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Kinya Maruyama
Constellation Paimboeuf
TEXTE / EVA PROUTEAU * PHOTO / PHILIPPE LEBRUMAN
Une petite révolution va secouer le village de Paimbœuf. Généreuse
et pérenne, elle se déroulera sous le signe
du sourire bienveillant
de Kinya Maruyama, architecte tokyoïte invité pour Estuaire,
la biennale d’art entre Nantes et Saint-Nazaire.
Kinya Maruyama est sensible à la lumière du contexte. Artiste de l’imprégnation, son carnet d’études préparatoires concerne le site, le modus vivandi des habitants, leurs envies, l’histoire de la commune ainsi que l’étude de la faune et de la flore de la région. Formellement, son architecture est foisonnante, diffuse et très organique dans les matériaux qu’elle convoque. Lorsqu’il effectue les premiers repérages pour Estuaire, il réagit très vite en visitant Paimbœuf : « Le site m’a intéressé en raison de sa position, proche du village. Là-bas, j’ai voulu manger des civelles. Cela m’a fait mal d’apprendre que toute la pêche partait vers le Japon, et que cette denrée était devenue bien trop chère pour les Paimblotins eux-mêmes. C’est un peu comme si, inconsciemment, j’avais éprouvé le besoin de leur offrir quelque chose en retour de ces civelles perdues. » Il imagine alors un projet basé sur l’échange : dans le cadre d’un workshop franco-japonais qui a débuté le 25 avril et s’achève le 1er juin, il réunit quarante étudiants de l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes, des Écoles nationales supérieures d’architecture et du paysage de Versailles, et de l’université de Waseda - Arts and architecture school, à Tokyo. Ensemble, accompagnés par neuf artisans japonais, ils vont créer sur la rive gauche de l’estuaire de la Loire, ce que l’artiste a nommé « Le Jardin étoilé » : un jardin donc, des tours-observatoires, un amphithéâtre et un musée en plein air dédié aux enfants. « J’ai déjà construit une quinzaine de crèches au Japon. J’adore les enfants et je tenais à ce qu’ils partagent cette aventure. Des écoles de Paimbœuf collaborent au projet depuis quelques mois et s’inspirent notamment du motif de grands poissons en tissus qui flottent dans le vent au Japon. Ces réalisations, ainsi que certains travaux d’enfants japonais (dessins, céramique et peinture sur verre), seront exposés dans le musée en plein air. De plus, les petits Paimblotins m’ont demandé de construire un espace qui serait comme un terrain de foot sur la lune. L’idée me plaît beaucoup ! » 
www.estuaire.info
Estuaire 2007
Un hôtel autour de la fontaine,
un gros canard de bain…
Reconquérir l’estuaire entre Nantes et Saint-Nazaire, faire de cet espace public souvent sauvage et inaccessible un lieu d’exposition d’art contemporain, il fallait oser. Jean Blaise et le lieu unique ont imaginé cette biennale qui voit une trentaine d’artistes – de David Buren à Yan Pei Ming en passant par Kawamata et “notre” Hyber – investir les 60 km de bords de Loire. Parmi les œuvres étonnantes (et détonantes ?) l’hôtel construit par Tatsu Nishi autour de la place Royale à Nantes, le gros canard de bain de Florentijn Hofman appelé à naviguer de Couëron à Saint-Nazaire, la Maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult à Lavau-sur-Loire. 
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