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Brigitte Fontaine
«La mode, c’est une question de désir,
pas d’étiquette»
INTERVIEW / VINCENT BRAUD *
PHOTO / PATRICIA BASSEN POUR KOSTAR
La mode, c’est quoi pour vous ? La mode, je m’en fous. Je suis moi-même. Je n’ai pas envie de faire semblant. Il y a tellement de gens qui sont quelqu’un d’autre. La mode, c’est une question de désir, comme la chanson ou l’écriture, pas une question d’étiquette. C’est important le désir. On me dit parfois que ce que je fais est aphrodisiaque…
Mais ce manteau blanc, vous ne l’avez pas choisi par hasard… Je l’ai trouvé en bas de chez moi à Paris. Je ne l’ai pas choisi pour son étiquette mais parce qu’il me plaisait ! J’aime la beauté et la simplicité. Il y a cette phrase que je trouve très belle de Marguerite Duras, qui m’ennuie parfois, où elle parle de la noblesse de la banalité.
Vos tenues de scène, pourtant, ne sont pas banales… Je vais vous faire une confidence : la robe que je porte durant cette tournée, c’est Issey Miyaké. Il a arrêté de dessiner des robes pour faire autre chose. Celle-là, il l’a dessinée pour moi. Et il m’en a fait cadeau. Pas mal, non ?
Et ces tenues de scène, c’est Brigitte
Fontaine qui les choisit ? C’est moi, moi, moi. Enfin avec l’avis et souvent l’accord d’Areski (ndlr Areski Belkacem) tout de même.
Vous écrivez des chansons mais aussi des romans. Le roman, c’est une autre façon d’enfiler un costume… J’ai toujours su que j’écrirais et que je ferais du théâtre. Je crois que la première nouvelle, je l’ai envoyée à Hara-Kiri et qu’ils l’ont publiée… Le roman, ce n’est pas moi. En février, je sors un livre chez Flammarion, Travellings, une histoire de fuites… Non, ce n’est pas ma vie.
Et ça ne vous dirait rien d’enfiler un autre costume pour le cinéma ? J’aime beaucoup le cinéma. Mais tourner, c’est une autre affaire. On m’envoie pas mal de scénarios. Je les jette. Pour le cinéma, il faudrait que ce soit un réalisateur que j’adore, Almodovar ou Kusturica, ou Godard… enfin, je crois que c’est devenu un vieux chieur. Il faudrait que ce soit un grand réalisateur et qu’il me donne le premier rôle !
Vous avez toujours été très rock’n’roll. Étiez-vous du genre groupie à collectionner les
t-shirts ? Jamais. J’aimais beaucoup les
Stones ou Dylan, par exemple. Lui, je l’aime toujours. Ou bien encore Patty Smith. C’est quelqu’un, non ? Mais je n’ai jamais collectionné quoi que ce soit des gens que j’aime. Du moins ceux-là.
Vos couleurs préférées ? Le blanc et le noir. Mais j’aime bien le rouge aussi . Et, de temps en temps, le jean. Quand je chante avec d’autres, je suis souvent en bleu. Les bottes, le jean et le pull.
Est-ce que ça vous est arrivé de retourner votre veste ? Je ne vois pas ce que vous voulez dire. Cette question-là, pour moi, ne se pose pas. Je travaille par exemple pour des gens qui vendent beaucoup de disques, comme
Vanessa Paradis ou Étienne Daho mais ce sont des gens que j’aime bien. Daho est un bon copain. M, c’est un merveilleux compagnon et un super guitariste…
Travellings, éditions Flammarion
(sortie le 8 février)
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