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P.P.P., L’Après-midi d’un Foehn, Vortex… Le succès de la Nantaise Phia Ménard est tel qu’elle n’en finit plus de faire le tour du monde avec ses spectacles. On la retrouvera ensuite avec la création de Belle d’Hier, dans le nouveau cycle des Pièces de la vapeur et de l’eau. Pour Kostar, elle nous offre une ballade à Rio, ville qu’elle apprécie particulièrement.

Sarava, Rio !  Les courbes, rien que des courbes. Pão de Açúcar, Dois Irmãos, Pedra da Gávea… des “moros” à perte de vue. Rio de Janeiro est un corps de femme allongé sur le tropique. Ses rondeurs sont visibles depuis l’océan. Ce sont sans doute ces formes qui ont attiré les premiers marins à s’aventurer dans la Baia de Guanabara. Ici s’est construite la Cidade Maravilhosa dominée de son célèbre Christ rédempteur.  J’ai gardé le souvenir d’un poster d’Air France qui ornait ma chambre d’enfant. Dessus, des lignes tracées en jaune traversaient les océans bleus et les continents. Une des plus longues était celle reliant Paris à Rio de Janeiro en Concorde. Des souvenirs mélangés de Bebel dans L’Homme de Rio parcourant la ville-jungle à la recherche de sa douce, sur fond de percussions et des bossa de Stan Getz et Joao Gilberto, en passant par les images furtives au journal de 20 heures du Sambodrome explosant de couleurs… Cette ville-port fut très tôt un Eldorado pour mon imaginaire de jeune Nantaise de la Navale.  C’est en 1996, je franchis les portes du Brésil pour une tournée de plusieurs villes. La dernière étape, c’est elle. À l’Hôtel Novo Mundo sur l’aterro de Flamengo, dans cette chambre à balcon avec vue imprenable sur le Pão de Açúcar, je suis émue par ce face-à-face avec la baie. L’atmosphère qui se dégage de cette cité m’envoûte immédiatement. La langue m’hypnotise, je veux m’y fondre… Ce jour-là, je sus que Rio m’invitait à rester, à savourer sa jungle urbaine défiant la jungle véritable. Qui des collines de favelas qui s’accrochent à la pierre ou de la flore contorsionniste l’emportera ? Nul ne le sait, c’est l’ADN du carioca qui le veut. Son sang est un mélange du vert des arbres, du jaune de ses sables et du bleu des lames qui déferlent sur Ipanema.  Dès lors, je n’ai cessé d’arpenter ces quartiers avec l’envie que ma peau se gorge de cette énergie. À chaque heure, des rencontres singulières, toujours bienveillantes malgré la violence réelle d’un possible assalto ou d’une bala perdida de la polícia militar. Rio se vit sans panique, mais toujours à l’écoute de ses habitants. Entre les extrêmement pauvres et les ultra riches, seulement quelques mètres et souvent des barbelés, mais un même désir : profiter de la magie des lieux.  Non loin de là, c’est la reine Iemanja qui veille. Copacabana est sa plage, celle où chaque 31 décembre, vêtus de blanc, ces mondes se retrouvent apaisés pour le rituel : offrandes + 7 petits sauts au dessus de 7 petites vagues, sous les feux d’artifices et d’étoiles au son des sambistas.  Au bobo qui préfère se retrouver au Posto 11 de la Praia de Leblon, la plage de Leme est celle de tous. Loueurs de parasol, de chaises-longues et camelots divers invitent à pratiquer la religion païenne : offrir son corps au sable brûlant en tournant le dos aux façades pour s’offrir l’horizon jusqu’au moment solennel de l’ultime rayon… À la nuit, j’ai choisi mon endroit, c’est Praia Vermelha. Une crique discrète au pied du Morro da Urca et du Forte de Leme. À la terrasse du Clube Militar, je lui suis fidèle, comme les pêcheurs aux flotteurs phosphorescents à l’obscurité. Nous buvons.  Avenida Atlantica, il est temps de s’assoir à la Fiorentina pour savourer les embruns et une pizza Miguel Falabella ou du nom de la dernière actrice de la Novela da Globo de 20h. N’imaginez pas le silence, vous venez d’entrer dans l’effervescence du monstre de l’Avenida Nossa Senhora da Copacabana, savourez les décibels des combis et ônibus qui foncent et ramassent, à la vitesse d’un changement de pneu d’une équipe de formule 1, les habitants du Centro et de la Zona Norte en direction de Central do Brasil ou de la Rodoviária, et de là les autobus pour le reste du pays…  Praça da Carioca est mon centre à moi, un trou d’air au milieu des tours au pied de la romantique Santa Teresa et ses maisons de charme, c’est à cet endroit que les couleurs de peau se croisent, soixante-dix, dit-on ici. Deux rues plus loin, je suis au Saara. Ce marché, qui donne sur la rua Uruguaiana, est la réserve aux paillettes et aux plumes d’autruches colorées, qui feront les armes du Carnaval. Rua Buenos Aires, j’ai mes habitudes, j’arpente Caçula la boutique de tous les possibles, pourvu que cela brille, et fais une pause à la Cafetaria Colombo, pour déguster ses Pastéis de Belém et plonger dans le Rio des années 20.  Avec le Bus 184, je remonte en direction de Cosme Velho, défilé des vendeurs ambulants de la rua do Catete, pour atteindre la rua das Laranjeiras. Arrêt rua General Glicério, c’est là que chaque samedi matin se tient le petit marché aux fruits et légumes du quartier. C’est mon brunch préféré, fait de la galette de manioc recouverte de noix de coco et de l’água de côco au son du Bloco local…  Saudades do Rio !



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Futebol et Seleçáo

Un festival, la samba, Copacabana et… le sport. Dans un monde qui fait la part belle à la mythologie, le Brésil, c’est Ayrton Senna et “le roi Pelé”, Ronaldo et Kuerten. Ou encore Bob Burnquist. Mais on peut ne pas en rester aux vignettes Panini. Rio est, plus qu’une autre, une ville plurielle qu’il faut prendre le temps d’appréhender.

Y aller

De préférence une année “sans”, sans Coupe du monde de foot (2014) et sans Jeux Olympiques (2016). La TAP, via Lisbonne, propose les tarifs les plus avantageux mais le vol peut être long. De 600 à 1000 € l’AR. Plus confortable, le vol Air France.

S'y loger

Les années de forte croissance ont laissé des traces. Les hôtels bien situés sont chers. On peut néanmoins trouver du côté de Praia do Flamengo, des chambres pour 60/80 e/nuit. Tenir compte de la proximité d’une station de métro, celle de Largo do Machado est intéressante. L'Hôtel 1900 peut être un bon compromis. Sans surprise, l’addition atteint des sommets du côté de Copacabana.

Circuit Kostar

Ceux qui auront raté “le” mundial pourront aller faire un tour du côté de Maracanã. Les tribunes peuvent accueillir plus de 100.000 personnes et une agence propose d’assister à un match en loge vip et climatisation pour… à peine 100 €  ! On peut donc s’en passer. Rayons cartes postales, Rio, c’est aussi le Pain de sucre, le Corcovado et le Cristro Redentor et les plages de Copacabana ou Ipanema. Sauf que le développement de cette mégalopole a aussi ses revers : certaines plages sur la baie de Guanabara sont notoirement polluées.  À voir le quartier populaire, devenu branché, de Santa Teresa avec son vieux tramway bringuebalant, la rudo do Ouvidor, l’une des plus anciennes de la ville avec ses boutiques et ses restaurants… et puis, on oublie le caméscope et on plonge au cœur d’une favella. De nombreuses ONG proposent ce genre de visite qui peut permettre d’entrer dans une école de samba, à Mangueira ou Vila Isabel.  Malgré ce qui peut être dit sur la criminalité (bien réelle) et la violence – on a “nettoyé” sans ménagement certains quartiers pour le Mundial –, Rio est une ville à vivre. Il faut se laisser gagner par son climat, prendre le temps de déguster une caipirinha ou un suco de laranja dans un bar, et dîner d’une viande grillée dans l’un des churrasqueiros a rodizio du quartier. Le soir, place à la musique ou à la danse. Carnaval ou pas, Rio sait faire la fête.