu peur de vous disperser ?  Au contraire, je suis gourmande.

Carte blanche à agnès b. le vendredi 9 mai au festival Art Rock, Saint-Brieuc.
Des jeunes gens mödernes. Du 3 avril au 17 mai à la Galerie du jour agnès b., Paris.

Agnès B. dans Tracks, Arte, le 14 mars, 22h30
www.agnesb.fr