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Omar El Houmri
La rue sur un plateau
TEXTE/ BERTRAND LAHAYE *
PHOTO / PATRICK THIBAULT POUR KOSTAR
Il n’est pas né dans la rue mais il la connaît.
Pas difficile lorsqu’on
s’appelle Omar El Houmri.
La rue, il a choisi la télé pour en parler.
À sa manière, évidemment.
« On ne sera pas tous des Zizou ou des Benzema. Le foot peut faire rêver mais il n’y a pas que ça. » La preuve, Omar, lui, fait de la télé. Un peu par accident. Après une maîtrise de biologie à Dijon – ses parents l’avaient dans leurs bagages en débarquant à Beaune pour trouver du boulot –, Omar a pris le large. Cap à l’Ouest (« car Nantes, c’est près de la mer ») avec des envies de théâtre. De son premier casting, il rigole aujourd’hui mais le flop ne lui enlève pas son appétit de culture. Et de spectacle. Et le spectacle, justement, qu’on donne des “quartiers difficiles”, il en a vraiment marre. « Je suis né au Maroc dans un bled perdu au milieu des oliviers mais, depuis que j’ai trois ans, mon pays, c’est ici… » Une affirmation qui n’a rien d’évidente car, ici, des gens comme lui ne sont pas forcément chez eux. Installé à Nantes depuis 2005, Omar El Houmri a imaginé (avec Samuel
Argentier) une émission de télé qu’il aurait eu envie de regarder. Une émission en prise directe avec ces quartiers où « les caméras déboulent lorsqu’il y a le feu mais où on ne les voit jamais quand ça va bien. » C’est ainsi qu’est née une émission de cultures urbaines, baptisée tout naturellement Ça vient de la rue. Un rendez-vous qui a provoqué de belles rencontres. Comme avec Nofa qui a créé une ligne de chaussures, Thomas Ngijol du Jamel Comedy Club ou encore l’équipe de Cool Burger, un fast food différent créé par deux jeunes issus de ce quartier de Malakoff aux allures de ghetto. « On avait envie de parler autrement des quartiers, de dire qu’il y a des jeunes qui s’en sortent et qu’il y a des talents aussi là où on ne les attend pas forcément. » Alors Omar n’a pas eu de mal à se faire un prénom dans ces quartiers-là. D’autant qu’il ne manque pas d’idées. À l’origine de l’association Art Mature, il a imaginé de faire jouer ensemble et au théâtre « deux flics et deux jeunes des quartiers ». C’est ainsi que Ballon d’or a pu être présenté au public. « Une pièce qu’on joue ensemble pour dire qu’on peut vivre ensemble, se comprendre et se respecter. » Pas banale, la démarche. Bien sûr, Omar garde les pieds sur terre. « Y en a marre des discours et du blabla. On ne va pas tout changer mais essayer de faire avancer le schmilblick. Ce qui serait nul, c’est de ne rien faire… »
Ça vient de la rue,
magazine mensuel sur T élénantes
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