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Reazo
Bonbecs on the dance floor
TEXTE / ELISE CAUSEUR
PHOTO / SANDRINE BOUTROS POUR KOSTAR
ARTWORK / REAZO


Petit, sucré, parfois acidulé, toujours synonyme de douceur et de plaisir, le bonbon tient autant sa place à la récré que dans les poches des plus grands. La jeune artiste rennaise Reazo l’a bien compris et dévoile “Sugart”, une collection de bonbons spécialement créée pour le festival Electroni[K].


On ne compte plus les artistes qui, sous le couvert de démocratiser l’art, expérimentent des concepts aussi ennuyeux qu’inaccessibles. Auraient-ils oublié la fameuse madeleine de Proust et le pouvoir quasi magique de la mémoire gustative ? Le filon est retrouvé et c’est une jeune artiste rennaise qui l’a redécouvert au cours de son cursus scolaire. En bûchant certes, mais aussi en mangeant des bonbons ! Étudiante à Lisaa, l’institut supérieur des arts appliqués, la demoiselle plonge sur l’éternel sujet “comment amener l’art au public”, quand séduite par les couleurs acidulées et convaincue des qualités de partage, elle décide d’élever le bonbon au rang d’œuvre artistique. « Le bonbon est un objet particulier car il est au centre de différentes relations de partage. Il a un pouvoir : créer du lien humain ». Déjà ambassadrice de l’identité visuelle des programmes de l’Ubu, c’est tout naturellement que les organisateurs du festival Electroni[K] ont fait appel à elle. Le festival, qui se positionne aussi bien sur une programmation pointue que sur des projets transversaux et incongrus, s’est laissé tenter par l’aventure gustative “Sugart”. « Ils ont apprécié le moyen ludique et décalé d’exposer un mouvement graphique ». Si la conception artistique s’est rapidement imaginée autour de petits personnages hybrides et colorés, la partie artisanale a posé plus de problèmes. On ne s’improvise pas maître-confiseur comme ça. « La fabrication entraîne beaucoup de contraintes techniques. Il a fallu faire appel à un confiseur professionnel et en trouver un suffisamment ouvert à cette démarche. Finalement, c’est Antoine Monnier, glacier chocolatier de l’éphémère, qui m’accompagne dans le projet Sugart ». À base de sucre cuit à 150° dans des moules de silicone, les “péchés mignons” peuvent s’avérer friables. Pour un bonbon aux allures d’œuvre d’art, c’est inconcevable. « Il a fallu jongler entre son aspect et son goût, les détails et la forme. Après de nombreux prototypes, on a enfin trouvé l’équilibre ». Rouges, roses, violets, bleus, les 1000 bonbecs se baladeront du 15 au 25 octobre pendant le festival Electroni[K]. Sucés, mâchouillés, dévorés ou précieusement conservés dans leur emballage, les “Sugart” de miss Reazo apporteront une touche de gourmandise à la 8e édition du festival rennais… 

www.reazo.fr

www.reazo.blogspot.com
www.sugart.info
www.electroni-k.org