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Neneh Cherry
& Cameron McVey
«J’aime aussi aller chez Tati »
INTERVIEW / CAROLINE AUBERT * PHOTO / SANDRINE BOUTROS * COSTUME / ANGERS NANTES OPÉRA
Vous avez troqué votre costume solo pour
un quatre places. Vous sentez-vous à l’aise
dedans ? Neneh Cherry : Ce costume nous
va plutôt bien. il y a même de la place pour plus
encore !
Pantalons larges, baskets, capuches et
bijoux en or… Vous êtes davantage hip
hop old school que costard-cravate ? NC : Oui, c’est en rapport avec qui on est et
d’où on vient. il faut que tu utilises les vêtements
et non pas que les vêtements t’utilisent.
J’aime porter des fringues très chic et aussi aller
chez Tati. Cameron McVey : Un jour, LLCoolJ a dit un
truc sympa à propos de ça. Un mec, qui essayait
de le faire passer pour un has been, lui
demandait pourquoi il portait ce bob de tennis
ridicule, ces baskets et ces grosses chaînes
en or… il lui a rétorqué : «C’est simple : nous
on récupère les trucs en fin de chaîne, tout ce
dont les Blancs ne veulent plus. On les porte,
ces fringues deviennent classe et là, vous les
rachetez dans des putains de boutiques !» Et
c’est comme ça pour tout, la culture, la musique…
Emprunts, réappropriations, la culture du
ghetto, c’est essayer de survivre et créer des
trucs dont la culture blanche s’inspire ensuite.
Aimez-vous le shopping ? NC : non, je déteste
aller dans ces magasins snobs où tout le
monde vous regarde en pensant «Elle ne rentrera
jamais dans nos vêtements». Je déteste
le fait que tant de stylistes ne fassent des vêtements
qu’en taille 34, parce qu’ils ne veulent
qu’une sorte de silhouette pour porter leurs
vêtements. C’est du racisme !
Issue d’une famille de musiciens, avez-vous
déjà eu envie d’essayer un autre costume ? NC : J’ai voulu être infirmière et aussi mécanicienne.
Puis j’ai étudié la danse. La musique est
venue un peu par accident. Quand j’étais assez
jeune, un groupe m’a demandé de le rejoindre
et j’ai continué.
Quel est le premier T-shirt de groupe que
vous avez acheté ? NC : Earth Wind &
Fire. J’étais allée à leur concert avec mon père et
j’avais acheté le T-shirt. Je l’ai toujours ! CMV : Un
T-shirt des Beatles : «John, Paul, George…»
Vous souvenez vous de la première fois
où vous avez porté un costard ? NC : Oui, j’avais un costume bleu… C’était pour un
concert…CMV : Ah oui, j’étais venu la voir dans
ce club de jazz suédois avec Mondino. Ce costume était fendu au-dessus des fesses. Pendant
le show on voyait tout ! Dans la foule, Mondino
avait l’air de se dire : «Ouah, quel joli cul !»
Et vous Cameron, avez-vous déjà fait aussi
original en termes de costard ? CMV : Au
mariage de notre fille, je portais un kilt ainsi que
tous les invités masculins comme le veut la tradition écossaise !
À qui aimeriez-vous tailler un costard ? NC : George Bush ! CMV : Paul Wolfovitz, son
Secrétaire à la Défense.
En tournée, qu’emportez-vous dans votre
attaché-case ? NC : Du beurre de coco et
de la sauce chili épicée indienne. CMV : Exactement
assez de T-shirts et de caleçons pour
toute la tournée ! Et je devrais vraiment faire les
bagages des autres parce qu’il leur manque toujours
des trucs !
Est-il exact que le premier costard dont vous êtes tombé amoureuse était en peau de
serpent et porté par… Miles Davis ? NC : J’avais quatre ans ! Lui et mon père étaient amis.
Je ne suis pas tombée amoureuse, c’est juste un
souvenir très fort. Je me rappelle très bien de sa
voix rauque. Je portais une petite robe avec des
grandes chaussettes, il m’a assise sur ses genoux
en peau de serpent, a ouvert l’étui de sa trompette
et en a sorti un chocolat parce qu’il savait
que nous venions. 
Album disponible : Cirkus (Wagram)
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