 |
|
François Le Pillouër
« LE THÉÂTRE, LIEU POSSIBLE DU SCANDALE »
TEXTE/ ÉLISE CAUSEUR * PHOTO / DR
Directeur du Théâtre National de Bretagne, centre européen théâtral et chorégraphique à Rennes, François Le Pillouër est également aux rênes de Mettre en scène. Un festival avant-gardiste, déjanté, voire irrévérencieux.
Vous signez un édito musclé dans le programme du festival. Une mise en bouche osée qui laisse pressentir une programmation indisciplinée ? À l’encontre des télévisions, qui prônent l’adage « du pain et des jeux », l’art n’est pour moi
pas commercial. Il est vivant. Poétiques et
politiques, le théâtre et la danse facilitent l’éducation commune et permettent aux consciences
de s’éveiller. J’ai confiance dans le public.
Pour cette raison, avec Mettre en scène, il n’hésite pas à se prendre des coups d’essuie-glaces dans les yeux.
Mettre en Scène n’est pas uniquement un festival de théâtre et de danse… On travaille les questions de la transmission et de la subversion. On privilégie les jeunes talents et les textes dits
« limites », car pour moi le théâtre est le lieu possible du scandale.
Des prises de risques réussies, c’est la recette du succès ? En effet, nous avons été les premiers à accueillir des artistes tels que Rodrigo Garcia, François Verret ou Marcial Di Fonzo Bo. Je me considère comme un éditeur avec ses auteurs. Cette position de découvreur me donne du poids pour poser les bonnes questions.
Et ces bonnes questions sont...? Pourquoi ne pas refuser le débat esthétique comme politique, par exemple. Pour cette raison, cette année, j’ai voulu réagir et mettre l’Europe et l’argent au cœur de la discussion.
Au menu de cette édition 2007 ? Ricercar de François Tanguy, que je considère un peu comme la tête chercheuse du théâtre français, Obludarium du Cabaret des frères Forman (marionnettistes tchèques de la volière Dromesko). Véritable temps fort du festival, la venue des Colporteurs, premier cirque de funambules qui, avec la création Le fil sur la Neige, montre ce qu’est un cirque en recherche. On retrouvera Stanislas Nordey à la mise en scène d’Incendies, du jeune auteur Wajdi Mouawad.
Et les « impromptus » ? Fer de lance du festival, ces formes accélérées séduisent par leur liberté. Elles remettent beaucoup de choses en cause car tout est presque permis. Mais, le festival Mettre en scène c’est également des résidences d’artistes européens, un colloque international sur « la faculté de jouer », un soutien à l’écriture actuelle, une aide aux compagnies indépendantes et au travail des élèves de l’école du TNB. 
Mettre en scène, du 6 au 17 novembre à Rennes.
|