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Melodium
Melodium sweet home
TEXTE / ARNAUD BÉNUREAU
PHOTO / VIOLAINE GIRARD POUR KOSTAR
Ingénieur en travaux publics et jeune père de famille
installé sur Angers, Laurent Girard est l’unique membre
de Melodium. Son projet folktronica est le secret le mieux
gardé du paysage musical actuel.
Pendant que certains s’abîment les pouces au grattage et s’esquintent les yeux au tirage dans l’espoir de gagner le gros lot, Laurent Girard, lui, sort des disques. Avec les ventes de Vilnius et Tracks from the past, deux self release pouvant s’écouter comme deux voyages en solitaire, Melodium a payé un voyage à Venise à sa femme. « Elle le méritait bien ». Car la musique, ce garçon de 33 ans l’envisage comme un hobby. « Je fais de la musique comme d’autres font du bricolage ». Tranquillement et librement. « La vie est assez chiante pour que je ne m’impose pas des contraintes lorsque je compose ». Ni nerd, ni geek mais monsieur tout le monde, Melodium joue, à l’abri des regards, la bande son de la génération de la lose. Celle dont la tête flotte dans un océan de mélancolie. Bien que même pas localisé sur la cartographie de l’industrie, Melodium peut compter sur des fans hardcore se précipitant sur chaque nouvel album. Déjà plus de dix au compteur en presque dix ans d’existence. « Dans le monde, j’ai un ou deux fans par pays. Alors qu’en France, j’ai vendu quinze exemplaires de Vilnius, au Japon, j’en ai écoulé une centaine ». Preuve que partout, beaucoup se retrouvent dans ces pièces sonores, touchant immédiatement à l’intime. Chacun y fait défiler des images tournées en Super 8. En ce sens, Saturday morning, attrape-cœurs de l’album Music for invisible people, figurerait au sommet du top 5 établis par Nick Hornby « des chansons à écouter le lendemain d’une rupture ». « Il aurait mérité d’être au Top 50 », sourit Melodium. Malheureusement, il est resté tricard au sous-sol. Pourtant, il serait douloureux pour les amoureux de la première heure de laisser filer ces morceaux dans la nature. Laurent Girard partage ses petits plaisirs folktronica au compte-gouttes. Comme pour prouver qu’il y a toujours du soleil au-dessus des nuages. Comme pour prouver que les émotions procurées par une mélodie bercée par les rayons du soleil d’un été indien restent sans doute inexplicables, mais ne doivent jamais rien au hasard. 
My mind is falling to pieces (Arbouse recordings)
http://melodiumbox.free.fr
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