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Gianni Joseph
À son étoile
TEXTE / ARNAUD BÉNUREAU
PHOTO / MYSTERDAM POUR KOSTAR
ARTWORK/ JULIE PET
Avec sa compagnie, Gianni Joseph, 30 ans, chamboule les codes de la danse et invite à s’immiscer dans un univers borderline questionnant sans cesse le présent.
Évidemment, elle ne pouvait pas s’en empêcher. « Tu es là par erreur ? ». Au début des années 90, à Fontenay-le-Comte, Nadine Bernot ne voit pas beaucoup de garçons défiler à son cours de danse. Gianni Joseph, 12 ans, ne pousse pourtant pas la porte par hasard. « J’ai toujours aimé ça. J’essayais de refaire les pas de Michael Jackson ou de James Brown ». À la barre, le verdict est sans appel : « Tu te débrouilles bien ». Ainsi peut commencer l’histoire de Gianni Joseph. Enfin presque ! « Je n’avais rien dit à mes parents. J’avais peur du regard de mon père. J’étais le garçon qui faisait de la danse. À l’époque, nous étions encore dans le cliché du danseur en tutu ». Ce chapitre se ferme rapidement. En même temps que Gianni découvre qu’une autre danse est possible. « En voyant le chorégraphe américain Alvin Ailey sur scène, j’ai compris qu’il fallait vraiment que je danse. Michael Jackson, Madonna, c’était has been. Je venais de voir une forme artistique qui me plaisait et passait par l’émotion ». Au Conservatoire d’Angers, il restera un an et se fera « un peu chier ». Au Centre National de Danse Contemporaine, il affolera l’administration. « Je passe l’audition d’entrée en touriste. J’ai 17 ans et suis sûr de ne pas être pris. Car il faut avoir 18 ans pour intégrer le CNDC. Finalement, je suis pris et ils me font une dérogation ». Malgré ce parcours sans faute, celui qui découvrira le monde en compagnie de Carolyn Carlson ne s’y voit pas déjà. « Je viens des HLM, des cours gratuits. Je n’ai jamais oublié ça ». Aujourd’hui, Gianni Joseph est chorégraphe au sein de sa compagnie créée en 2002. Mais pas seulement. Il peint, filme, dessine ou encore écrit. « La danse ne me suffit plus. D’ailleurs, elle ne m’a jamais suffi. J’ai besoin d’aller chercher mon inspiration au cinéma, aux concerts plutôt que chez mes confrères ». Voilà pourquoi, Gianni Joseph est de son temps et ouvre, en grand, les portes de son monde. Un monde dans lequel les fantômes du Godspeed You ! Black Emperor croise les freaks manipulés par David Lynch. Comme pour décrire le côté obscur d’une force que Gianni Joseph contrôle de tout son diable au corps. 
du 17 au 26 Octobre, Espagne
31 janvier, Espace de Retz, Machecoul
www.ciegiannijoseph.com
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