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Anne Reymann
Tenue de chantier
TEXTE / VINCENT BRAUD
PHOTO / MYSTERDAM POUR KOSTAR


Elle n’est pas née dans la rue mais y a beaucoup dansé.
En particulier à Marseille avec le collectif Ex Nihilo. Débarquée à Nantes, il y a deux ans, elle a retrouvé le goût du plateau. Son envie d’explorer la danse est intacte. Physique et animale.


Son regard s’allume quand remonte à la surface les premiers souvenirs. Premières émotions aussi entre la forêt de Verrières et le parc de Sceaux. « Au lycée, à Chatenay-Malabry, notre prof avait invité Philippe Chevalier. Ensuite, je n’ai jamais cessé de penser à la danse… » De Philippe Decouflé, Maggy Marin ou Régine Chopinot, Anne Reymann retient « les paroles singulières » et l’énergie, « l’idée d’une danse contemporaine qui conjugue poésie et ouverture, qui se frotte à la musique, au théâtre, à l’image aussi .. Après Paris, ce sera Marseille. Et d’autres rencontres. « J’ai flashé sur la ville. Les choses me semblaient plus faciles, plus accessibles. » Elle y croise Anne Le Batard et Jean-Antoine Bigot et y connaît La plus belle heure, cette pièce pour quatre danseurs qui fait bientôt le tour des tous les festivals. « On dansait dans le off. Le bouche-à-oreille a vite fait le reste…» L’aventure Ex Nihilo, c’est celle d’une danse engagée « qui raconte le rapport de l’humain à l’espace public ». Pour autant Anne Reymann ne se sent d’aucune école. Bien sûr, il y a des rencontres déterminantes, comme celle de Maria Muñoz. La chorégraphe l’incite à travailler un solo. Ce sera Le tombeau d’Orlando. « Pour cette pièce, j’ai eu envie de travailler avec un écrivain, de me confronter à un argumentaire, d’avoir une partition. C’est Hélène Vesian qui l’a écrite… J’aimerais qu’un jour, sans avoir vu mon solo, quelqu’un d’autre joue cette partition. » Sans oublier cet Ex Nihilo d’où elle vient et auquel elle reste fidèle, la danseuse assouvit sa soif de plateau. Avec Nathalie Béasse (on la retrouvera dans sa prochaine création, Happy child ) et avec ses compagnons de route : Paquito sera ainsi à ses côtés, tout comme Kti Charlot, dans ce chantier d’artiste qu’elle ouvre au lieu unique. « L’idée est de travailler sur l’animalité, le rapport entre animalité et humanité… ». Un prochain solo ? « Peut-être. Ce qui m’intéresse, c’est la question. On va se frotter, se cogner, se fouiller, chercher. » Anne Reymann ne change pas : elle reste en tenue de chantier. 

Chantier d’artistes, du 9 au 12 octobre,
le lieu unique, Nantes
Happy child, création de Nathalie Béasse,
20 et 21 novembre, Le Quai, Angers.