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La directrice artistique du Centre national de danse contemporaine d’Angers (CNDC), dont la dernière création, Cribles / Live, tourne actuellement aux quatre coins de la France, propose pour Kostar de découvrir le Japon que la chorégraphe aime.

Depuis mon premier voyage au Japon en 1994, pour danser à Mito et Tokyo une pièce du chorégraphe Hervé Robbe, mon attraction pour ce pays ne se tarit pas. J’ai toujours la même impression très excitante d’arriver en terre radicalement étrangère mais aussi d’être absolument au bon endroit pour imaginer, découvrir, travailler. Les bains publics (sento) m’aident à supporter le décalage horaire. Et la nourriture, riz et poissons et… saké, conviennent parfaitement à mon entraînement de danseuse !  En 1994, j’ai habité le quartier de Omote Sando que j’ai retrouvé cette année lorsque j’ai dansé la pièce que j’ai créée avec une maîtresse ikebana (arrangement floral japonais) en 2009 à Angers : Shinbai, le vol de l’âme. Le Spiral Theater, où la pièce a été montrée, est en haut de ce que l’on appelle les Champs-Élysées tokyoites. Les boutiques des créateurs européens (Prada, Dior, Margiela), dont les jeunes gens japonais raffolent tant qu’ils habitent chez leurs parents (ils dépensent alors beaucoup dans des objets de marque), côtoient le Oriental Bazar (services à thé, kimonos…) et Kiddy Land où sur six étages se vendent les jouets et gadgets les plus “kawai“ (joli en japonais) !!! Au bout de Omote Sando, se trouve le magnifique Yoyogi Parc. Sur le petit pont qui mène vers celui-ci, on voit des rassemblements de jeunes gens habillés et coiffés de façon outrancière mélangeant le kimono, le maquillage forcené et la crête punk ou la banane
rockabilly ! Dans les deux temples à l’intérieur du Parc, des mariages sont célébrés et l’on peut facilement assister aux prises de photos des jeunes mariés en vêtements traditionnels.  Il y a beaucoup de parcs à l’intérieur même de la ville de Tokyo, un peu comme à Londres, ce qui donne l’impression d’une ville “aérée“ même si elle est aussi, évidemment, emblématique de la mégapole du 21e siècle avec ses entremêlements de routes, lignes de trains, métros, bras de rivières, buildings rutilants qui flèchent la ville. Le 1er janvier, l’on peut visiter, exceptionnellement, les jardins de l’empereur ! En avril, la fête des Sakura, la floraison des cerisiers, est un événement national et les parcs sont pris d’assaut par tous, juste pour admirer les fleurs blanches rosées dans les arbres.  Tout près de Omote, se trouve Roppongi, quartier des ambassades, consulats, bars, restaurants et boîtes. C’est là que s’élève depuis 3 ans Mori Tower, une des plus hautes tours de Tokyo avec à son sommet un très beau musée d’art contemporain, le Mori Museum où sont montrés les artistes les plus pointus du moment. Après la visite au musée, on peut, au même étage, aller contempler, depuis le Sky Deck, une des plus belles vues de Tokyo. Préférez la journée pour tenter de reconnaître les différents buildings signés Frank Lloyd Wright, Gerry ou la mairie de Tokyo surmontés de sculptures de Philippe Stark.  Lors de mes différents séjours, j’ai volontairement changé de quartier pour connaître des atmosphères diverses tels Shinjuku, Shibuya, Ginza ou Ueno… Le métro japonais est une expérience à ne pas rater ! Le Japonais a l’habitude dès qu’il s’assied de fermer les yeux pour sommeiller. Cela donne un air somnambule à une partie du wagon pendant que l’autre pianote incessamment sur son téléphone portable !  Les restaurants servent tôt (18h) et ferment donc vers 22h30. Mais les nombreux combi, « convenient stores », magasins de proximité, ouverts 24h/24, permettent de trouver à toute heure un tiramisu, comme des sushi, une soupe de nouilles ou une paire de chaussettes !  Le marché aux poissons de Tsukiji, même s’il a réduit ses heures d’ouverture au public, permet, la nuit, de voir la vente aux enchères des thons et des poissons qui nourrissent la ville.  J’aime découvrir le cadre de vie des artistes japonais que je vais rencontrer avant de les inviter à enseigner au CNDC ou à travailler avec moi. En septembre dernier, je suis allée chaque jour dans la banlieue où le danseur Akira Kasai vit et travaille. Son studio jouxte sa maison, séparé par un petit jardin. C’est petit, mais on s’y concentre parfaitement !  Pour la première fois, j’ai aussi fait un déplacement dans les montagnes du centre du pays à 3 heures de Tokyo. Je suis allée rencontrer le danseur butoh Tanaka Min pour l’inviter à venir danser et enseigner à Angers en 2012. Il a construit un magnifique théâtre de plein air où a lieu son festival d’été. Il habite une ferme qu’il exploite avec sa femme danseuse. Des danseurs viennent travailler avec eux : les journées sont rythmées entre danse et agriculture ! Pour Tanaka Min, il n’y a pas de réelle différence entre les deux !!!  Ce court séjour m’a donné envie de continuer de m’aventurer, lors d’un prochain voyage, hors de Tokyo et Kyoto dans lesquelles je séjourne toujours pour danser.







Cribles / Live est une re-création de Cribles (création Montpellier Danse 2009), en version live : la partition Persephassa de Iannis Xenakis est interprétée par six musiciens percussionnistes de l’ensemble Percussions Rhizome, partageant l’espace avec les danseurs et le public, selon la pensée de Xenakis.
Le 1er février, onyx/la carrière, saint-herblain.
www.onyx-cultutel.org

 

Tokyo Mégalopole d'attraction

Bienvenue au pays des geishas et des mangas, de l’ikebana et du cosplay. Entre traditions séculaires et nouvelles technologies, Tokyo n’est pas une ville, c’est un monde ! Il faut du temps pour y trouver ses repères et l’apprivoiser.

Y aller

Air China et China Airlines proposent l’aller-retour (selon période) à moins de 600 euros via Pékin ou Shanghai mais le vol dure plus de 16 heures. Finnair est également bien placé sur cette destination. Pour un vol direct (Air France et autres…), compter 900 euros.

S’y loger

Les clichés ayant la vie dure, disons que Tokyo n’est pas forcément “la ville la plus chère du monde”. Outre les sites proposant la location d’appartements, on trouve nombre d’hôtels 2**, y compris dans le centre, pour 60/70 euros en chambre double (www.booking.com). On peut aussi profiter de ce séjour pour tester une nuit dans un ryokan, chambre meublée à la japonaise et nuit sur tatamis. Ou encore les capsule-hôtels où le client passe la nuit dans un caisson, confortable et fonctionnel mais… claustrophobes, s’abstenir.

Circuit Kostar

On peut commencer à découvrir la ville depuis le Tokyo city hall (hôtel de ville), imaginé par Kenzo Tange : les terrasses panoramiques des tours jumelles offrent en effet un panorama exceptionnel. Et emprunter la ligne de métro, entièrement aérienne, de Yurikamone. À Tokyo, chaque “quartier” est une ville dans la ville. Shibuya, rendez-vous des teenagers avec ses bars et boutiques branchés. Akihabara, ou “electronic town” avec des centaines de magasins débordant de matériels les plus divers, de vastes game centers, rendez-vous des geeks locaux et des touristes. Les boutiques “duty free” y sont autant de pièges à éviter. Le musée national de Tokyo offre une collection exceptionnelle d’art japonais. Il côtoie le musée national d’art moderne. À voir également le Tokyo international forum, dans le quartier de Shiyoda. L’impressionnant complexe économique et culturel, avec un auditorium de plus de 5 000 places, accueille, depuis 2005, la Folle journée au Japon.