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Gérard Potier
Monsieur le conte
TEXTE / VINCENT BRAUD
PHOTO / PAULINE MIRAVAL POUR KOSTAR
Avec Gérard Potier, les bons contes font toujours les bons amis.
Même s’il y glisse, l’œil rieur et la voix douce, quelques confidences grinçantes. S’il vient de la terre,
ce Potier-là sait (aussi) travailler le fer. Et le porter là
où ça fait mal.
« Comment peut-on être Vendéen ? » Dès 1721, Montesquieu s’interrogeait déjà. Ou peut-être s’agissait-il d’une autre contrée, plus reculée. Qu’importe. Potier est Vendéen, de Nesmy précisément, et il assume. Il en joue même. Ce qui tombe plutôt bien puisqu’il est comédien. Son truc à lui, ce sont les mots. « Je suis un porte-paroles… », s’amuse-t-il, en soulignant ce “s” imperceptible mais essentiel. Ces paroles d’hier qui se délavent et perdent leur couleur si on ne les entend plus, il les fait remonter à la surface de nos mémoires parfois fatiguées. Né au printemps d’une décennie mouvementée (les 60’s), Gérard Potier s’est frotté à la scène – la grande – loin de ses terres. Un festival de conteurs à Chevilly-Larue en 1989. Six ans plus tard, le Théâtre du Galion lui offrira, à La Roche-sur-Yon, son premier grand rôle. Son premier spectacle à lui viendra un peu plus tard. Quand je serai grand claque comme un avertissement. Il était dit que petit Potier deviendrait grand. Alors, Avignon en 1999, puis à nouveau en 2005. Avec entre temps, deux tournées “triomphales” chez les cousins du Québec. « Si je pouvais, j’écrirais le silence… », blague ce conteur impénitent, dénonçant cette mémoire « qui veut toujours passer la première ». Avant d’évoquer ces histoires dont il fait son quotidien sur scène ; « Personne ne se reconnaît, pourtant tout le monde s’y retrouve. » Ce qui l’intéresse et ce qui touche sans doute le public, « c’est ce qu’il y a derrière les mots ». Mots de tous les jours, banals à première oreille, qu’il faut savoir entendre pour les décrypter vraiment. Alors, il y a eu Beaux et courageux et puis Ce père que j’aimais malgré tout qui voulait dire ce qu’un fils avait envie de dire à celui qui n’était plus là. Et puis voilà une nouvelle injonction : S’il pleut, vous ramasserez mon linge. L’enfance, à nouveau, et la Vendée. Mais sans nostalgie aucune avec ce qu’il faut de rébellion devant trop de révérence : « On se lève pour le bon Dieu, pas pour Philippe de Villiers ». Quand Monsieur le Conte évoque le Vicomte, succès garanti ! 
Festival d’Avignon, du 10 juillet
au 2 août à 20h15
au Grenier à sel
Le 12 août à Noirmoutier-en-l’île
Le 23 août à la chaume
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