par Pierrick Sorin
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  Présenté à Paris, New York, Londres, Tokyo, Buenos Aires, le travail du Nantais Pierrick Sorin est mondialement connu. Kostar a sollicité l’artiste pour qu’il nous raconte son quotidien de créateur.


  Épisode 1
Je suis resté à Nantes. je suis rarement sorti. J’ai essentiellement travaillé à la conception de la mise en scène d’un opéra. C’est sans doute l’un des projets les plus difficiles auxquels j’ai pu être confronté…

  Épisode 2
Long séjour en italie, à Parme, pour la création de La Pietra del Paragone, opéra (tendance «bouffe») de Rossini dont je co-signe la mise en scène. La ville est riche et paisible. Très peu de voitures dans le centre, on circule à vélo. Les femmes pédalent en talons-aiguilles. Les mendiants travaillent le dimanche…

  Épisode 3
Température extérieure : -20 °. Tremblant de toute sa carcasse, l’A 320 aterrit à l’aveugle dans une épaisse purée blanche. J’adore. Iil neige à gros flocons sur l’aéroport de Sheremetyevo. Premier contact, un peu rude, avec la terre de Russie. Objet du séjour : une exposition personnelle à la Maison Centrale de l’Artiste, au coeur de Moscou…

  Épisode 4
Naples. D’une fenêtre cloisonnée du Palazzo delle Arti, jaillit un Batman tout blanc. C’est un moulage de plâtre : l’image arrêtée, en pleine action, du héros aux oreilles pointues qui joue les passe-murailles pour se jeter dans le vide. Si cette représentation ornait la vitrine d’un magasin de fringues, on parlerait de décoration originale et accrocheuse. Ici, elle a le statut d’oeuvre d’art…

  Épisode 5
(…) Ces lignes sont extraites du scénario de Un artiste à la mer, court-métrage que je viens de réaliser dans le cadre d’une résidence à la Galerie du Dourven, un petit centre d’art situé dans un parc boisé, cerné par l’océan, dans les Côtes d’Armor. Cette longue citation m’arrange bien. Elle me permet d’expédier assez rapidement ma contribution à Kostar…

  Épisode 6
« Tu prends quelques jours de vacances ? » La question revient toujours au début de l’été. C’est bien normal. Ceux qui me la posent — et qui me connaissent un peu — introduisent d’emblée cette nuance restrictive : « quelques jours ». ils savent qu’un périple de deux mois, sac au dos, dans la cordillère des Andes n’est pas vraiment le genre de la maison…

   Épisode 7
Séjour à berlin. ciel couvert, temps gris. Exposition au Martin-Gropius bau, un musée à l’architecture néo-Renaissance, un peu lourde, du côté de la Potsdamer Platz. nous sommes une vingtaine d’artistes, de divers pays, à présenter des dispositifs qui font appel, ou se réfèrent, aux « nouvelles technologies ».

  Épisode 8
Au gré des divers textes rédigés pour ce magazine, j’ai surtout évoqué, me concernant, des voyages, des expositions à Moscou, Naples ou Berlin, des instants émotionnels liés à des spectacles ou à quelques gestes créatifs. […] Pourtant, c’est bien une réalité quotidienne assez banale qui occupe une majeure partie de mon temps.

  Épisode 9
Beaucoup de travail en ce moment. Beaucoup trop. Je commence mes journées vers 9 heures, pour finir, au mieux, à 2h du matin. n Je suis engagé sur plusieurs projets d’expositions pour lesquelles je dois créer des « œuvres nouvelles ». C’est dans le contrat. Pauvre petit artiste qui croule sous les commandes...

  Épisode 10
Début mai, je devais m’envoler pour Tahiti afin de réaliser une exposition à Papetee. Pour des raisons assez obscures, le projet a été annulé. À défaut, j’ai pris trois jours de vacances en Vendée, chez mes « beaux-parents ».

  Épisode 11
Difficile de rédiger ce dernier texte. Je suis en proie à une grande inquiétude. Sorin n’est pas « serein » comme disent parfois mes petits camarades, amateurs de bons mots. Il est vrai que je suis rarement décontracté, mais là c’est pire que tout.

  Épisode 12
Nous sommes une trentaine, en majorité nantais, à séjourner dans la ville, le temps d'un festival: "From ouest to west: some french friends". Une histoire de musique et d'amitiés, un jeu d'échange entre musiciens de Nantes et de Tucson.

   Épisode 13
Paris. Du 4 au 5 octobre, s’est déroulée la 7ème édition de Nuit Blanche : plus d’un million de promeneurs noctambules ont butiné la “création contemporaine”. Les gares furent les principaux terrains de jeu des artistes...

 

Épisode 14
Quand j'ai été solicité pour participer au Anaïs Love Tour, je n'ai pas sauté au plafond. Le nom de l'artiste ne m'évoquait rien, j'ignorais tout de son ascension fulgurante. Quant aux quelques clips que je me suis empressé de zyeuter sur la toile...


 

Épisode 15
C’était « Binelde » qui devait transporter la valise de Paris à Nantes. J’avais compris que c’était une fille, une stagiaire. Je m’étais interrogé sur l’origine de son mystérieux prénom. Brésil ? Espagne ?... Verrai-je arriver une petite brune ou une grande blonde ? Qu’importe. L’important, c’était la valise.


 

Épisode 17
C’est curieux… J’ai un projet tout à fait passionnant : la création d’un spectacle, très personnel, répondant au titre de «22H13 (ce titre est susceptible d’être modifié d’une minute à l’autre )». (…) Plus de 40 représentations sont déjà programmées à partir du printemps, au Théâtre du Rond Point (Paris) et au Théâtre National de Toulouse. Or, je n’ai pas encore écrit une seule ligne…


 

Épisode 18
N’est ce pas un peu vulgaire ? Je me pose cette question au sujet d’une scène que je viens d’écrire pour 22H13, spectacle que je suis en train de concevoir et dont la première aura lieu au Théâtre National de Toulouse en avril (des représentations sont également prévues en mai à Angers, en juin à Paris et au mois d’octobre à Nantes, tout cela en 2010).


 

Épisode 19
Janvier 2010. J’ai passé le plus clair de mon temps à tourner de petites saynètes vidéo avec un comédien, Nicolas Sansier. Hier, Nicolas a dû cracher de la peinture durant toute une journée. Je pensais qu’en deux heures, l’affaire serait bouclée ; mais propulser un mollard, dont l’aspect et la trajectoire soit conforme à une attente artistique, n’est pas chose facile.


 

Épisode 20
Une fois encore, je me suis fourré dans divers projets qui m’occupent jours et nuits. Les plus prenants : la création d’un spectacle qui sera principalement présenté au Théâtre du Rond Point  et une exposition-rétrospective au lieu unique. À cela, s’ajoute la conception d’une mise en scène d’un petit opéra de Ravel, L’enfant et les sortilèges.


 

Épisode 21
Le mois dernier, on m’a beaucoup vu traîner au Lieu Unique, mais j’ai quand même fait un petit tour à Taipei…


  Épisode 22
25 août 2010. Résumé de mes non-vacances : j’ai passé une bonne partie de l’été à mon bureau,
à dessiner des filles en tenues légères, parfois même en cuissardes et strings fluos.

  Épisode 23
Quand, pour faire mon «intéressant», j’ai annoncé à quelques amis et «connaissances», que j’étais en train de créer un spectacle de lingerie, j’ai fait des envieux.

  Épisode 24
Milan dans la journée. • 7h15 : Pour l’instant, tout va bien. Je suis parti à l’heure. Je n’ai rien oublié. J’ai même dormi correctement. Peu, mais d’une seule traite. Comme une bonne vieille vache repue.

  Épisode 25
Cannes. La Croisette. Extérieur nuit. Ils sont des milliers, des mecs, debout dans la froidure du soir, autour de petites tables rondes où s’entassent des canettes – le terme désigne de petits récipients contenant de la bière et non des jeunes habitantes de la ville. Les femmes se font rares.

  Épisode 26
Vol AF-932. Buenos Aires - Paris. Le Boeing 777 gronde paisiblement dans l’épaisseur de la nuit.
J’ai englouti mon plateau-repas. J’adore bouffer dans les avions. Ne pas fumer m’affame.

  Épisode 27
«Le Baron Mederik Von Hinterback avait pour épouse une bien jolie femme dont il aimait tout à la fois le cul et le visage. Il ressentait cependant une certaine frustration à ne pouvoir la contempler simultanément de dos et de face.»

  Épisode 28
Vol Nantes-Roissy – 12h35. Je n’aime pas l’avion. Je me sens comme coincé dans un placard.
Pour toute escapade possible : un passage par la case toilettes. J’en profite pour avancer sur le story-board de Poppée – Pop’pea.

  Épisode 29
La sonnerie retentissait, lointaine mais insistante. Je me suis réveillé avec peine. Il était tout juste sept heures. Merde… c’est Barotin… il m’avait dit qu’il passerait très « tôt ».J e suis descendu en slip dans ma cour et j’ai braillé en direction du grand portail d’acier derrière lequel le visiteur s’impatientait : « J’arrive !… je m’habille et j’arrive ! »

  Épisode 30
C’est reparti. Nouveau passage par la case Air France pour aller vers des contrées où le froid est bien plus vif que « chez nous ». L’avion file vers Helsinki (- 23°C d’après certains informateurs).

  Épisode 31
Cher Patrick,
Désolé… mais pour cette fois, c’est cuit. Je ne serai pas en mesure de remettre mon texte pour la prochaine édition de Kostar. Je sors à peine de la création d’un opéra pop-rock…

  Épisode 32
Pas pris de vacances, comme d’hab. Pour travailler, a priori. Et puis, de toute façon, partir en vacances me motive à peu près autant que de me rendre à la préfecture pour renouveler ma carte grise.

  Épisode 33
TGV Nantes-Paris - 10h20. Mon portefeuille dégueule de petites saloperies diverses : des facturettes, des cartes d’embarquement, des notes de taxi. Souvent dans le train, je vide mon portefeuille et je trie toute cette merde.

  Épisode 34
Paris. Quartier Saint-Germain. J’ai rendez-vous dans une galerie d’art avec laquelle j’ai travaillé à quelques reprises. À peine ai-je poussé les lourds battants de verre de la porte d’entrée, qu’un Saint-Bernard se jette sur moi.

  Épisode 35
Aujourd’hui, pas de rendez-vous, pas d’obligations particulières… Je vais pouvoir avancer à fond sur la réalisation d’une sorte de long « clip », en relief. C’est pour un spectacle musical un peu « expé ».

  Épisode 36
Je grimpe dans l’avion qui me ramène vers Nantes pour un court week-end. J’essaye de gravir les marches de l’escalier d’embarquement en faisant bonne figure, sans laisser paraître la douleur qui irradie mon pied gauche – je me suis un peu cassé la gueule dans mon appartement, ce matin.

  Épisode 37
C’est la rentrée. J’achève, à la hâte, l’écriture des diverses situations visuelles qui accompagneront le nouveau spectacle du Cabaret new burlesque.

  Épisode 38
Marseille. J'ai élu domicile dans la cité phocéenne pour une quinzaine de jours, le temps de mettre en place une exposition très « fournie » qui occupe environ 1 000 mètres carrés, dans divers espaces du Théâtre de la Criée.

  Épisode 39
En ce début d'année, je suis au Creux de l'Enfer. Mais, ça va ; comme on dit : « y'a pire comme situation ». L
e Creux de l'Enfer est un très beau bâtiment, accroché à la pente abrupte d'une vallée, au pied d'un torrent fougueux, à l'orée de la petite ville de Thiers. Cette ancienne fabrique de couteaux abrite un Centre d'Art.