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Mashiro
Sans prise de tête.
TEXTE et PHOTO/ CHRISTOPHE MARTIN
À l’heure où il semble de plus en plus difficile de discerner les groupes tant les productions se ressemblent, les Angevins de Mashiro, à l’affiche de Tour de Scènes, tentent à contre courant de s’imposer sur une scène rock très convoitée tout en gardant la tête froide.

Tout démarre courant 2005 lorsque Guillaume aka Zinga et Malika, nourris par une dizaine d’années passées entre différentes formations et expériences musicales, décident de se retrouver autour d’un vrai projet. Déterminés, ils se constituent rapidement un répertoire où les multiples influences, rock, reggae, world, électro ou hip-hop, se croisent sans hiérarchie préétablie.  Aujourd’hui rejoins par FanFan et Flo, respectivement à la batterie et à la guitare, ils approfondissent dans sa plus grande largeur le projet en faisant toutefois l’impasse sur quelques pistes peut-être trop périlleuses. « On se concentre sur ce qu’on sait le mieux faire et les musiques qui nous touchent le plus ». Le tri se fait donc naturellement et le travail d’équipe permet d’aboutir à davantage de cohésion et de simplicité. « On se laisse aussi guider par le plaisir de jouer ensemble ». C’est donc un nouveau départ pour Mashiro, avec une formation plus définie et plus décomplexée, qui n’établit aucun concept au préalable et qui se laisse aller en toute liberté. C’est sous le signe d’une musique mutante, propre à notre génération, que Mashiro tente de faire sa place.  Leur musique électro rock dépouille les influences avec décontraction et revisite les terres brûlées du trip hop. C’est effectivement du côté des 90’s et des Anglo-saxons qu’il faut lorgner pour trouver la matière première à toute comparaison. La rythmique acérée, le tempo aussi alerte qu’énergique, la guitare saturée, les boucles électro travaillées et le chant magnétique à la croisée de Beth Gibbons et Pj Harvey nous évoquent Portishead, Massive Attack, Tricky ou Archive. Le cinéma est aussi une source d’inspiration, de Lynch à Scorsese en passant par Inárritu ou Gaspard Noé. Autant d’images nomades qui nourrissent l’imaginaire collectif de ce groupe, à tel point qu’ils envisagent de composer pour le cinéma.  Mais avant cela, Mashiro planche sur un prochain album, qui comptera entre autre la collaboration de Serge Teyssot-Gay (Noir Désir). Un aboutissement ou tout simplement une balise qui viendra marquer, on l’espère, après quelques premières parties remarquées (High Tone, Mass Hysteria, La Phaze … ) et après avoir figuré, début 2007, parmi les « artistes à la une » sur Myspace, un tournant dans la carrière de ce groupe prometteur.
Le 23 mai au festival Tour de Scènes, Angers
www.myspace.com/mashirobo