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Jean-Louis Costes
Autel Costes
TEXTE/ ARNAUD BÉNUREAU * ILLUSTRATION / SOPHIE DIAZ
Conspué ou adulé pour ses opéras pornos-sociaux,
Jean-Louis Costes, à l’occasion du festival Cable#,
et ce pour la première fois, jouera « des chansons pour faire pleurer les filles ». Rencontre avec un « être humain solitaire qui fait de l’art ».


« À part les menaces de mort, les critiques me font rire ». Depuis sa naissance en 1954 dans « une famille conservatrice et stricte », Jean-Louis Costes a dû passer plus de temps à se la fendre qu’à la faire, la gueule. Du procès pour, entre autres, incitation à la violence et à la haine raciale, aux commentaires postés sur les sites communautaires (« Costes devrait manger moins de caca, ça lui monte au cerveau »), le performer se fait constamment démonter. Sans que personne ne prenne le temps de comprendre le sens de la démarche. Car le freak effraie.  « C’est déjà bien d’avoir une grosse réputation. Même si souvent, elle est fondée sur des idées fausses sur mon œuvre. Mon œuvre, fondée sur des fantasmes, stimule les fantasmes des autres ». Oui, l’auteur de Mon grand-père, immigré fasciste raciste anti-français est trash. Mais pour lui, il s’agit « d’une représentation honnête de la réalité ». Pas de quoi mettre la France de Pernault à feu et à sang pour l’empêcher d’éructer ses vérités. « Au début, je ne trouvais pas de programmateurs pour mes shows. Je devais louer moi-même les salles. Maintenant, il y a un public qui apprécie ce que je fais. C’est gratifiant, car je suis vraiment parti de zéro ». De moins que zéro, même. « Je n’ai jamais voulu être artiste. C’est plus mon incapacité à m’intégrer dans la société qui m’a poussé vers l’art, comme refuge du solitaire ». n Plus de vingt ans après son incursion dans le milieu par la porte de derrière, ce « mec chiant » dans le civil continue à disséquer, sans anesthésie, la société. « Par faiblesse. Ou bien parce que c’est mon devoir ? » C’est peut-être pour cette franchise no limit et touchante que cet homme fascine ou répugne. De toute évidence, Costes ne peut inspirer l’indifférence. À côté, Gaspar Noé passerait pour un Télétubbie. Dans Irréversible, Costes se faisait prendre sauvagement dans le backroom rouge sang du Rectum. « Ce n’est pas parce que quelques personnes n’aiment pas un film qu’il y a un scandale. Une œuvre vraiment scandaleuse condamnerait son auteur à mort ». Y pense-t-il, d’ailleurs, à la mort ? «Tous les jours, j’ai envie de me suicider ». Avant de graver sur son épitaphe : « Il voulait atteindre le sommet et il est tombé », Jean-Louis Costes rêve pour 2008 « de gloire et de faire pleurer les filles ».

15 février, Barakson, Nantes
Festival Cable#. 14, 15, 16 février,
Blockhaus DY10, Barakason, Fichtre
www.myspace.com/cablenantes