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Amélie Labourdette
Images en construction
TEXTE/ CHRISTOPHE CESBRON * PORTRAIT / DAVID ZARD
Série la part manquante / Amélie Labourdette

Elle a une licence de psychologie, le diplôme de l’école des Beaux-arts et a été lauréate du Prix des arts plastiques de la Ville de Nantes en 2004. Son nom ? Amélie Labourdette.

Elle développe une œuvre très pointue, très subtile au travers d’installations, de films vidéo, explorant les labyrinthes de l’image et de la pensée, les mythologies cinématographiques, dans des dispositifs où les repères parfois se dissolvent. Travaillant les dimensions hypnotiques de l’image et du son, les confusions entre les espaces virtuels et réels, mixant les approches documentaires ou fictionnelles, détournant le vocabulaire cinématographique, elle crée une œuvre aussi poétique que critique aussi fascinante que déstabilisante.  Vidéaste, Amélie Labourdette présente, à l’initiative de l’association Zarlab, sa première série photographique, La part manquante, dans une toute nouvelle galerie nantaise.  Les photographies d’Amélie Labourdette concentrent les éléments d’un monde habitable où se rencontrent autant d’indices réels, physiques, tangibles, que de situations mentales, rêveuses, incongrues. Ses images entremêlent plusieurs strates, plusieurs filtres, parfois contradictoires. Le réel, l’imaginaire, le conscient, l’inconscient, le rêve de l’accès à la propriété, l’espace pavillonnaire, le monde de l’enfance, la solitude participent au dispositif, se superposent, glissent de l’un à l’autre, s’enchevêtrent.  C’est comme si plusieurs récits s’imbriquaient dans une même histoire, créant une langue hybride, simultanée, fragmentaire. Recomposée sur ordinateur, en mêlant des prises de vues personnelles, des clichés réalisés par l’association Zarlab et des sources glanées sur internet, chacune des images est très construite, assemblant avec attention les différents éléments, tissant la trame complexe d’un récit polyphonique. Il y a quelque chose de cinématographique dans le travail d’Amélie Labourdette : le format panoramique, une mise en scène précise, une narration en suspens.  « Je construis une image qui n’existe pas préalablement, elle se construit petit à petit. Ces photos, ce sont des variations autour du thème de l’habitation avec des personnes qui ont du mal à habiter. Je ne parle pas seulement de l’habitation réelle, matérielle, physique mais aussi de cette difficulté à être, à exister (…) Ces scènes mettent en crise ce qui fait pour nous la valeur de l’habitat : une certaine idée de stabilité, de solidité, de protection et d’isolement du monde extérieur. ».
du 22 mai au 1er juillet, Heidigalerie,
1 rue Beaurepaire, Nantes
www.heidigalerie.fr