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Jann Halexander
SAlexander cabaret platz
TEXTE / GWENN FROGER
PHOTO / JEFF BONNENFANT POUR KOSTAR


Auteur-compositeur et cinéaste, Jann Halexander se met à nu pour mieux se parer de clair-obscur. Claire envie, sombre

La couleur du métissage franco-gabonais, les attaches et le cœur angevins, la tête et les jambes en Allemagne et l’âme marginale et solitaire. Fils d’un diplomate gabonais et d’une professeure de musique et de philosophie française, Aurélien Makosso-Akendengué naît à Libreville où il passe les seize premières années de sa vie, entrecoupées de longs séjours dans l’ouest de la France. « Mon imaginaire, mes références viennent de là. Je n’ai jamais chanté l’Afrique. J’ai davantage été bercé par Ravel, Poulenc et la chanson française. »  L’ennui des études puis l’envie irrépressible le poussent à l’écriture, le toucher tôt du piano l’incite à la composition. Installé en France, Aurélien Makosso-Akendengué devenu Jann Halexander vit de sa musique, à son rythme et sa singulière manière, loin des circuits formatés de l’industrie du disque. « J’estime que l’art n’est pas un champ de compétition, je n’ai pas à courir derrière la vitrine médiatique. Quand l’envie de chanter devient nécessité, on se débrouille. Je vis uniquement pour la création et aucune déception ne m’en détournera. »  Un temps attiré par les Pompes funèbres, il décline son obscurité lumineuse à longueur de sillons (trois maxis, quatre albums et une compilation depuis 2004) : la famille, la mort, l’altérité. Dans un style entre cabaret berlinois des années trente et âge d’or de la chanson française des années soixante, lui et son piano vous distillent la belle amertume. Ses histoires parlent de mulâtre, de vampire, de succube (texte d’Amélie Nothomb) ou d’atroce idylle. Ami de Jean Guidoni, il se pose loin du côté réac de la chanson, des « provocations d’abbé » et de pseudo-révoltés. « J’assume mes origines et mon parcours. Je me sais être quelqu’un en marge, mais je ne pose aucune limite ni formelle ni essentielle à mes productions ».  Brazillac 1945, L’amant de maman, Nihilisme ou encore Le marginal, dernier album en date sorti en 2008, témoignent d’une âme forte sans tabou. Et quand le musicien se fait cinéaste, c’est pour conter Statross le magnifique ou encore les histoires d’un jeune homme et d’un député (J’aimerais, J’aimerais), images projetées d’une bisexualité assumée et revendiquée jusqu’aux plateaux de télé. Qu’importe le support, pourvu qu’il y ait l’ivresse des maux dits et des idées battues en brèche. Des chansons théâtrales, du théâtre dans les récitals, des invertis dans les bobines et de l’aversion pour le pareil au même… l’Halexander platz se fait carrefour des arts et des profonds bizarres.

 

Albums et DVD des films de Jann Halexander disponibles sur les réseaux Fnac et Virgin.
En concert les 6, 7 et 8 mars à la Comédie (Angers).

http://jannhalexander.free.fr