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Olli and the Bollywood orchestra
Un Indien dans la ville
TEXTE / ARNAUD BÉNUREAU
PHOTO / Y. PEUCAT / PUZZLE (Rennes) POUR KOSTAR

En marge d’une mode parisienne et kitsch rêvant d’exotisme à pas cher grâce au phénomène Bollywood,
le Rennais Ollivier Leroy, chef d’orchestre d’Ollie and the Bollywood orchestra, compose une indy pop euphorisante.


D’abord, une impression. Celle d’un jet-lag faisant passer la Twilight zone pour un épisode des Teletubbies. « En sortant de l’aéroport, j’avais l’impression d’arriver sur une autre planète. Avec beaucoup de mendicité et de maisons pas finies. J’ai mis dix jours à prendre mes repères. Ça a été un grand choc ». C’était en 1992. Ollivier Leroy, alias Olli, découvrait à vingt ans pour la première fois l’Inde. Depuis, le Rennais, « fasciné par les sons indiens procurant des émotions très fortes », y est retourné presque une dizaine de fois. « Mais j’ai toujours besoin d’y aller avec quelqu’un ».  Pourtant, là-bas, au bout du monde, Olli joue à domicile. À des années-lumière de la déferlante Bollywood qui s’est abattue, il y a quelques années, dans les bars lounge. « C’était très paillette. Très parisien. Oui, il y a du kitsch dans Bollywood ; mais il faut aller voir plus loin ». Voilà pourquoi Olli and the Bollywood orchestra se révèle passionnant. « Je fais de l’indy pop. J’aime la musique simple et facile d’accès ». À l’image de Tantra, deuxième album, boosté par une reprise de Forest des Cure. « Au début, c’était une blague. Mais les musiciens indiens voulaient le jouer. Ils pensaient que Forest était une de mes compositions. Sur ce morceau, ils se sont éclatés ». Ils ne sont pas les seuls. « Je l’ai déposé sur le site officiel de Cure et ai reçu un message de leur agent américain. Robert Smith était impressionné par le remix. Il voulait que l’on fasse leur première partie aux États-Unis ». Pour l’heure, la proposition reste à concrétiser. Mais au-delà de l’anecdote, un tel exercice de style confirme la démarche artistique : « lier une passion, la musique indienne, avec ma culture occidentale ». Comme la construction d’un pont entre deux rives.

Olli and the Bollywood orchestra.
Tantra (Bassofone/Anticraft)