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Directrice du Centre Chorégraphique National
de Montpellier Languedoc-Roussillon, Mathilde Monnier met sa créativité à l’épreuve depuis plus de vingt ans.
Les chemins de traverse
qu’elle emprunte, les frottements artistiques insolites qu’elle suscite lui valent une reconnaissance unanime (publique et critique). Plongez
à ses côtés au cœur d’une ville qu’elle affectionne : Madrid.

La vie de tournée permet de parcourir de nombreuses villes. Certaines laissent un souvenir plus prononcé. C’est le cas de Madrid.  Première image de Madrid, octobre 1990. Je répète et présente une nouvelle pièce dans le cadre du très beau festival de Otoño. Ces périodes de création ne permettent pas de profiter de tous les charmes d’une ville, mais 20 ans après, j’ai encore en tête des sensations, des couleurs, des odeurs de la capitale espagnole. J’y retrouvais quelque chose de très méditerranéen qui me rappelait mon enfance passée au Maroc. Lors de ce séjour, je me souviens de balades dans l’immense parc du Retiro. Un quartier m’avait particulièrement intrigué : Lavapies. Ce quartier populaire était alors réputé pour ses petites rues remplies de bars minuscules, ambiance très hippie… À cette époque, l’esprit de la Movida soufflait encore dans les rues de Malasana, surtout autour de la Plaza Dos de Mayo. On pouvait y croiser des jeunes aux looks complètement délirants, des travestis et plein d’artistes. C’était aussi ma première rencontre avec la performeuse La Ribot qui connaissait sa ville comme sa poche.  C’est avec elle, justement, que j’ai eu l’occasion de revenir à Madrid l’an passé pour présenter le spectacle que nous avons créé toutes les deux, Gustavia. 20 ans après ma première rencontre avec cette ville, tout semble à la fois pareil et différent. Lavapies regorge toujours de petits endroits underground. Les jeunes et les immigrés indiens, africains et latinos y donnent une couleur plus métissée, une ouverture aux influences variées. La Movida est devenue désormais une marque plus qu’un art de vivre ou un courant artistique. Mais quelque chose subsiste : un esprit ouvert qui permet aux jeunes et aux personnes âgées de se côtoyer dans de mêmes lieux, à toutes heures. En cela c’est très différent de la France où chacun doit rester à sa place. À Madrid, la rue est un espace à partager par tous. À 3h du matin, les festivités battent leur plein, et tout s’autorégule sans animosité aucune. Chueca, un des plus grands quartiers gay d’Europe situé en plein cœur du centre de Madrid, à deux pas de la fameuse artère principale Gran Via, a beaucoup changé également. C’est devenu l’endroit incontournable du shopping. Les boutiques de fringues se succèdent à perte de vue. El mercado de Fuencarral propose sur 3 étages une multitude de petites boutiques de créateurs pour tous les goûts. Au rez-de-chaussée, un DJ passe des disques toute la journée… Changement de quartier et d’ambiance, je vous conseille de vous arrêter au Mercado San Miguel, proche de la Plaza Mayor. Idéal pour l’apéro : tous les producteurs de charcuterie, vin, fruits de mer ont leur échoppe et tout le monde vient y grignoter à la sortie du travail…  Niveau arts, Madrid a énormément évolué. Le Prado et ses merveilleuses œuvres de Goya, Velasquez ou Bosch n’a plus le monopole. Le musée de la Reina Sofia est aujourd’hui un lieu majeur de l’art en Europe. La récente extension du bâtiment pensée par l’architecte Jean Nouvel est incroyable. On a du mal à croire qu’une architecture aussi contemporaine et audacieuse puisse côtoyer la bâtisse historique du musée. Si vous ne l’avez jamais vu, foncez voir Guernica de Pablo Picasso. Même si nous avons tous plus ou moins en tête cette œuvre majeure du peintre espagnol, cela procure une grande émotion de la voir en vrai, dans sa monumentalité. Non loin du Reina Sofia, un nouveau lieu consacré à l’art est né récemment : Caixa Forum. Les expositions sont inégales mais l’endroit est extraordinaire. Une sorte d’enveloppe couvre le bâtiment, telle une dentelle de rouille. Face à cela, un mur végétal… Allez prendre un café au dernier étage, le design est très soigné. Mon endroit coup de cœur dédié aux arts est incontestablement la Casa
Incendida. Ce lieu entièrement financé par une banque (impensable en France !) tourne à plein régime. Du matin au soir, on peut y voir toutes les formes d’arts, avec un positionnement tourné vers l’émergence. Je vous conseille de faire une petite pause contemplative sur la terrasse située au dernier étage. En plus d’une vue somptueuse, vous découvrirez des plantes incroyables. D’autres plantes sont à contempler dans la gare d’Atocha. Les gares sont en général toujours des lieux anxiogènes et austères. Celle-ci, la plus grande de Madrid, donne envie de se poser, bouquin à la main, pendant des heures. Un jardin tropical occupe l’espace central de la gare. Des arbres de plus de 10 mètres de haut font oublier l’activité de ce lieu.  Le Madrid que j’aime ressemble à tout cela à la fois. Ceux qui ne jurent que par Barcelone doivent mettre au placard les préjugés. Certes, il n’y a pas la mer à Madrid. Mais l’ambiance y est sûrement plus bouillonnante, mêlant authenticité et modernité… Caliente !










 

Madrid me mata !

Madrid n’est pas une capitale comme les autres. Fière sans doute, mais discrète, Madrid résiste à tous les clichés. Froide en hiver, torride en été, chaude toute l’année. Demandez donc aux supporters du Real et de l’Atletico.

Cartes postales

“Neuf mois d’hiver, trois mois d’enfer”. Le dicton populaire plante le décor: un climat continental impose à Madrid, au cœur de l’Espagne, des saisons contrastées. Le printemps est la période idéale pour y flâner. Le Paseo de la Castellana, l’axe nord-sud, semble couper la ville, de la place de Castilla à la place Colon, et traverse les quartiers construits au fil de l’Histoire. Madrid des Austrias, avec le palais royal, la plazza Major et la cathédrale de Almudena, Madrid de Salamanca, avec ses parcs (Retiro, jardin botanique), ses musées (Prado, Reina Sofia, Thyssen…), ses élégantes boutiques, sa “vieille” gare d’Atocha et l’historique Café Gijon, Madrid de Chueca et Malasana, quartiers hier marginaux devenus des hauts lieux de la nuit madrilène. Pour découvrir les charmes de la capitale espagnole, il faut prendre son temps. Touristes pressés, s’abstenir.


Y aller

Elles ne sont pas nombreuses les capitales européennes à être reliées directement à Nantes. Avec au choix, Iberia et Air France ! Programmez votre voyage à l’avance et comparez les tarifs. Entre 200 et 400 e, selon les périodes, et on arrive à Bajaras, aéroport signé Rogers. Il est également possible de “descendre” en voiture mais de Rennes à Madrid, on frise les 900 km…

S’y loger

Madrid n’est certes plus la capitale “exotique” et bon marché du siècle dernier. Pour autant, le rapport qualité/prix est souvent meilleur qu’en France. Il y a quelques hôtels de rêve comme Las Letras (www.hoteldelasletras.com), hôtel historique sur Gran Via, dont les aménagements, la décoration et les services méritent sans doute les tarifs affichés. On peut cependant y trouver une chambre pour deux à moins de 150 e en y restant deux nuits. Pour le reste, et selon les quartiers, Madrid dispose de nombreux hostals avec des chambres à partir de 40 e/nuit.


S’y restaurer

Même observation que pour les hôtels. Madrid vous régale à bon compte. Anchoas, bacalao gratinado, lenguado a la parilla… beaucoup de poisson à la carte mais on peut fondre pour une escalope de ternera cordon bleu con salsa de champiñon. L’historique Cafe Gijon, paseo de Recoletos, est un peu cher mais mérite le détour. Le Bazaar (Libertad 21) dans Chueca propose, à prix très raisonnable, une cuisine inventive d ans un décor minimaliste. Tout comme El Armario (San Bartolomé 7). Autre table sympa, la Taberna Angel Sierra qui ne désemplit pas, le soir venu, et déborde sur la place, en face de la station de métro Chueca.

Circuit Kostar

Kostariennes, Kostariens, Madrid est faite pour vous. Ses musées sont parmi les plus riches au monde. Le Prado, avec Velasquez, Goya, le Greco, Jérôme Bosch… Le temps d’une pause (dans les jardins tout proche du Ritz ?) et, c’est la Reina Sofia où on retrouve Guernica de Picasso et les artistes majeurs du siècle dernier. Côté boutiques, les plus chics se trouvent dans le quartier Salamanca mais c’est incontestablement du côté de Chueca que ça se passe. Quartier gay friendly mais pas que, Chueca compte des dizaines de boutiques qui font la mode de Madrid. On y trouve aussi bien les stylistes en vogue que les tenants de la punk attitude ! Le marché de Fuencarral est un invraisemblable dédale de boutiques hautes en couleurs. Le tatouage et le piercing ont ici leurs artistes.