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Alain Guiavarch & Maël Canonne
Paire de Klac
TEXTE / JEAN-NOËL LEVASSEUR
PHOTO /SANDRINE BOUTROS POUR KOSTAR

À ma gauche, Alain Guiavarch. À ma droite, Maël Canonne. Le grand et le petit. Le winner et le loser. Parce que pendant qu’Alain Guiavarch fait le beau à Beaubourg avec son expo Art video, four elements, Maël Canonne a toutes les peines du monde à trouver un bistrot qui voudra bien exposer ses photos…

Dure loi que celle du marché de l’art contemporain illustrée par Klac, artists’book. Dure loi… et vrai exercice de style proposé par ces joyeux trublions, car les trajectoires décrites ci-dessus sont une vaste farce signée par ces deux amis rennais, cofondateurs de l’agence Hémisphère 4 de Montgermont (leur gagne-pain) et agitateurs artistiques (leur passion).  Klac, artists’book est leur premier manifeste depuis les Beaux Arts de Rennes où ils se sont rencontrés. Un roman-photo – fallait oser - synonyme de travail de longue haleine : les compères ont consacré trois étés à raconter, chronologiquement et par l’image, l’itinéraire de leurs doubles de papier.  Ils incarnent deux imposteurs invités presque par hasard à une exposition d’art contemporain. Confrontés à ce rendez-vous inattendu, ils vont chercher, par-delà les questionnements sur la création et le statut de l’artiste, à savoir si leur travail relève de l’art ou du cochon.  Mais la route qui mène à la vérité peut être longue et semée d’embûches et d’audaces. Ne les a-t-on pas vus, dans de grands élans auto-parodiques, jouer à la pétanque devant le château de Kerguehennec, faire du Nan Goldin avec des pétales de rose et Photoshop, plagier du Ed Ruscha entre Rennes et Châteaulin, mimer du Merce Cunningham en collants noirs, offrir un « travail réflexif » sur Tchernobyl avec une part de forêt noire et une saucisse de Strasbourg ?  Ces garçons ne reculent devant aucun sacrilège. Guiavarch et Canonne rient d’eux-mêmes et des autres, mêlent sans retenue Audiard et Carlos (le chanteur, ils ne sont pas fous non plus), Pasolini et Mc Donald’s, Jenny Saville et Stade 2. Ils n’ont peur de rien, et surtout pas d’associer l’art contemporain et le rire, la réflexion et l’action, le bon goût et le mauvais.  Le double messieurs ne recule pas. Il avance. Il a d’ailleurs participé à la dernière édition de Jeune Création, exposition internationale d’art contemporain à la Grande Halle de la Villette. Alors, en route pour l’art joie !

 

Klac, artists’book (éditions Hémisphère 4).
www.klac.fr