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Jean-Paul Rouve
"Du temps des Robins, on nous confondait
avec Les Inconnus"

INTERVIEW / ARNEAU BENUREAU* PHOTO / TANGUI JOSSIC pour Kostar


Dans Sans arme ni haine ni violence, ton premier film en tant que réalisateur, tu mets en scène la cavale d’Albert Spaggiari, auteur du casse du siècle en 1976. Visiblement, il ressemblerait à Alain Delon. Et toi, à quel acteur ressembles-tu ?  Je ne sais pas..

À Patrick Dewaere ?  Ah ouais ! Tout ça parce qu e je lui avais rendu hommage à une cérémonie des César. Mais franchement, tu ne penses jamais à ça. En même temps, c’est drôle cette question. Car à un moment, du temps des Robins, on nous confondait avec Les Inconnus.

D’ailleurs où en êtes-vous avec les Robins des Bois ?
 C’est fini. Enfin non, ce n’est pas ça. Il suffit que l’un d’entre nous ait une bonne idée pour que la machine soit relancée. En tous les cas, il n’y a aucune fâcherie entre nous.

Le fait que certains des Robins, comme toi par exemple, aient réussi une carrière solo, a-t-il pesé dans la vie de la troupe ?  De l’extérieur, certains peuvent penser ça. Mais nous, on s’en fout. En plus, l’aventure des Robins est venue par hasard. Ce n’était pas notre but. Nous, on voulait juste bosser. Et puis, on ne vit pas l’aventure des Robins comme un groupe. On le vit comme une somme d’individualités. Un peu comme Le Splendid. Tu vois, lorsque vingt ans après, ils font Les Bronzés 3, je ne les juge pas. Ils sont contents de se retrouver. Point barre. On ne fait pas les choses de façon mercantile. Faut arrêter avec ça.

Si tu n’avais pas été acteur, qu’aurais-tu fait ?  Alors là mon vieux, je n’en sais rien du tout. Ah si ! Peut-être quelque chose en rapport avec l’Histoire. Un truc comme libraire, chercheur ou journaliste.

Tu parles du journalisme : quelle est ta position face aux critiques de cinéma ?  Quand tu fais une interview et que le journaliste a déjà son papier dans la tête, c’est super chiant. Il se fout de tes réponses. Et ça m’énerve un peu.
Par rapport à une autre presse, on ne te voit jamais dans les pages des magazines people. n Les gens s’en foutent de ce que je fais. Idem pour Auteuil, on ne le voit jamais. Comme pour José Garcia, ce n’est pas très intéressant pour eux de le prendre en photo au supermarché avec sa femme et ses enfants. Et puis, quand la presse people fait deux lignes sur moi, j’attaque direct.

Dans ton film, tu fais référence à Castel. Aujourd’hui, la nuit, c’est le Paris Paris ou Le Baron…  Tu sais, j’ai une vie normale… Tu ne m’y verras pas. Comme tu ne me verras pas à Saint-Trop’.

Le 19 juillet 1976, Albert Spaggiari devient une vedette. Avec Sans arme ni haine ni violence, tu voulais réhabiliter la notion de vedettariat ?  Aujourd’hui, tout le monde est une star. Tu passes une fois à la télé et tu es une star. Faux. George Clooney, lui, est une star. Le terme vedette m’amuse. Pour son côté désuet. J’aime le côté ringard des années 80. Spaggiari, il me fait penser à Polnareff. C’est un film sur le vedettariat. Sauf qu’à la place de faire un disque, Spaggiari a fait un casse.

Comment expliques-tu le revival des polars 70’s avec ces gangsters à moustaches ?  Je ne suis pas dans le fantasme ou la nostalgie d’une époque. Et si tu fais référence à Mesrine, il n’y a aucun rapport entre Spaggiari et lui. À l’exception qu’ils soient bandits tous les deux. Spaggiari, c’est Madonna. Il contrôle tout.

T’arrive-t-il de te sentir voler lorsque tu acceptes un rôle pour un film dont après coup, tu ne seras pas fier ?  Je n’ai jamais fait de films pour de mauvaises raisons. Certains films sont ratés. Mais je n’ai aucun problème avec ça.


Sans Arme ni haine ni violence,
de et avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Gilles Lellouche. Actuellement sur les écrans.
La très très grande entreprise, de Pierre
Jolivet, avec Jean-Paul Rouve, Roschdy Zem.
Prochainement sur les écrans
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