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Emmanuel Bourgeault
Sculpteur de rêves
TEXTE / VINCENT BRAUD
PHOTO / PAULINE MIRAVAL POUR KOSTAR

Il a dans le regard le soleil des rêves qu’il aime faire partager. Emmanuel Bourgeault est artiste. Son atelier, c’est cette halle où prennent forme les projets de La machine, à Nantes. Juste à côté d’un grand éléphant.

C’est à l’Institut Saint-Luc de Tournai qu’Emmanuel Bougeault a commencé à “bouffer du copeau”. Cet établissement – l’équivalent de l’École Boulle à Paris – forme aux métiers du bois. Sculpture, ébénisterie… on y apprend les règles de l’art. Né de parents français à Bruxelles, c’est d’abord vers le Nord que regarde le jeune Emmanuel. En Hollande, on reconstruit en effet le Batavia, un voilier mythique de la Compagnie des Indes. « Ce fut mon premier grand chantier de sculpteur. Tout refaire à l’identique, à la main et en bois de chêne. » Quelques années plus tard, c’est dans un autre port, Douarnenez, qu’il jette l’ancre. « Ma femme est de Lyon. Je voulais bien vivre en France mais, pour moi, ce ne pouvait être qu’en Bretagne. » Car le sculpteur caresse d’autres rêves. « Mon premier professeur de sculpture construisait des manèges. Il m’avait offert un gabarit de cheval. Je me suis dit “un jour, je le ferai”. Bien sûr, je ne l’ai jamais construit. »  Mais il a fait beaucoup mieux. Le déclic, ce fut Royal de Luxe. « Le réveil de la petite girafe, à côté de sa mère, j’en avais les larmes aux yeux… Puis il y a eu l’aventure du géant et du premier éléphant, celui qui revenait des Indes. » En fait, tout avait commencé par un coup de fil de François de la Rozière. Emmanuel avait eu l’idée de laisser sa carte dans un atelier où on construisait le Manège d’Andréa. « Lorsque je l’ai rencontré, je me suis dit qu’on allait pouvoir bosser ensemble. Ce qui me fascinait, c’était de mettre des sculptures en mouvement. Le bois, c’est la chair, la peau des machines… Ce qui est fascinant, c’est de chercher, d’inventer de nouvelles techniques. Comme pour les buffles qui tourneront en rond, en compagnie d’autres animaux et bestioles sur le manège de Moulin-Sénart. »  Des sculptures, il y en a plein l’atelier : pièces détachées de crabe géant ou de “bus abyssal” appelés à rejoindre les mondes marins, ou encore pattes de cette araignée géante qui hantera bientôt les rues de Liverpool. Avec François de la
Rozière, La machine tisse sa toile en France et en Europe. Responsable de l’atelier bois, Emmanuel Bouregault n’a pas besoin d’en toucher pour être heureux. Il continue simplement à sculpter ses rêves.

Les machines de l’île, bd Léon Bureau, Nantes.
info : www.lesmachines-nantes.fr