ACCUEIL KOSTAR  ACCUEIL UNE VILLE AILLEURS

 

Le photographe aventurier Pierre de Vallombreuse est parti cinq semaines dans
le Groenland. Aujourd’hui,
il vous invite à découvrir
la principale ville touristique
du Groenland : Ilulissat.

Qui connaît Ilulissat, principale ville touristique et premier port de pêche du Groenland ? Elle compte 4 500 habitants. Et plus de 2 500 chiens !  Avec l’arrivée des premières neiges, il n’est pas rare de voir des parents emmener leurs enfants à l’école avec des traîneaux tirés par leurs chiens. En hiver, des groupes d’hommes peuvent partir plusieurs jours avec leurs traîneaux pour aller chasser et pêcher sur la banquise. Chasse et pêche sont à la fois une tradition et une ressource économique fondamentale pour les habitants de cette île grande comme quatre fois la France. En une nuit, un pêcheur peut obtenir jusqu’à cinq cents kilos de poissons.  À Ilulissat, il n’y a, par endroits, qu’une fine couche de terre. Les maisons et les immeubles peuvent être construits à même la roche pour affronter les rudes assauts du climat, ses froids intenses (jusqu’à moins 50 degrés !), ses vents glacés et violents.  De nombreux logements sociaux parsèment la ville. Le coût de la vie y est très cher et une partie de la population n’a que de faibles revenus. Des salles de jeux ont pu être installées au bas de ces immeubles. Outre le complexe sportif et le petit centre culturel, c’est un des rares endroits de distraction pour les adolescents. Le soir, comme il n’y a ni salles de cinéma ni salles de concert, les jeunes vont dans des tavernes programmant des concerts de hard rock. D’ailleurs, le rêve de l’un d’eux était de jouer un jour avec Iron Maiden.  Dans un des petits bars de la ville, des marins, des chasseurs, des ouvriers et quelques femmes viennent boire des bières et jouer aux machines à sous, dans une atmosphère saturée de fumée de cigarettes et de l’odeur rance de l’huile de friture. Dès le vendredi soir et durant tout le week-end, on vient s’y soûler abondamment.  J’ai vécu ce voyage au Groenland comme un plongeon dans une autre dimension où la nature règne et semble indomptable. Dans ce territoire immense et gigantesque, l’homme est ramené à sa juste dimension. Il n’est rien s’il ne peut pas s’adapter. Je n’ai jamais de parti pris quand je pars dans un endroit car j’ai tout à y apprendre. Les Occidentaux ont des idées extrêmement préconçues sur les peuples autochtones, considérés comme des primitifs, des sauvages…  Le peuple inuit est à la fois direct, timide et d’une incroyable solidarité. Les relations sont basées sur la confiance. Quand on part chasser ou pêcher sur la banquise, il faut être sûr que son équipier viendra en aide s’il nous arrive quelque chose. Cela forge de vraies amitiés. L’entraide entre les chasseurs est la règle et c’est cette solidarité qui permet aux Inuits de survivre sur une terre si extrême.  En octobre, l’arrivée du grand froid précède la longue nuit polaire. La mer encore libre de glace permanente peut voir en quelques heures se former une banquise de plusieurs dizaines de centimètres. Des vents violents et glacés soufflent sur les montagnes, soulevant des nuages de neige. Je repense à ce trajet sur ce petit bateau-taxi sillonnant les villages isolés de la baie de Disko. À chaque arrêt pour faire monter et descendre des passagers, charger et décharger des vivres et du courrier, l’océan se fige et le bateau commence à être pris dans la glace. Le voyage est encore plus spectaculaire de nuit à la lumière des projecteurs qui éclairent des monstres de glace. Les icebergs sont parfois si grands qu’ils peuvent parfois interdire l’entrée du port aux bateaux de taille moyenne. Au début de l’hiver, la glace vient envahir le port et peut en une nuit le recouvrir, empêchant les petits bateaux de pêche de prendre le large.  S’adaptant depuis toujours aux soubresauts de la nature, les Inuits ne perçoivent pas tous le réchauffement climatique comme un danger. Certains voient même en celui-ci une possibilité d’accéder enfin à de nombreuses ressources minières et pétrolières. Les habitants les plus inquiets mènent une vie plus traditionnelle. Ils perçoivent déjà les dangers du réchauffement puisqu’ils ne peuvent plus s’aventurer en hiver sur la mer gelée : la couche de glace est par endroits devenue beaucoup trop fine et le risque trop grand.
Hommes Racines, jusqu’au 29 août, Les Champs libres, Rennes.









 

Ilulissat : le show froid !

Voilà une destination peu banale. À gagner, de préférence,
l’été. Tout au Nord, le Groenland et Ilulissat, une “ville”
de 4 000 habitants dont les gratte-ciel sont des icebergs.
Enfilez vos doudounes…

Cartes postales

«Le désert blanc, infini, uniforme, écrasant, s’ouvrait devant nous. Aucune place n’y était réservée à l’homme.” Paul-Émile Victor et quelques pionniers ont été les premiers à s’installer,
en Terre Adélie, pour observer le grand Nord. Ilulissat, c’est “la perle de la baie de Disko”. Un petit port, une colline et rien d’autre ou presque. Avec une vue imprenable sur une baie qui sert de déversoir aux plus grands glaciers du monde. 4.000 habitants et des maisons de bois, accrochées à la roche, dont le rouge, le vert, le bleu, le mauve se mêlent aux reflets cuivrés du soleil de minuit. Car, ici, en été, le soleil couchant ne se couche jamais. L’après-midi, la température peut “grimper” jusqu’à 14°. Mais la baie, même en été, reste blanche de glace. La ville vit au rythme de son port, celui de la pêche et… du tourisme. On vient en effet dans la région pour entendre “chanter les icebergs”, comme disent les Inuits.


Y aller

Aller à Ilulissat, c’est passer par Reykjavik ou Copenhague.
La Maison du Groenland à Paris reste LA mine d’informations pour dessiner les contours de l’expédition. Plusieurs prestataires (www.gngl.com ou www.comptoir.fr/groenland par exemple) proposent des “produits” adaptés à ce tourisme peu banal. Randos, croisières, sorties en kayak… on peut se la jouer sportif ou un peu moins mais le voyage, pour être inoubliable, n’en demandera pas moins de disposer de quelques économies: un circuit d’une huitaine de jours flirte facilement avec les 2 500 euros/personne.

S’y loger

Avec ses quelques milliers d’habitants, Ilulissat est, pour le Groenland, une “grosse” ville. Pour autant, l’équipement hôtelier n’est pas celui d’une capitale. Disons qu’au pays du grand froid, les prix sont en général très… chauds. On trouve des circuits avec séjour chez l’habitant. L’Arctic, le seul grand hôtel d’Ilulissat, est un 4**** perché, en terrasse, au-dessus de la baie (à partir de 155 euros/nuit), pour lequel il est prudent de réserver. Mais il existe aussi quelques B & B.


S’y restaurer

Voyager, c’est d’abord découvrir. Oubliez donc vos habitudes et vos envies. Légumes verts et fruits sont importés et l’alcool fortement taxé. On peut par contre s’y régaler de poisson frais ou de phoque (que l’on consomme cru, bouilli, grillé…) tous les jours. Les étals des marchés (flétans, crevettes…) sont un appel à la gourmandise. La plupart des circuits touristiques intègrent la restauration.

Circuit Kostar

Ici, c’est une nature, brute et sauvage, qui nous attend. Ilulissat, c’est en effet la baie de Disko où se déversent d’imposantes masses de glace mais aussi l’entrée du fjord Kangja, classé au patrimoine de l’humanité. Au sud de la ville, le panorama offert depuis les collines de Sermermiut est époustouflant. Le
Sermek Kujatdleq est la plus grosse fabrique de glace de l’hémisphère nord. Le glacier avance d’une vingtaine de mètres par jour et l’immense langue de glace se brise, en d’impressionnants fracas, dans la baie. Les “glaçons” peuvent atteindre 50 mètres de haut. Une croisière dans le fjord Kangja reste, de l’avis général, “le” souvenir de cette expédition.