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Laurent Lebot
et Victor Massip

Tournesol et les deux Dupont
TEXTE / SYLVAIN CHANTAL
* PHOTO / EMMANUELLE CHAUVEAU

Chacun peut désormais laisser libre cours à son imagination. Avec l’agence Monsieur Faltazi, deux designers réalisent en 3D les objets les plus fous.

Dans six mois, ils rallieront le quartier des Olivettes. Pour l’heure, c’est dans un hangar du Quai des Antilles que travaillent les créateurs de « Faltazi » et « Monsieur Faltazi ». « Faltazi », qu’est-ce ? Une agence de design industriel dont le principal client se nomme Seb. Pour le groupe affilié à Rowenta, Laurent Lebot et Victor Massip conçoivent aspirateurs, fers à repasser, bouilloires. Tout l’attirail du parfait homo electromenagicus. « Monsieur Faltazi » ? Un laboratoire d’objets numériques digne de Tintin et le Lac aux requins. Dans ce dessin animé devenu BD, le professeur Tournesol invente un photocopieur capable de reproduire n’importe quel objet en trois dimensions.  Trente-cinq ans plus tard, les deux diplômés de l’École nationale supérieure de création industrielle en font une réalité. « Nous avons déposé les statuts de notre petite agence en octobre 2000 et pris le parti de ne pas démarcher », explique Laurent, sitôt suivi par Victor : « Car le projet d’étude de Laurent était vraiment croustillant… Nous avons voulu le développer et le rendre costaud ». Le process de fabrication par couches permet la réalisation de maquette en dur : on conçoit un objet sur ordinateur, puis on l’imprime sur une machine qui le modélise en trois dimensions. « On peut donc créer en pièce unique tout ce que l’on veut, s’enthousiasme Victor. Ça donne une liberté beaucoup plus grande qu’avant. »  Avec ce concept qu’ils sont à peine une cinquantaine à explorer dans le monde, Laurent et Victor Faltazi obtiennent, dès leur première année d’existence, la bourse Agora qui les propulse sur le devant de la scène et les fait notamment connaître de Seb. « Au début, nous consacrions 90% de notre temps à Monsieur Faltazi et 10% à Faltazi. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse », déplore Laurent. Sidonie éclate de rire. La fille de Laurent, qui regarde un épisode de Barbapapa sur l’ordinateur du bureau, se rit d’une transformation d’un des personnages en objet. Qui sait, dans trente-cinq ans, Sidonie verra-t-elle l’Homme se changer en fer à repasser…

www.faltazi.com
www.monsieurfaltazi.com