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Julie Desprairies
Champs (très) libres.
TEXTE/ Julien Coudreuse PORTRAIT / Christophe Le Dévéhat pour KOSTAR
Depuis novembre 2007 et jusqu’à cet été, Julie Desprairies crée Printemps, « environnement chorégraphique », au cœur des Champs Libres, à Rennes. Une œuvre qui s’inspire et s’empare du bâtiment tricéphale conçu par Christian de Portzamparc.
Le travail de Julie Desprairies se concentre depuis bientôt dix ans « sur les rapports entre le corps en mouvement et son environnement architectural ». Une approche de la danse qui semble de prime abord bien conceptuelle : « C’est en fait très concret », nous assure-t-elle. « Comme je ne danse pas moi-même, j’ai besoin de formuler les choses. En espérant que ma parole prendra corps à un moment donné. » Des mots d’autant plus importants qu’ils guident ici les pas de quatre-vingt-deux danseurs amateurs – usagers ou employés des Champs Libres – vivant dans l’une des 37 communes de Rennes Métropole. n Ces “non danseurs” volontaires sont encadrés par quatre professionnels, parmi lesquels le Rennais David Monceau, qui nous explique la démarche : « Douze membres du personnel des Champs Libres, issus du Musée de Bretagne, de la Bibliothèque et de l’Espace des Sciences, participent au projet. Nous les avons suivis à leur poste afin d’observer leurs gestes quotidiens. Par effet de miroir, nous en tirons des mouvements chorégraphiques qu’ils exécutent ensuite. » Car Julie
Desprairies étend la notion d’architecture aux usages qui sont faits d’un lieu. « Depuis des mois, nous travaillons à l’élaboration d’un vocabulaire de gestes, d’un corpus de mouvements liés aux spécificités de cette architecture. Qui peuvent être historiques, formelles, matérielles, lumineuses, acoustiques mais aussi humaines, en lien avec la manière dont les gens évoluent dans cet environnement. » n L’architecture monumentale imaginée par Portzamparc reste cependant le principal terrain d’un jeu dont Julie Desprairies a mis quelque temps à appréhender les règles : « Au début, j’étais assez perplexe car ce bâtiment n’est à aucun moment à l’échelle de l’homme. Il y a une débauche d’espaces vides. Et j’ai finalement compris qu’il est à l’échelle de l’homme en mouvement ! Ce bâtiment est une véritable partition à danser ! » n 
Du 3 au 5 juillet, LES CHAMPS LIBRES,
dans le cadre du festival LES TOMBÉES DE LA NUIT, Rennes
WWW.LESCHAMPSLIBRES.FR
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