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Daniel Tovar
Que viva Mexico !
INTERVIEW / ARNAUD BÉNUREAU * PHOTO / CHARLY RAPPO
Mordu de karaoké, Vans addict, propriétaire d’un bar,
le jeune Mexicain Daniel Tovar est aussi la gueule d’ange
du film noir et politique La zona, propriété privée.


hjkllhjkl « Enfant, je voulais être balayeur. Dans mon quartier, il y en avait un qui s’appelait El Guerö. Tous les matins, je me réveillais pour lui dire bonjour ». Daniel Tovar est aujourd’hui acteur. Avec le monde comme terrain de jeu. Hier à Abu Dhabi, demain à Manchester et aujourd’hui à Fribourg pour le festival international de films. Partout, ce Mexicain de 18 ans défend, avec une décontraction à faire craquer Larry Clark, La Zona, propriété privée.  À une époque où on achève davantage les pauvres que les chevaux, le cinéaste Rodrigo Pla s’introduit par effraction au cœur d’un lotissement surprotégé et met en scène un face à face sanglant entre le Mexique d’en haut et celui survivant “six feet under”. « Pour l’instant le film a été montré aux étudiants en sciences politiques de l’Unam, l’université publique. Mais sa sortie nationale est prévue le 14 mars. Après, je ne sais pas si le film est bon ou non, mais il ne laissera personne indifférent. Les gens n’aiment pas voir leur reflet à l’écran ». Encore faut-il que les gens puissent pousser la porte du cinéma.  « Dans un pays ou 80 % de la population est pauvre, tout le monde n’a pas accès à la culture  ». Daniel Tovar, enfant de la classe moyenne, se considère aujourd’hui comme privilégié. « J’ai grandi dans une culture complètement populaire. Mai j’ai eu la chance qu’une prof de théâtre me fasse découvrir diverses expressions culturelles ». Ensuite, tout s’enchaîne. « J’étais à la chaîne 11, la chaîne culturelle, pour y acheter des places pour le musée de l’enfant. Et là-bas, on m’a proposé des castings ». n Avec son allure rivalisant avec les Wassup rockers, Daniel Tovar ne peut que séduire un milieu en quête perpétuelle de chair fraîche. « J’aimerais faire des études de cinéma. Car la carrière d’acteurs est difficile. Et au Mexique, encore plus. Tu ne sais jamais quand tu vas bosser ». Face à cette incertitude, Daniel est décomplexé quant à l’argent qu’il pourrait gagner. « Avoir de l’argent quand tu as travaillé pour le gagner ne me pose aucun problème. Par contre, j’aurais honte d’être Carlos Slim. Il est Mexicain et, selon Forbes, le deuxième homme le plus riche du monde. Et il ne fait rien pour le pays ». À 18 ans, Daniel Tovar a les pieds dans ses Vans et sur terre. Et la tête, dans les étoiles.
La zona, propriété privée, de Rodrigo Pla, avec Daniel Gimenez Cacho, Daniel Tovar (film mexicain - 2007 - 1h37)
Sur les écrans le 26 mars.