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Deux séquences du clip de Sur le plafond, réalisé par Charlie Mars.

 

 



 

Mansfield TYA
« La musique est un exutoire ! »
INTERVIEW ET PHOTO / CHRISTOPHE MARTIN
Après cinq ans d’absence, Julia Lanoë et Carla Pallone
se retrouvent Seules au bout de 23 secondes. Le nouvel album de Mansfield TYA consolide un univers lyrique, funeste et flamboyant, derrière lequel se cache
une violence terriblement heureuse.


Votre premier album June est sorti en 2005. Aujourd’hui, sort Seules au bout de 23 secondes. Que s’est-t-il passé depuis tout ce temps ?  Déjà, le souci de savoir comment nous allions sortir un nouvel album. Mais nous avons aussi travaillé en résidence pendant un an à Maubeuge, où nous avons essayé des choses différentes. Avec des rappeurs notamment. Sinon, l’album est prêt depuis un an et demi et nous pensions le sortir comme le premier, plus ou moins autoproduit. Cette solution n’était pas satisfaisante. Il a donc fallu entreprendre de nouvelles démarches. Et le label Vicious Circle nous a bien aidées à nous sortir de là.

Malgré cette sortie sur Vicious Circle, l’album sort en vinyle sur le label nantais Kythibong…  Nous voulions travailler avec eux, car ce sont des amis. Ils nous ont proposé de sortir l’album en vinyle. Avec l’accord de Vicious, Kythibong et Forcebéton sortent donc 300 vinyles sérigraphiés, avec un poster et deux titres en plus. C’est cadeau !

Cela signifie-t-il que votre implication auprès des initiatives indépendantes est toujours aussi forte ?  Se tourner vers Vicious, qui a une démarche totalement indépendante et qui t’accorde une liberté artistique totale, fut un choix très important. Avec Kythibong, c’était très spontané, très naturel. Il existe de vraies connexions. Tout comme pour le 45 tours avec Tender Forever que nous avons sorti avec l’association Wonderground. Ce sont des circuits que nous aimons développer.

Ce développement passe aussi par des rencontres. À l’image de votre récente collaboration avec Françoiz Breut…  Elle nous a gentiment invitées sur son album. C’est l’avantage des tournées. Tu rencontres les gens et si, par la suite, tu peux poursuivre ces rencontres, c’est génial. De notre côté, nous avons aussi invité des personnes sur notre album.

Pouvez-vous nous éclairer sur ce casting ?  Vale Poher, une Lyonnaise vraiment belle avec qui on a souvent joué. Étienne Bonhomme, enfin un vrai batteur, et surtout Antoine Bellanger de Belone Quartet, qui n’est pas un ingé-son pur et dur, mais qui nous a vraiment aidé et avec qui nous avons pu essayer pas mal de choses. Il y a aussi Manuella Lahaye que nous exploitons pour certains textes depuis nos débuts…

Il est beaucoup question de temps sur cet album. En avez-vous justement manqué ou vous a-t-il tout simplement paru trop long ?  Il était aussi beaucoup question de temps sur le premier. C’est un thème récurrent. C’est même carrément de la névrose !

Au-delà de cette névrose, on retrouve cette violence des mots. Exprime-t-elle une forme de désenchantement ?  C’est drôle, ça fait penser à Mylène Farmer… Cependant, nous n’avons pas mis la plus violente : « Si tu ne sais pas quoi faire, tu n’as qu’à tuer ta mère ». Nous avons toujours préféré les chansons mélancoliques. C’est surtout une manière de se libérer.À la base, nous ne venons pas du monde de la chanson. Nous avons l’impression de dire les mêmes choses que des groupes de rap ou de métal. On ne se sent pas plus désabusées que ça. Clairement, la musique est un exutoire!

En clip, mode d'emploi
Il fallait bien que ces trois-là se rencontrent. Sur le plafond, comptine noctambule, aura permis de faire se croiser les univers des deux Mansfield TYA et de Charlie Mars. Plus proche du court métrage que du clip, la mise en images de ce morceau phare du deuxième album du duo fait se croiser le fantastique avec un réel déviant. De par sa mise en scène minimaliste et son approche quasi lynchienne de la chanson, le vidéaste Charlie Mars parvient à mettre des images sur les maux de Mansfield TYA. Envoûtant et inquiétant.



Seules au bout de 23 secondes (Vicious Circle).
Seules au bout de 23 secondes/33 tours (Kythibong)
Le 14 février, Pannonica, Nantes.
Le 5 mars, L’Olympic, Nantes.
Le 20 mars, Centre culturel, Montreuil-Bellay.
Le 21 mars, Le Coatelan, Morlaix.
Le 23 avril, L’Antipode, Rennes.