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Le vidéaste et réalisateur Charlie Mars n’est jamais là
où l’on attend. Hier,
au Québec pour un tournage.
Demain à Nantes, pour l’inauguration de Stereolux.
Et aujourd’hui dans Kostar, pour évoquer en images
(forcément) et en mots son aventure outre-Atlantique.

Lorsque j’arrive à Montréal, je suis happé par une ville immense et néanmoins accueillante, à peine le temps de me remettre de mon vol et j’atterris dans une fête ou les générations se croisent de manière étonnante, puis, dans le métro gigantesque, je rencontre un sdf un peu bourré mais très sympathique qui me dit être un véritable indien de souche, j’ai quelques doutes la dessus mais le personnage est atypique et je reste un petit moment à bavarder. Si j’avais le temps je ferais bien un film avec lui, mais je dois déjà repartir beaucoup plus au Nord, direction Chicoutimi.  Chicoutimi en amérindien ça veut dire « jusqu’où c’est profond », c’est aussi le titre d’un album des Wampas mais cela n’a rien à voir, d’ailleurs l’endroit se nomme aujourd’hui « ville de Saguenay ». Personnellement, je préfère dire « Chicoutimi ».  Je découvre une première fois la ville lors d’un tournage d’émission pour Canal+ à l’occasion d’un festival de court-métrage : pas le temps de s’attarder mais tout de même de quoi se geler les doigts de pied, s’embourber dans le “slush” en chien de traineau, faire de belles rencontres et notamment discuter, au hasard d’un verre, d’un hypothétique projet de comédie musicale pour enfant avec un clown nommé Atchoum.  De prime abord cela peut faire sourire, mais six mois plus tard me voici de retour pour le début du tournage : parce qu’ils sont comme ça les Québécois, spontanés et efficaces... Une petite halte à Montréal et me voici sur la route de Chicoutimi, le pays est grand, la route est longue et rectiligne, j’aperçois un panneau
« St Nazaire », j’ai dû me tromper de route. On s’arrête au « Madrid », motel et aire d’autoroute incontournable, lieu surréaliste entouré de 4x4 à roues géantes et de dinosaures en carton pâte, on y croise fréquemment Normand L’Amour, sorte de Charlie Oleg québéquois, auteur de plus de 1500 chansons inspirées par l’amour et la foi et qui vend ses CD et K7 D.I.Y à l’arrière de son char.  Sur place, une de mes surprises a été d’entendre plus d’une fois des expressions familières dont ma grand-mère, qui parlait un patois vendéen fleuri et décomplexé, avait le secret : chicaner (se taquiner), rôti (tartines grillées), etc. Rien de tel pour se sentir à la maison !  La production commence. Ce que j’en retiens : des rencontres, la possibilité de la démerde. En France, on prendrait un an ou deux avant de faire un film comme celui-ci, tandis qu’ici, même si on a pas les sous, on se débrouille, au pire on fait chauffer la carte de crédit, mais on fait le film. C’est d’ailleurs étonnant : parler business et gros sous n’est pas tabou et en même temps je constate une ouverture d’esprit, de la générosité et de l’entraide. Une manière de voir qui chez nous serait plutôt perçue comme antinomique.  En plein repérage, je découvre des zone résidentielles qui me donnent l’impression d’être dans un film américain. Pas de doute : même si on parle patois vendéen et que St Nazaire n’est pas très loin, les États-Unis non plus... Dans le même temps je croise par hasard Nicole, qui n’avouera pas son âge mais doit avoir le même que ma grand-mère. Nicole possède une Harley qu’elle conduit allègrement sur les routes du Canada ou des États-Unis accompagnée par son « chum ». Je l’embauche immédiatement comme comédienne. Plus tard, je découvrirai le « village de la sécurité », un autre endroit improbable, qui, malgré son nom, n’est pas envahi de caméras mais s’avère être une sorte de parc d’attractions où on apprend à conduire, fait de minuscules routes et bâtiments, un lieu riquiqui, idéal pour un tournage clownesque.  Le temps passe et je me surprends à prendre l’accent québécois ; les natifs ne s’y trompent pas mais tous les touristes de mon genre subissent la même mutation.  Nous devons tourner une scène avec des policiers, pour rigoler je propose de prendre de vrais policiers afin que cela nous coûte moins cher en costumes : on me répond que cela doit pouvoir se faire. Le jour venu, les policiers sont présents, jouant le jeu et venus à deux voitures pour que je puisse choisir entre le modèle récent ou le plus ancien... Un truc totalement impossible en France. Plus tard, lors d’un tournage de scène, sauvage et sans autorisation, un autre policier de passage nous propose de bloquer le carrefour afin que nous puissions tourner...  Entre deux prises, j’aurais l’occasion de découvrir une maison dans un musée, celle du Facteur Cheval local : Arthur Villeneuve, barbier devenu peintre, qui a décoré son logis façon « j’en mets partout », étonnant...  Et puis c’est déjà l’heure de rentrer. En France impossible de vendre le film : manque d’insistance de ma part, décalage culturel ou navet coloré ? En tout cas au Québec le film se vendra très bien, jusqu’à devenir DVD d’or. C’est déjà ça !  Plus que des rencontres, plus que des images, je garde le souvenir d’une ambiance chaleureuse et généreuse, une très forte envie de revenir et la bizarre sensation qu’un bout de mes racines se trouve par ici.









© Charlie Mars & Adrien Sorin


Montréal… c'est royal !

« Je reviendrai à Montréal… » La mélodie date un peu
mais la ville a de quoi faire rêver. La plus grande métropole francophone au monde (après Paris) est à la fois familière et surprenante. On y parle notre langue mais c’est une métropole… américaine. S’y côtoient le vieux Montréal et ses images de cartes postales et le Montréal du XXIe siècle.

Y aller

D’un coup d’aile, ou presque, on se retrouve (7h30 plus tard)
à Montréal-Trudeau. Les vols transatlantiques au départ
de Nantes ne sont pas si nombreux… Avec Air Transat,
il vous en coûtera, selon les périodes, entre 500 et 800 euros.
567 précisément pour profiter, par exemple, de l’été indien
avec un départ le 27 septembre.

S’y loger

Se loger (à partir d’une soixantaine d’euros en chambre double) ne tient pas de la mission impossible. Montréal n’étant pas Paris, on trouve des hôtels très convenables… rue Saint-Denis ! Comme l’hôtel Viger. Comptez un peu plus pour le Manoir Ambrose, un bâtiment victorien du XIXe, non loin du Mont-Royal, du Musée des beaux-arts et de la rue Saint-Catherine
(voir circuit Kostar).

Circuit Kostar

Si on commençait par prendre un verre aux Foufounes électriques. Rue Sainte-Catherine, le bar mythique de la culture underground (depuis 1983 !) continue de programmer une musique électrique, éclectique et branchée. La rue Sainte-Catherine – plus de 10 kilomètres ! – est la plus longue artère commerciale du Canada. On peut s’arrêter place des Arts, un vaste centre culturel, ou au Musée d’art contemporain. La rue Sainte-Catherine traverse le campus universitaire et peut être fermée lors d’événements exceptionnels comme, en juillet, le Festival international de jazz. Stevie Wonder y a joué, en 2009, sur la nouvelle place des festivals ! Autre rendez-vous, les Francofolies. C’est en juin. À Montréal, il y a aussi une ville sous la ville (pour faire ses courses au chaud en hiver) avec plus de 30 kilomètres de couloirs souterrains. On y trouve des centres commerciaux, des cinémas, des stations de métro… De la Christ Church – qui côtoie la tour KPMG – au stade olympique de 1976, en passant par le biodôme, Montréal est une invitation au voyage. Et le Mont-Royal continue d’offrir aux promeneurs le plus beau panorama sur la ville.