par Pierrick Sorin
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SÉQUENCE VIDÉO POUR LA CHANSON "PREMIER AMOUR"(ANAÏS)
MONTAGE VIDÉO : E. PERROYS
PHOTOMONTAGE: K. PAIN
PROD: AUGURI PRODUCTION



PIERRICK LALANNE ET LA VRAIE ANAÏS
(AFFUBLÉE D’UNE PERRUQUE BLONDE)
AU CAFÉ LE FLESSELLES à NANTES



LE BAIN DE PIEDS DANS LA DOUCHE



AFFICHE POUR L’EXPOSITION
SORIN-MÉLIÈS AU THÉÂTRE
NATIONAL DE TOULOUSE






 

Épisode 14
TEXTE ET PHOTOS / PIERRICK SORIN
PHOTO-MONTAGES / KARINE PAIN

Un gros cœur tout rose, qui ramollit, se déforme, se répand en dégoulinures visqueuses… et avec ça ? Quelques cocktails : Bière-Campari au jus de carotte, Sauternes 96 rehaussé de sirop de menthe et de Coca-Cola… Durant une quinzaine de jours, j’ai filmé ce genre de choses pour créer les séquences vidéo qui accompagneront les concerts d’Anaïs. La jeune chanteuse fut « révélée » en 2006 aux Victoires de la musique, en particulier grâce à un titre à succès : Mon cœur, mon amour.  Quand j’ai été sollicité pour participer au Anaïs Love Tour, je n’ai pas sauté au plafond. Le nom de l’artiste ne m’évoquait rien, j’ignorais tout de son ascension fulgurante. Quant aux quelques clips que je me suis empressé de zyeuter sur la toile, ils ne m’ont pas vraiment fait décoller de ma chaise. Il est vrai que je ne suis pas non plus d’une nature très « aérienne »… Mais bon, il était question d’avoir recours à des « technologies novatrices » permettant de faire apparaître de grands hologrammes sur scène. Ce genre de « truc », j’aimerais le faire depuis longtemps. Rien que pour ça, j’ai dit « oui ».  De fil en aiguille et quelques restrictions budgétaires plus tard, les hologrammes se sont volatilisés. Restait la perspective « classique » de projections sur grand écran. Entre temps, j’avais rencontré Anaïs et écouté son dernier album avec le sérieux et l’attention d’un « instit » à la retraite. J’ai été séduit. En dehors de la personnalité attachante de cette fille, j’ai apprécié sa musique, sa voix, ses textes. Elle écrit comme on parle, en apparence du moins. En vérité, elle maîtrise parfaitement son affaire, opère avec malice nombre de petits glissements formels et entraîne, mine de rien, le langage le plus banal vers la poésie.  Bref, je me suis retrouvé à faire quelques expériences artistico-culinaires. Je voulais faire de « belles images » qui n’aient pas la froideur du tout-numérique. J’ai moulé des crèmes glacées en forme de cœur pour ensuite les faire dégouliner sous le souffle caressant d’un sèche-cheveux (« ça dégouline d’amour », dit sa chanson-tube). C’était plutôt foireux. J’ai récidivé avec des quantités appréciables de beurre mixées avec de la gouache rouge-vermillon, puis avec des mélanges savamment dosés de chocolat blanc et de coulis de framboise. Fiasco sur toute la ligne. Par contre, j’ai réussi à transformer le sol de mon atelier en une sorte de patinoire graisseuse, maronnasse et sucrée.  Conjointement, toutes ces mixtures s’accumulèrent dans mon bac à douche et en bouchèrent sévèrement les voies d’évacuation. Par dépit et pour ne pas avoir peiné pour rien, j’ai décidé de prendre un bain de pieds dans l’infâme liquide en stagnation : à défaut d’une jolie séquence de cœur dégoulinant, je pourrais au moins produire une photo insolite et de bon goût pour tenter d’amuser les lecteurs de Kostar (voir au dos de cette page).  À force de persévérance, je suis tout de même parvenu à réaliser les vidéos du Love tour. Je ne sais pas trop quoi penser du résultat. En tout cas : belle expérience accompagnée d’une résidence dédiée à des répétitions avec Anaïs et ses sympathiques musiciens. Ce qui m’a le plus intéressé, dans l’histoire, c’est ce rapport délicat entre le contenu des images et la prestation chantée. Le trop de contenu peut abîmer ce qui doit rester essentiel : les chansons et la relation vivante de l’artiste avec son public. Trop peu de contenu, cantonne l’image à faire simple tapisserie. Dans le doute, le trop peu est le moindre mal.  Le « show » est à découvrir, le 24 février, salle de La Carrière à Saint- Herblain, et même à l’Olympia, début mars. Les Fans peuvent faire un saut à Brest (La Carène) pour la première, le 21 de ce mois.  Sinon, j’ai aussi créé une affiche pour une exposition assez conséquente que je réalise au Théâtre national de Toulouse à l’occasion de l’accession au domaine public de l’œuvre de Georges Méliès. Une occasion de faire fructifier ma grande expérience en matière de dégoulinures graisseuses.