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Emmanuelle Vo-Dihn
SUR UNE PLATEAU
TEXTE/ VINCENT BRAUD * PHOTO / SANDRINE BOUTROS
Elle n’a pas vraiment un profil de casse-cou. Pourtant, c’est son côté turbulent qui l’a amenée à la danse. Emmanuelle Vo-Dinh avait tout juste 7 ans. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts de Rennes où elle a posé ses valises.

« J’ai failli tout abandonner… » Cette période de doute remonte à… longtemps. Car la danse, dans cette petite ville de Charente où elle a passé son enfance, ne pouvait être que classique. Emmanuelle Vo-Dinh ne rêvait ni de tutu ni de chaussons. « Pour moi, la danse ne pouvait être qu’une expression libre… » Cette liberté, elle part l’apprivoiser à Paris puis à la Merce Cunningham School à New York.  La suite s’impose comme une évidence. « On est chorégraphe parce qu’on a quelque chose de particulier à dire… » Pour autant, Emmanuelle Vo-Dinh ne se reconnaît pas « l’élève de… ». Touchée par la dernière pièce de Maguy Marin, la chorégraphe relativise tout emballement : son parcours n’a pas été un long fleuve tranquille. C’est peut-être un sens partagé de la recherche (et le goût du risque ?) qui la rapproche de son illustre aînée. Comme lorsqu’elle part en Iowa pour « bosser » sur la psychanalyse.  Emmanuelle Vo-Dihn aime les passerelles. Celle qu’elle a construite avec Zeena Parkins, une artiste dotée de plusieurs cordes à son arc musical, a belle allure. « Je l’avais découverte à Nantes dans le cadre du festival Fin de siècle consacré à New York… Depuis, on a souvent travaillé ensemble. » Autre compositeur complice : Pascal Dusapin. C’est sur ses études pour piano qu’elle prépare sa prochaine création. « J’ai entendu ces études sur Arte et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire… » Quatre études, quatre danseurs, quatre portraits…  Emmanuelle Vo-Dinh parle danse, mais aussi musique, peinture, évoque Rothko, Bacon et d’autres encore. Des artistes dont elle apprécie le travail et le goût pour la liberté. Ses portraits à elle, elle les brosse, entre abstraction et figuration, avec l’envie de retrouver cette puissance « fulgurante, démente, hallucinante » qu’elle perçoit chez Beethoven ou chez Goya. Ni partition ni toile. Sa création, Emmanuelle Vo-Dinh la sert sur un plateau.
Eaux-fortes, les 18 et 19 Octobre
au triangle, rennes (35)