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Arno
« Je porte des vestes de vieux pépés »
INTERVIEW / SYLVAIN CHANTAL* PHOTO / SERGE DEROSSI * COSTUME / ANGERS NANTES OPÉRA
Votre nouvel album, Jus de box, est à peine
sorti que vous remettez déjà le bleu de
chauffe sur scène… Je sors des disques
pour faire des concerts. Je suis old school.
C’est ma vie et il est trop tard pour en changer.
Le seul truc qui me fait mal, c’est de ne pas
beaucoup voir mes enfants. ils me manquent…
Ça me donne le blues. Pendant les vacances,
je prends mon fils comme roadie. il gagne des
sous et je l’ai à mes côtés.
Quand vous n’êtes pas en tournée, êtes-vous
plutôt robe de chambre et pantoufles ? Quand je ne fais rien, je m’ennuie. C’est très
dangereux parce que j’ai tendance à aller dans
les bars. J’aurais pu faire construire quatre maisons
avec l’argent que j’ai dépensé dans les
bars. Mais je m’amuse !
En tournée, qu’emmenez-vous dans votre
attaché-case ? J’ai toujours avec moi un
sac en plastique, dans lequel je mets des journaux,
des livres. Je lis beaucoup. À l’hôtel, dans
le train... J’adore les trains. J’ai la chance de ne
pas avoir mon permis, ce serait trop dangereux
pour les autres.
TC Matic, Charles et les Lulus, les Subrovniks…
Au cours de votre carrière, vous avez souvent
changé de tenues. Est-ce dans celui d’Arno
que vous vous sentez le mieux ? Peut-être
que dans un an, je vais monter « Charles et les
branleurs ». Ou « Les Branleurs », tout simplement.
Je n’ai pas de règles, c’est pour ça que
je fais de la musique.
Vous êtes bientôt à l’affiche de deux films.
Le costume d’acteur vous intéresse-t-il ? Je fais ça depuis longtemps, mais les films ne
marchent pas avec moi. Je ne suis pas acteur,
je ne fais ça que pour les gens que j’aime. Travailler
pour un autre est une thérapie pour moi.
Vous n’avez pas le costume de l’emploi... Je ne pourrais pas faire de théâtre par exemple.
Le cinéma, c’est plus facile, il y a des « cuts ».
Vous souvenez-vous de la première fois
où vous avez porté un costard ? J’avais
1 ans. il était noir. C’était l’été, il faisait 25 degrés
et j’étais à la plage. Je l’avais mis parce que
j’avais vu une très belle fille là-bas.
Depuis vous en portez en permanence… Je n’achète jamais de veste neuve. il y a quelque
chose de mystique dans mes costumes. Je
porte toujours les mêmes vestes des années 40,
des vestes de vieux pépés. Quand j’étais jeune,
je portais les vestes et les chemises de mon
grand-père. C’était un mec très english, il portait
des foulards. À mon tour, j’en porte aussi.
Quel est le premier T-shirt de groupe que
vous avez acheté ? Je n’en ai jamais acheté.
Les seuls que je porte, et encore je les mets à
l’envers, ce sont les miens.
Qui rêveriez-vous de déshabiller ? Je ne
peux pas le dire. C’est une femme que tout le
monde connaît.
La mode vous intéresse ? Non pas du tout.
Oscar Wilde disait : « Quand tu suis les modes,
tu es déjà démodé ».
Vous est-il arrivé de retourner votre veste ? Avec une femme, oui. Les femmes sont toutes
des salopes ! Ma grand-mère me disait : « Les
femmes sont toutes des salopes, sauf mémé. »
À qui tailleriez-vous un costard ? Mon manager
me disait tout à l’heure : « Tu ne critiques
jamais personne ». En fait, je n’ai pas le temps.
Et quand on vous critique ? Je m’en fous. La seule chose dont j’ai horreur,
c’est quand on écrit mal mon nom : A-R-N-O,
c’est tout. 
en Concert le 26 avril, à Onyx-la Carrière, Saint-
Herblain (44), le 27 au festival Mythos, Rennes
(35), le 28 à Quai des arts, Pornichet (44).
Au printemps, sortie des films Komma, de Martine
Doyen et J’ai toujours rêvé d’être un gangster, de
Samuel Benchetrit.
Nouvel album : Jus de box – EMI France
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