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David Rolland
À corps perdu
TEXTE/ VINCENT BRAUD * PHOTO / J-F COURTILAT
Le chorégraphe nantais s’est mis en tête de faire danser
tout le monde. Ou presque. Son truc à lui, ce n’est pas
le bal du samedi soir. Il a inventé la chorégraphie participative.


« J’ai un problème, je vois de la danse partout… » Pas seulement chez Béjart, Cunningham, Platel ou Decouflé. La danse s’immisce sur les trottoirs, dans les rues ou les passages souterrains des gares, dans les magasins, partout où se créent d’étranges ballets éphémères. S’il réécrivait la Genèse, David Rolland écrirait sans surprise : « Au commencement était la danse. » Cette évidence, il la confronte à d’autres expressions artistiques. Avec Jean-François Courtilat et quelques artistes complices, il participe aux rencontres et performances improbables imaginées par la galerie Ipso facto à Nantes. Installation rime avec expérimentation et déambulation.  Pendant ces travaux, la recherche continue. Le chemin de David Rolland croise celui d’Odile Duboc à la barre du Centre chorégraphique national de Franche–Comté. « À Belfort, j’ai beaucoup appris… » Dans la foulée, en 2004, un nouveau pas est franchi : David Rolland se revendique chorégraphe et ouvre le champ de la chorégraphie participative. Des gens, comme vous et moi, invités à investir le plateau. Un carnet à la main, chacun suit les indications. « Dans un style à peine perceptible, modifiez sans arrêt l’orientation de votre corps pour être de profil. » La démarche surprend. « Ce n’est pas de la danse ? C’est ce qui m’intéresse… » Les professionnels toussent ? Le public, lui, marche à fond. Et danse avec une application touchante et un plaisir évident.  David Rolland chorégraphies reste une aventure collective. Les lecteurs, Pavillon, C’est bien d’être ailleurs aussi sont autant de pièces très écrites. Il y a la danse, mais aussi le texte et la musique, la lumière et la vidéo. « La participation, c’est celle du public, mais aussi de tous ces talents qui portent le spectacle. »  Quelque chose qui tient de l’alchimie. Rien mais vraiment rien ne semblait prédestiner David Rolland à devenir chorégraphe. Est-ce bien sérieux lorsqu’on a, en poche, son diplôme de pharmacien ? Peut-être est-ce là, après tout, l’explication d’un parcours ? David Rolland reste un chercheur. Dans son labo, il élabore une prescription dont il garde le secret. Sans risque d’effets secondaires. 

les 7 et 8 juillet au Festival Rayon-Frais à tours (45),
le 11 août à la Garenne-Lemot, clisson (44),
le 17 août au Château de Châteaubriant (44). www.davidrolland.com