
La ballade avec Bertrand (Tucson, Arizona. En voiture, sans capote)

L'apéro transgressif à “Gate pass” (Arizona)

Barbecue à Saint Michel

Jour de tempête à Tharon

Soirée festive à Saint Michel

Les adieux à la gare de l'Est
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Épisode 13
TEXTE ET PHOTOS / PIERRICK SORIN
PHOTO-MONTAGES / KARINE PAIN
Paris. Du 4 au 5 octobre, s’est déroulée la 7ème édition de Nuit Blanche : plus d’un million de promeneurs noctambules ont butiné la “création contemporaine”. Les gares furent les principaux terrains de jeu des artistes. Parmi eux, Shaad Ali, réalisateur “bollywoodien”, Ryoji Ikeda, artiste et compositeur de musique électronique, Johnni To, réalisateur hongkongais, Patti Smith, qui pour l’occasion poussait la chansonnette dans une église… De tout cela, comme bien souvent, je n’ai rien vu, ni rien entendu. Trop occupé à mettre en œuvre, avec une trentaine de collaborateurs ou assistants, deux projets sur le parvis de la gare de l’Est. Sur la façade de l’hôtel Terminus, face à la gare : dégoulinures géantes. Deux de mes complices faisaient couler de la peinture sur de toutes petites plaques de verre, devant des caméras. Deux projecteurs vidéo super-puissants donnaient à voir les tablotins dégoulinants à une toute autre échelle. Les coulures transformaient les 2 000 m2 de la façade de l’hôtel en un tableau animé, un peu visqueux mais bien joli. L’idée est assez facile, un poil ringarde, je l’admets. Mais le résultat présente une certaine efficacité poétique plutôt bienvenue dans le cadre d’un événement mi-intello, mi-populaire. L’envie m’est d’ailleurs venue de récidiver dans quelque temps sur un bâtiment nantais bien connu : la tour Bretagne. Des dégoulinures colorées sur une hauteur de cent quarantre mètres, au cœur de la ville. Sympa, non ? Avec la récession qui pointe, l’idée risque toutefois de rester dans les cartons pendant un certain temps. Bref, revenons gare de l’Est. L’autre projet était plus sophistiqué. Sur un alignement d’écrans, permettant d’afficher une image ultra-panoramique de 30 mètres de long, défilaient des photos-souvenirs. Genre « photos de vacances », dans lesquelles j’étais toujours présent. Juste à côté, dans un studio de prises de vue en plein air, des volontaires se faisaient photographier dans diverses attitudes, sans savoir ce qu’il adviendrait de leur image. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvaient – sur grand écran et sous le regard de tous – en ma compagnie, échangeant un baiser sur un quai de gare, buvant du champagne dans une baignoire ou essuyant une tempête sur fond de petit port breton. Titre de la performance : Vous êtes tous mes amis. Au delà de son caractère ludique, cette création visuelle parlait d’amitiés factices et de bonheur purement virtuel. Pour guider le travail des photographes et des infographistes, qui œuvrèrent la nuit durant à la production des images, j’avais préparé soixante modèles de « photos de vacances », jouant moi-même, affublé d’une moustache, le rôle des futurs participants. Ce document, produit à l’origine à des fins strictement techniques, pour déterminer les positions que devraient prendre les gens face au photographe, s’est avéré fort amusant , voire même assez « gay ». J’ai donc eu envie de présenter, ici, quelques exemples de ces images-modèles. Des véritables “poseurs” qui se prétèrent au jeu des photos factices, je n’en ai gardé qu’un, reconnaissable de tous : Bertrand Delanoé, grand maître de cérémonie de cette nuit mémorable. 
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