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Asia Argento
« J'aimerais voir un mec m'enlever cette robe »
INTERVIEW / ARNAUD BÉNUREAU * PHOTO / SERGE DEROSSI * COSTUME CHRISTOPHE LAGARDE

Sur l’affiche de Boarding Gate, ta robe est relevée et tu as un flingue entre les jambes. Comment la trouves-tu ?  J’ai fait d’autres affiches fortes. comme celles de New Rose Hotel ou de Scarlet Diva. Mais d’après Godard, « pour faire un film, il vous faut obligatoirement une fille et un pistolet ». Sur l’affiche du film d’Olivier Assayas, les ingrédients sont là. Mais elle ne me représente pas. Je n’aime pas jouer avec mon image. Je le fais même si ensuite j’ai honte. L’affiche de Boarding Gate représente le fantasme que j’ai de moi. cela me permet de survivre à ma timidité.

Dans toute ta filmographie, quel costume as-tu aimé porter ?
 celui de la comtesse du barry dans Marie-Antoinette. J’aimerais voir un mec m’enlever cette robe.

Tu étais du casting de Last Days, le faux biopic sur Kurt Cobain. Quel regard portes-tu sur la récupération de l’imagerie rock par la haute couture ?  Le rock est mort à cause de cette récupération. Le rock est mort, vive le rock !

Même si d’après toi il est mort, te souviens-tu du premier t-shirt rock que tu as acheté ?  Un t-shirt de Metallica. c’était dans les années 80. C’était très fort. Dessus, il y avait marqué Metal up your ass. J’adorais ça. On voyait une cuvette de toilette de laquelle sortait une main. Aujourd’hui, je suis toujours fan de Metallica.

Entre deux tournages, tu es dj. Une tenue de scène favorite ?  Tu crois que c’est un passe-temps, car je ne joue pas souvent en France mais c’est un vrai boulot. ici, ils ne paient pas. La plupart du temps, c’est jean et t-shirt. Pour être plus à l’aise lorsque je danse derrière les platines. Sinon, j’aime bien mettre une petite robe noire, genre petite fille. Pour ensuite balancer de la musique très dure.

Te sens-tu à ton aise en robe de soirée ?  Ce n’est pas quelque chose que je porte avec plaisir. c’est du travail. Heureusement que Martin Margiela m’a prise sous son aile. À la différence des stylistes italiens, il n’aime pas le sexy et ne dessine pas des vêtements pour des putes. Aujourd’hui, je me sens plus à l’aise lorsque je monte les marches de cannes en Margiela.

À propos de « vêtements pour des putes », quel est le comble de la vulgarité ?  Il est difficile de juger la vulgarité. Pour moi, elle n’existe pas. Par exemple, si Paris Hilton est vraiment comme elle se montre, je ne la trouve pas vulgaire. Par contre, les bijoux, les diamants, ça, c’est vulgaire. Ça me rappelle l’église. Lorsque les femmes montent les marches, elles me font penser à des arbres de noël. Et dire qu’en plus leurs fringues leurs sont souvent prêtées.

Quel acteur voudrais-tu déshabiller ?
 J’espère que tu as honte de me poser la question. Je déshabillerais bien clark Gable. Un vrai mec. Ou alors Johnny Depp. Sans pour autant le voler à sa femme. Je vais te livrer un secret que seul mon meilleur ami connaît. J’ai une photo de Johnny Depp dans mon portefeuille.

Si demain tu devais organiser une soirée, quel en serait le dress code ?  Une pyjama party. Lorsque je ne sors pas, je suis toujours en pyjama. c’est trop agréable.

Enfant, tu t’imaginais dans quel genre de costume ?  Je voulais être la fille du cirque. La funambule par exemple. car le spectacle, c’est un peu le cirque, non ?

Pour finir, à qui taillerais-tu un costard ?
 À moi-même. Je suis trop honnête. Et du coup, j’ai honte pour moi.
À l’affiche : Boarding gate d’Olivier Assayas.
Prochainement : Go go tales d’Abel Ferrara
et De la guerre de Bertrand Bonello.