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Raphaël Sévère
Le vent en poupe
TEXTE / VINCENT BRAUD
PHOTO / BERTRAND BÉCHARD POUR KOSTAR


14 ans tout juste et déjà en classe de première. Depuis la maternelle, Raphaël Sévère accumule les bonnes notes. Sur le plan scolaire comme dans les salles de concert, le clarinettiste est habitué aux premières places.


La musique, il est tombé dedans quand il était tout petit. Un papa clarinettiste, une maman pianiste, tous deux professeurs de conservatoire, voilà qui explique sans doute un penchant naturel pour la musique. À l’heure où d’autres grimpaient aux arbres dans le jardin, lui escaladait le tabouret du piano familial. Car c’est au piano que Raphaël fait ses premières gammes. Avant de s’essayer au violoncelle et d’opter, à 8 ans, pour la clarinette.  Au conservatoire, il se retrouve en 3e cycle à 9 ans après avoir “sauté” huit niveaux : « un peu comme si on passait du CP en terminale… » Tout va très vite : 1er prix et prix spécial du jury, à tout juste 10 ans, au concours national du jeune musicien à Lempdes, lauréat de six concours internationaux, à 12 ans… « À Tokyo, la plupart des candidats avaient 18/20 ans… » Et le voilà, en 2007, le plus jeune soliste invité à La folle journée à Nantes. Une prestation si appréciée qu’elle lui vaut une invitation, en mai, pour La folle journée de Tokyo et quelques concerts en Chine.  Aujourd’hui, la musique, c’est « au moins quatre heures par jour ». Parfaitement compatible avec les trois heures de travail que lui demandent ses cours du CNED. Ce qui laisse encore un peu de temps pour passer de la PlayStation 3 au synthé où Raphaël aime improviser. Au choix, Jaco Pastorius ou Joshua Redman… Raphaël Sévère n’est pas monomaniaque.  Dans sa chambre, sous les toits de la maison familiale aux portes de Nantes, un drapeau portugais (« je suis fan… »), une guitare, des dessins… Des souvenirs aussi. Malgré son jeune âge, Raphaël les accumule avec gourmandise. Par exemple, ce premier concert, comme soliste, à Macao. Il avait 11 ans. « Je suis arrivé là-bas, j’ai vu les affiches avec ma photo dans les rues… » Ce 27 janvier 2006, on fêtait le 250 e anniversaire de la naissance de Mozart, ça ne s’oublie pas. « Trop fort » aussi, ce coup de fil de Michel Portal, un dimanche matin, en mars dernier : « Il avait entendu parler de moi et voulait qu’on se rencontre. »  Alors, de temps à autre, il lâche la clarinette pour le clavier parce que le jazz, aussi, le fait vibrer. Mais la clarinette n’est jamais loin. Un premier album (récital clarinette/piano avec Tünde Hajdu) lui a valu quatre diapasons Télérama. On y relevait sa « maturité musicale éblouissante ». C’était il y a un an. Depuis, Raphaël a encore grandi… 

3 décembre, récital avec le pianiste Tünde Hajdu,
auditorium Sacha Guitry,
Radio France
25 janvier, Festival de musique au cœur du M édoc