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Né en 1986 face au Golden gate à San Francisco, le Burning Man se déroule aujourd’hui dans le désert du Black Rock au Nevada. Et chaque année, fin août, début septembre, une ville éphémère voit le jour. Cet été, le photographe nantais Thomas Langouet, bourlingueur devant l’éternel, s’est invité à cette liesse indescriptible. Pour Kostar, cet habitué des festivals (Astropolis, Primavera, Sziget…) revient sur son premier Burn.

Il est plus que difficile de mettre des mots sur le Burning man tant que l’on n’a pas foulé le désert du Nevada de ses propres pieds.  Une boule au ventre s’installe en approchant des portes d’entrée du festival. L’excitation monte crescendo, un rictus niais au coin des lèvres. Un rêve d’enfant qui se concrétise là, maintenant. Branché sur la radio de Black Rock City, entre informations, météo et conneries débitées à l’antenne, on réalise les dernières centaines de mètres à 5 milles par heure en soulevant un léger nuage de poussière dans notre sillage. L’attente est interminable. Pourtant, le temps a déjà cessé d’exister dans cette ville éphémère en plein milieu du Nevada. J’ai l’impression d’avoir 12 ans un 24 décembre. Une fois passées les portes, on gare notre camping-car dans notre camp, les Music Savages. Situé à 9 heures “Isfahan” sur la carte, il permet de profiter d’une scène chill out en écoutant des sets, comme celui de Jamie Jones, en scotchant dans des lits et des hamacs. Sympa pour se remettre de la veille. Il est ensuite temps de faire de son vélo, le plus beau des vélos. L'illuminer de ses plus belles leds, de scotch zèbre et boas, pour éviter de se manger quelqu’un tous les 20 mètres de nuit et aussi le retrouver plus facilement au milieu de 300 de ses copains au petit matin. Ce qui arrivera inévitablement si on fait les choses bien.  Le site est immense. Vraiment immense. C’est hallucinant. On se demande comment il est possible d’organiser un truc pareil. Je réalise qu’on va passer une semaine complète dans un endroit dépassant l’entendement... Plus d’argent, plus de téléphone, simplement de l’échange et 70 000 copains pour faire la fête dans un désert à perte de vue.  On est libre de tout. Plus de règles, de normes, de limites ou d’interdits. On se laisse aller doucement. Se perdre pour mieux se retrouver. Dans le désert, les rencontres sont fortes. Même plus que cela ! Les regards sont intenses. Les sourires et les larmes viennent rapidement, tellement je me sens à fleur de peau. Ici, il y a quelque chose de magnétique. Lorsqu’on me demande ce que je ressens en tant que “Virgin Burner”, je dévoile mes mains qui tremblent. On me répond que c’est normal tout en me faisant un gros câlin.  Je perds mes repères. Le son à 360° sur plusieurs kilomètres autour de moi, je me prends une énorme claque sur un set de 6 heures de Guy Gerber avec le soleil qui se lève à l’horizon, passe devant une scène dont le Dj Booth est un cockpit de Boeing, 20 mètres de Funktion One de part et d’autre. Un type tape du pied, seul, dans le sable. Je croise quelqu’un à poil sur son vélo me souhaitant un chaleureux “happy morning” pendant que, derrière lui, des types font un marathon en plein cagnard. J’invite une jolie brune à faire une promenade dans un Art car en forme de lune. On aperçoit la structure du Man au loin. Un trois-mâts de 15 mètres de long passe devant moi en balançant de la techno en glissant sur le sable. Un autre véhicule sorti de l'imaginaire d'un type fan de Priscilla, folle du désert glisse devant moi et s’arrête. Les passagers me crient de grimper. Je m’exécute. Un gros câlin de bienvenue sur un pur morceau de funk et on repart dans une autre direction.  Tellement d'expériences à vivre, d’œuvres d'art époustouflantes plantées en plein milieu de rien, de rencontres déstabilisantes. Et finalement, ce dernier souvenir de cette foule de regards dirigés vers le temple enflammé, synonyme que cette utopie prend finalement fin…  Vivement l'année prochaine.







www.thomaslangouet.com



 



Include yourself,
include others

Se rendre au Burning Man, c’est aller au milieu de nulle part. Et vivre une semaine hors du temps. Une ville éphémère loin de toute habitation et de voisins grognons, allergiques à tout autre son que le ronron des voitures ou les cloches de l’église du dimanche matin. Une semaine d’art, d’installations, de performances et bien sûr de musique en plein désert
de Black Rock, dans le nord du Nevada. Une concentration de 70 000 personnes dans une ville éphémère dont il ne restera (presque) aucune trace à la fin du festival. L’édition 2015 se déroulera du 31 août au 7 septembre.

Y aller

C’est un peu le parcours du combattant car l’avion ne suffit pas ! Depuis Paris, direction San Francisco. Là, après un séjour et une photo du Golden Gate, direction Reno ou Salt Lake City. Ensuite c’est en voiture, ou en camping car qu’il faudra rejoindre Burning Man.  Il serait évidemment dommage de ne pas profiter de ce (long) vol transatlantique pour ne pas faire un tour dans les parcs nationaux voisins de l’Utah (Bryce Canyon, Monument Valley) ou de l’Arizona (Grand Canyon…) ou encore à Las Vegas où (qu’on se le dise !) Céline Dion est à l’affiche du Caesar Palace jusqu’en 2019 !

Y loger

Pas d’hôtel, ni de commerces sur le site du festival. C’est l’un des principes de ce rendez-vous. On dort donc dans un camping car, ou sous la tente mais on est tout de même en plein désert. Et les tempêtes de sable peuvent s’inviter à la fête.  La solution peut donc être de louer et de partager un camping car dont on aura fait le plein, en carburant et en victuailles. Car il n’y a pas plus de restaurants que d’hôtels à Burning Man. La seule vente autorisée est celle de la glace susceptible de conserver les vivres et la bière au frais.

S'y préparer

C’est une expérience et une expédition qui se préparent plusieurs mois à l’avance. Les billets sont en vente en ligne dès janvier (près de 250 dollars). Un site en français, indispensable pour tout savoir ou presque sur ce qui vous attend, permet de comprendre la philosophie de ce rendez-vous.
http://www.frenchburners.org.