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Ichabod Crane
Crânement rock
TEXTE / ALICE ALBERT
* PHOTO / AMANDINE ROUZEAU
Perchés entre Nantes et Rennes, les quatre Ichabod
préparent une tournée anglaise et la sortie de leur album.
Loin de la mouvance des « nouveaux rockeurs à Converses », les quatre musiciens d’Ichabod Crane proviennent d’origines diverses mais ressemblantes (80 Planet of Trash, International Mandary, Odd Mountain Trio). Les influences surf et indie dominent mais n’évincent pas le côté « musique de film proche d’Ennio Morricone », comme le souligne David Rambaud, l’un des deux guitaristes. On passe du post-rock, lent et progressif, au rock hargneux et tempétueux. La musique est à la fois mélancolique et épileptique. La particularité du groupe nanto-rennais repose sur la dualité : les deux guitares se répondent, les instruments circulent de main en main, la voix du chanteur trouve des échos dans les backing vocals, les mélodies rencontrent un chant vindicatif, formant d’heureux contrastes.
Les paroles des chansons sont « crues, froides, distantes, sans engagement », selon Charly Artigas, chanteur. « Sarcastiques, érotiques, teintées d’humour noir », selon Erwan Fauchard, second guitariste. Le contenu ne prend son sens que par cette manière particulière de chanter, proche des débuts du spielgesang, le chant tchatché apparu en Allemagne au début des années 30. Erwan, qui officie parallèlement dans le groupe nantais My Name Is Nobody, note l’évolution de leur musique, autrefois « nostalgique », aujourd’hui « plus rentre-dedans ». Quatre années de concerts, une tournée en 2005 en première partie des Allemands Robocop Kraus, deux enregistrements, un album qui va suivre leur tournée en avril prochain en Grande-Bretagne, Ichabod Crane (complété par Greg Pleiber, le batteur) convainc tant par sa prestance scénique que par sa maturité musicale. 
www.myspace.com/ichabodcranemusic
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