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Cécile Grizard
Airs de famille
TEXTE/ VINCENT BRAUD *
PHOTO / HERVÉ SAMSON POUR KOSTAR

Elle aurait pu passer sa vie au violon.
Mais c’est le violoncelle qu’elle a choisi.
La musique, pour Cécile Grizard,
est affaire de famille. Et de complicité.


Se retrouver un jour face au public de La Folle journée, Cécile Grizard ne l’aurait jamais imaginé. Pourtant, avec Sophie Thévenet et Laurence Chiffoleau, elle figure bien au programme de l’édition 2008. Pas de quoi lui tourner la tête. Juste de quoi lui rappeler que la musique, c’est un goût, un talent et… beaucoup de travail.  Autant dire que son violoncelle ne la quitte que rarement. Et, visiblement, pour son plus grand plaisir. « Le rapport au violoncelle a quelque chose de troublant. C’est physique et lorsque cet instrument donne de la voix, c’est magique. » C’est au conservatoire de Montreuil (à 8 ans !) que tout a commencé, ou presque. En fait, avec une mère violoniste et un père guitariste classique, Cécile a toujours vécu en musique. Sauf qu’elle a, très vite, cherché à écrire sa propre partition.  « Mon premier violoncelle, j’avais 11 ans. C’est un instrument qu’on prend à bras le corps… » Des cours à Paris, avec Yvan Chiffoleau et Klauss Heinz, et bientôt les premières distinctions. Mais c’est vers l’enseignement que se tourne Cécile Grizard. « Parce que c’est formidable de transmettre et de voir grandir un élève avec la musique. Ce n’est pas une simple affaire de technique, c’est une passion… » Pour Cécile Grizard, la musique est aussi une histoire d’amour. Familial et conjugal. Lorsqu’elle arrive à Nantes, en 1982, avec Michel, un élève de son père devenu son mari, c’est à l’École de musique de Rezé qu’elle donne ses premiers cours. Puis ce sera Saint-Nazaire. « Je suis venue au concert par l’enseignement et non l’inverse. Il faut aussi connaître l’émotion du concert pour faire comprendre aux élèves tout ce que la musique peut apporter… » Les premiers concerts, ce sera donc à Saint-Nazaire. Une première saison musicale, puis une autre.  Avec l’envie de construire quelque chose. Avec deux de ses collègues, Cécile Grizard constitue un trio. Son nom ? Escale, naturellement. Sans lien avec un festival qui explore d’autres horizons musicaux, tout simplement « parce qu’Escale, c’est Saint-Nazaire ». Le trio fait ainsi ses gammes dans la région. « On essaie de ne pas jouer ce que tout le monde joue, des pièces un peu plus rares… » n La musique française (Chausson, Fauré, Saint Saens…) y côtoie l’espagnole et y croise les amis de Schubert en une cascade de trios naturellement. Comme ces trios de Hummel, « de petits chefs-d’œuvre », au programme de cette Folle journée 2008. Avec, dans le public, une petite fille émue et fière. Elle joue déjà du violoncelle. Comme maman.

La Folle journée, du 30 janvier au 3 février, Nantes. www.lafollejournee.fr