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Marie Lenfant
Lorsque Lenfant paraît
TEXTE/ VINCENT BRAUD * PHOTO / LAURENT DELHAYE
Elle a eu raison, Marie Lenfant : être majorette, ce n’était pas une bonne idée. Danseuse, elle a toujours voulu l’être.
Et elle n’a jamais vraiment douté. Malgré quelques bonnes claques.


« Quand on quitte l’école à 14 ans, on apprend à se débrouiller… » Enfant de la Sarthe et fille d’ouvrier, Marie Lenfant fait donc des petits boulots en attendant la consécration. « Un jour, je passerai à la télé », avait-elle lancé à ses copines de l’école primaire. À l’époque, pas question de Star’Ac. Des cours à Paris, à Tours, à Angers… une période au cours de laquelle elle regarde et apprend. « C’est comme si je faisais mes courses. Je remplissais mes placards d’images et de souvenirs. À 21 ans, alors que personne ne me connaît, je présente mon premier solo à Changé, baptisé en toute modestie Solo 1. »  C’est moins la danse – « pas très intéressante » – que l’envie qu’elle retient aujourd’hui de ces premiers pas. Après Jazz et compagnie, elle crée « sa » compagnie. Marie Lenfant comme nom et comme signature. Au début des années 90, les programmateurs commencent à s’intéresser à son travail et les portes s’ouvrent. Pourant il lui faut patienter jusqu’en 1994 pour être reconnue comme chorégraphe. Avec à la clé, un studio mis à sa disposition par la Ville du Mans. « C’est important pour moi cet ancrage dans un territoire, ce travail de terrain… » À raison d’une création par an, Marie Lenfant enchaîne les pièces : Défaillir de l’autre, Miséricorde, Dans l’épaisseur des souvenirs, J’ai pas envie et… patatras ! Ou plutôt Pan, une pièce qu’elle présente aux Connivences de juin organisées au Studio Jacques-Garnier à Nantes par Claude Brumachon et Benjamin Lamarche. « Il n’y avait ni douleur, ni pathos dans ce solo. Mais ce n’est pas passé. »  J ’ai pas envie et Pan – Marie Lenfant en convient aujourd’hui – étaient sans doute « une façon de dire merde ». Sauf que la profession, un instant, lui dit la même chose. Après une « espièglerie chorégraphique », Miam, sonne l’heure de la remise en cause. « Aujourd’hui, j’ai ramassé mes morceaux… » glisse la chorégraphe dans un sourire. « C’est une autre étape sans doute. Je vais continuer à me poser des questions sans forcément chercher à y répondre. »  La danse n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Surtout lorsqu’il s’agit de chercher encore et encore à traduire dans la danse un mot, un sentiment. D’autres auraient peut-être lâché prise. Marie Lenfant, elle, reste sur le pont. Elle sera donc en Avignon en juillet. Avec un solo Deux, sa vision à elle, entre solitude et accompagnement, d’une enfance qu’elle ne veut pas quitter : « Je crois que je porte bien mon nom… »

www.myspace.com/ciemarielenfant