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On connaissait Laura Berg
la photographe. Aujourd’hui,
la Nantaise sort son premier roman chez Naïve livres : Second portrait d’Irena. Pour Kostar, la jeune femme nous propose de marcher dans les pas de Darius et de traverser Varsovie.

Darius, jeune photographe polonais en exil volontaire à Paris, se voit rappeler à Poznan qu’il a fui. Revenir pour boucler la boucle, tel un somnambule il avance, au milieu des siens qu’il ne reconnaît plus. Ce sera l’occasion pour lui de renouer avec son amour de jeunesse, Irena, et de se confronter brutalement à ce qu’il a fui.  Dans cet extrait, Darius, tout juste arrivé en Pologne, traverse Varsovie.  « À dix-sept ans, j'avais déjà emprunté ce chemin. Le communisme venait de tomber et les rues se réveillaient. Un papillon disgracieux sortait du béton, c'était le début du commerce libre. Des marchands dépliaient leurs baraques métalliques pour la journée et proposaient des foulards, des cahiers, des fruits, du chocolat. Tout ce dont nous avions manqué pendant des années. C'était au mois de mars, et je tenais Irena par la taille. Nous marchions sans suivre d'itinéraire, évitant les tramways qui déboulaient à toute vitesse d'un petit saut sur le côté.  Le premier Mac Donald venait d'ouvrir. Il y avait le goût neuf de l'Amérique, le rock'n'roll et le rap qui débarquaient en même temps sur nos radios, et puis l'Église, de plus en plus puissante, les discours nationalistes. À l'époque, tout cela me semblait sans conséquences. Je vivais dans une famille aisée, libre. J'aimais, je jouissais sans éprouver de regrets, je photographiais cette agitation, ne retenant que le souffle qui balayait ces années lugubres ; les lumières des rues, les échoppes fumantes, et Irena étendue sur les banquettes rouges du cinéma Muranow.  C'était la première fois qu'elle visitait Varsovie, elle voulait goûter tout ce qu'elle n'avait jamais mangé. Elle commandait sans frémir des parts de gâteau recouvertes de grosses tranches de gelée. Du dos de la cuiller, elle cherchait les morceaux de fruits emprisonnés ; elle me tendait des éclats de framboise et de pêche que j'avalais sans mâcher. Elle se régalait de cèpes en bocaux, de poulet grillé, de crème au sureau et du jus des cornichons ; j'attendais qu'elle termine son repas en buvant ce café épais qui ne finissait jamais tout à fait de décanter, le seul que nous trouvions alors.  Rien, à l'époque, n'annonçait que je quitterais la Pologne, que je déposerais Irena dans une gare routière et que je continuerais ma vie sans elle. Elle avait seize ans, elle tenait ma main dans les rues de la capitale et pendant quelques jours encore, l'air serait doux pour la saison. »







© Laura Berg



 



Le miracle polonais

La ville serait née, dit-on, des amours entre un pêcheur de la Vistule et une sirène… Une chose est sûre par contre : difficile d’imaginer, en parcourant la ville, qu’elle a été détruite
à plus de 80 % pendant la Seconde Guerre mondiale : la “vieille ville”, dont il ne restait rien, a été reconstruite à l’identique !

Y aller

En avion au départ de Paris, l'aller-retour est à partir de 200€, selon la période. On propose même une formule avec quatre nuits d’hôtel pour un peu plus de 400€/personne. La route (1 500 km tout de même) peut permettre des étapes à Cologne et, pourquoi pas, Berlin.

S'y loger

Varsovie compte de nombreux hôtels (et B&B) qui proposent des chambres pour 50-80€/nuit. Comme le Between us, proche du métro Centrum. Choisir un établissement dans le centre évite de trop longs trajets en transports en commun. On peut aussi opter pour le Polonia Palace, proche du Palais de la culture, ou le Bristol, imposante pâtisserie néo-renaissance : nettement plus cher mais sympa pour prendre un verre au bar ou grignoter en terrasse, l’été.

Circuit Kostar

Tramway, bus et métro… Vous aurez l’embarras du choix. Reste qu’il fait bon flâner à pied dans les rues de la “vieille ville”, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, avec ses maisons colorées, l’église Sainte-Croix (dont l’un des piliers contient le cœur de Frédéric Chopin !) et le Palais présidentiel. On la gagne en traversant le quartier de l’université.  Impossible de manquer le Palais des sciences et de la culture, impressionnant bâtiment du plus pur style soviétique de 42 étages. Pour info, ce fut un cadeau de Staline au peuple polonais ! Sauf que le palais abrite aujourd’hui galerie commerciale et complexe ciné.  Varsovie garde quelques traces des horreurs de la guerre. De l’ancien ghetto, il ne reste plus grand chose. Un monument aux succombés et exécutés ainsi qu’un musée témoignent de ce passé. La ville de Chopin compte un important réseau de salles de concerts dont la Filharmonia et de musées dont le Musée national qui accueille aussi des expos temporaires d’art contemporain.  Les étudiants, les artistes et une clientèle branchée se croisent dans les bars des rues Nowy Swiat et Foksal. Et pour une nuit électro, direction le 1 500 m2, pas très loin du Musée national. Et puisqu’il est difficile de parler de Varsovie sans prendre un verre de vodka, on peut visiter la Kosener Vodka Distillery Factory, abritée dans un bâtiment XIXe. Na zdrowie !