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Anna Sam
À fond la caisse
TEXTE/ AB * PHOTO / SANDRINE BOUTROS POUR KOSTAR
À travers un blog que les mass médias, la blogosphère et aujourd’hui
le monde de l’édition s’arrachent, Anna Sam, jeune ex-caissière d’un Leclerc
de l’agglo rennaise, lève le voile sur le monde de la grande distribution.
« Tu vois, si tu ne travailles pas à l’école, tu finiras comme la dame ». À la Star Ac’ ? Non, caissière chez Leclerc. Cette réflexion middle class, Anna Sam se l’est prise de face. Entre un pack de lait demi écrémé et trois boîtes de macédoine pour le prix de deux. « C’est la pire que j’ai entendue. Surtout lorsqu’on se fait pointer du doigt ». Pendant sept ans, la jeune femme, même pas trente ans et mariée, a gardé le silence. Puis, le 29 vril dernier, Anna a décidé de se tisser sa toile pour « redorer le blason du métier de caissière ». Son blog était né. « J’en avais ras le bol du monde de la caisse. J’avais envie de raconter notre quotidien. Les gens oublient souvent le côté humain. Je voulais montrer leur bêtise. Pour que les mentalités changent ». Ni une, ni deux, le succès est aussi fulgurant qu’une vente flash. À cette époque, Anna Sam, titulaire d’un DEA de lettres modernes et qui, pour financer ses études, a mis entre parenthèses sa thèse sur l’auteur fantastique belge Jean Ray, avance masquée. Pas dans un souci de vengeance, car « la ligne rédactionnelle du blog n’est pas de froisser les gens ». Mais d’avantage dans un esprit corporatiste. Le temps de l’interview, Miss pas touche, son pseudo, évoquera à plusieurs reprises ses collègues. « Nous sommes très soudées. Ç’est génial ce que nous vivons ». Son identité sera percée lorsque Le élégramme de Brest en fait la quatrième Bretonne de l’année 2007. « L’article donnait mon prénom, mon âge, ma ville et mon niveau d’études. Dès le lendemain, le directeur m’a convoqué ». Pour prendre la porte ? « Il m’a félicitée. Il avait compris le message ». À la différence de nombreux blogueurs et au cœur de la révolution texto, cette Bretonne de cœur place le texte au-dessus de tout. Ici, les brèves de comptoir cèdent leur place à des tranches de vie souvent drôles et toujours argumentées. « Je voulais montrer que caissière n’est pas un sous-métier. Et encore moins un sot métier ». Anna en parle au passé. Car le jeudi 2 janvier, elle a démissionné. Et attend le job de sa vie. « Si j’avais à gérer une bibliothèque, ça serait génial ». Cependant pas question de fermer le blog. Elle a encore tant de chose à écrire. Car « Caissière un jour, caissière toujours ».
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