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David Gauchard, metteur
en scène de la compagnie L’Unijambiste, convoque dans son travail aussi bien la culture geek, Spielberg, le punk, que Shakespeare à qui il a consacré une trilogie. Pour Kostar, le Rennais traverse l’Atlantique et fait escale à Montréal en expliquant en préambule, les cinq raisons de ses visites là-bas. 

Tel Erasme, le voyageur en pleine Renaissance, c’est en 2004 à l’initiative humaniste de l’OFQJ (Organisme Franco-Québécois pour la Jeunesse) que je pars dans le cadre de ma formation à la mise en scène voir mes cousins d’Amérique pour la première fois. Ma mission : participer au festival Trans Amérique, rencontrer des auteurs francophones, créer des contacts…  En 2006, piqué par l’envie d’y retourner, j’anime pour le Théâtre de la Renaissance à Lyon (Erasme encore !), un atelier composé d’une douzaine d’ados avec à la clé un échange culturel avec Montréal. Nous vendons des gâteaux à la récréation du lycée pendant un an et me voici de nouveau au FTA…  C’est en 2008, dans le cadre du festival des Francophonies en Limousin (j’ai habité dix ans à Limoges avant d’habiter aujourd’hui à Rennes) que je rencontre la jeune auteure québécoise Marcelle Dubois (ça ne s’invente pas), qui m’invite à participer à la 8e édition du festival du Jamais Lu à Montréal au printemps 2009. Le principe : lire un texte qui jamais n’a été lu. Je dis ok, mais si j’embarque avec moi mon gang, à savoir L’Unijambiste : Emmanuelle Hiron, Nicolas Petisoff, Robert Le Magnifique.  Deux ans plus tard, pour les dix ans du Jamais Lu, L’Unijambiste est de nouveau invité (Emmanuelle Hiron, Arm, Agathe Jeanneau, Pierre Ménasché), mais l’envie de jouer est trop forte et l’on ne propose pas, cette fois-ci, une simple lecture mais quasi un spectacle… Au retour, on se dit que la prochaine fois on reviendra à Montréal avec une de nos créations…  Et (magique !) Marcelle Dubois, devenue maman et co-directrice du Théâtre des Écuries, nous invite en janvier prochain à jouer Richard III de Shakespeare pour cinq représentations à Montréal…  Il y a des villes qui collent comme un slow de Scorpion.  Je pars sur Québec Air et je me pose en plein plateau Mont Royal. Je prends une chambre au 9 ½ et je sors faire la chasse aux écureuils avec ma fille au pied de la montagne, ensuite “grimpette” jusqu’à la Croix érigée en hommage à Maisonneuve (fondateur de Montréal) et là on respire, on admire la ville, et l’on se dit que l’on a de la chance d’être là, il fait super beau, c’est dimanche…  Montréal : you can kiss me.  On redescend “sport” à travers la forêt, et l’on s’arrête un moment danser aux rythmes des djembés dans l’odeur des “herbes chaudes”, on passe ensuite prendre un hamburger chez Patati Patata avant de rejoindre un temps l’auberge qui nous accueille.  Le plateau, c’est, comment dire, c’est la coolitude.  Ton banquier a une chemise à carreaux (canadienne donc !), de la barbe, un jeans, une tonne de tatouages sur les bras, une boucle d’oreille, un ou deux piercings, il va chercher ses enfants à la sortie de l’école, s’arrête au skate parc un moment, achète quelques Boréale en rentrant (de la vraie bière, pas du Canada dry), gare son vélo (Bixi, sorte de Vélib), invite les potes et prépare le barbecue en terrasse !  Des allées larges, des arbres en fleurs, des maisons multicolores avec escalier extérieur au premier étage (on devine qu’ici, l’indien coupe du bois et que l’hiver sera rude), l’arrière des rues accueille les plus beaux tags au monde… C’est calme ; il est d’ailleurs commun de croiser un mec assis sur une chaise en pleine rue qui joue tranquillement de la guitare pour ses proches…  Même si les Foufounes électriques semblent avoir perdu de leur superbe, on sent qu’ici, l’on peut aisément écouter du bon son accoudé à un bar. Boire un verre au Patros Vys par exemple.  Robert Le Magnifique a joué là-bas en 2009, Arm en 2011, et bientôt Olivier Mellano qui sait ?  Finir sa soirée autour d’une Poutine à La Banquise sur Rachel ou chez Le Fameux à l’angle de Mont Royal et Saint Denis… après un concert de Godspeed You ! Black Emperor.  Puis, commencer une nouvelle journée dans un typique fast-food à l’effigie de Céline Dion où, à l’anglaise, le Mr Bean s’invite dans la sauce tomate au petit-déj, mais enroué par un froid de caribou on le soigne vite au sirop d’érable. On troque aisément son croissant du dimanche pour un bagel au bleuet de chez Fairmount ou de chez St-Viateur. Il faut bien se caler car aujourd’hui c’est visite du biodôme, papillonnage à l’insectarium avant une grosse opération friperies et disquaires entre midi et deux.  Dans l’après-midi, on passe (gourmand) manger un sandwich au délicatessen du coin.  Chez Schwartz’s, il n’est pas rare de se retrouver assis en face de Léonard Cohen en se demandant bien, « où est-ce que j’ai déjà vu ce mec, sa tête me dit quelque chose ? »  Ensuite, tatouage par Yann Black avant de rejoindre Manou et Agathe qui assistent, elles, à une rencontre de Roller Derby dans un hangar hors zone. Rien à voir avec l’euphorie d’une ville à fond derrière son équipe de hockey mais le show est là et le “Roller outre-atlantique” est en avance sur celui pratiqué en France aujourd’hui malgré l’essor qu’il connaît en ce moment …  Et pour finir la soirée, je fonce dans une salle de spectacle : le Théâtre des 2 mondes, le 4 sous, L’usine C, la Chapelle, Les Écuries, Robert Lepage, Denis Marleau, Dave St-Pierre, Michel Tremblay, Wajdi Mouawad, Évelyne de la Chenelière… Sans oublier le fameux Cirque du Soleil…  Ici la langue est belle même rebelle, vivante car elle résiste fort à l’anglais qui la cerne.  Beaucoup de Français tentent l’aventure, une année sabbatique ou deux et pourquoi pas une carte de résident permanent avant de jurer fidélité et sincère allégeance à la Reine Elisabeth II.  Montréal : aujourd’hui ma Villégiature, demain qui sait, un Eldorado…







Please Kill Me, part two
David Gauchard poursuit son autopsie de la bible Please Kill Me : l’histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs. Pour ce deuxième chapitre, le Rennais met en scène une lecture dans laquelle on croise le Velvet, les Stooges, Patti Smith ou encore les Ramones. Bienvenue dans un monde de bruit et de fureur. Bienvenue au pays du punk-rock américain !
Le 20 décembre, le Théâtre, Saint-Nazaire.www.letheatre-saintnazaire.fr

 


Dans un grand Boeing bleu de mer...

Francophone, certes, mais nord-américaine, Montréal est à la fois une ville d’ici -– on peut vite s’y sentir chez soi – et une ville ailleurs… Le New York Times l’a classée, l’an dernier, parmi les dix premières capitales branchées au monde. Si on y ajoute que 70% des habitants s’y déplacent sans voiture, on peut aller y prendre un bol d’air dans un grand Boeing bleu de mer.

Y aller

Vols directs au départ de Nantes avec Air Transat, de mai à octobre en 7 heures de vol. Au départ de Charles de Gaulle, tout au long de l’année, on trouve des vols sur cette même compagnie aux environs de 500€ aller-retour.

S’y loger

Le Plateau et Mile End sont les quartiers branchés de Montréal. Moins chers que la vieille ville ou le vieux port mais tout de même… Beaucoup de solutions B&B, comme Le Gîte Ocoin près du métro Frontenac. Pas mal d’hôtels abordables dans le quartier de Ville Marie comme L’appartement Hôtel où l’on trouve un studio pour deux à 80€/nuit et à peine plus chère,
une suite familiale.

Circuit Kostar

Capitale de la mode (Denis Gagnon continue de créer l’émeute à chacune de ses collections), Montréal est aussi une grande ville d’art contemporain. C’est d’ailleurs L’Arsenal, le tout nouveau complexe d’art contemporain (dans Griffintown !) qui accueille… la Semaine de la mode. Situé sur le site d’anciens chantiers navals, L’Arsenal vaut à lui seul un détour.
À voir aussi le Musée d’art contemporain face à la Place des Festivals. Quant au Centre international d’art contemporain, il organise la célèbre biennale de Montréal (prochaine édition, au printemps prochain). Pour souffler et prendre une mousse, rendez-vous à la brasserie Dieu du ciel (29 Laurier ouest), où on a le choix entre La Fumisterie, La Païenne et bien d’autres, ou aux 3 brasseurs (1660 Saint-Denis) et son ambiance bistrot.  Pour la musique, Les Foufounes électriques restent incontournables depuis plus de 20 ans : des concerts mythiques punk/hardcore/alternative.  Au petit matin, il y a L’Avenue (922 Mont-Royal est) et ses brunchs copieux et imbattables, ou la terrasse, en été, du Na Brasa (121 avenue Duluth) pour des formules “lendemain de la veille” ou… “l’indécis”.