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Abel Chéret, full sentimental



Texte / Matthieu Chauveau * Photo / Marie-Pierre Durand Publié dans le magazine Kostar n°80 - avril-juin 2022


Entre Les Sables-d’Olonne et Paris, Abel Chéret compose des ritournelles amoureuses de chanson comme d’une pop plus moderne. Dont de plus en plus de monde tombe amoureux.


« Encore une histoire d’amour ultra cheloue ? » Telle est la remarque d’une amie d’Abel Chéret quand celui-ci lui soumet, comme il en a pris l’habitude, le premier jet de ses nouvelles chansons en 2019. Banco. Le titre du deuxième EP du chanteur (le premier est renié), qui partage son temps entre ses Sables-d’Olonne natals et Paris, est tout trouvé. Une collection de 5 titres dont l’artiste n’est pas mécontent et qui le motive à démarcher au culot tourneurs et labels. Banco n°2. Amour Ultra Chelou tape dans l’oreille d’une bookeuse qui lui dit qu’une artiste dont elle s’occupe a « kiffé ». Son nom ? Vanessa Paradis. Voici donc Abel, 35 ans passés et un CV riche surtout en petits boulots (de pion en collège à balayeur sur le port des Sables), propulsé au Paradis du showbiz pour des premières parties dans un Olympia bien rempli. Peu de temps après, banco n°3. France Inter tombe aussi sous le charme de cet artiste qui chante L’Amour Saignant avec l’irrésistible (fausse) légèreté d’un Souchon. « Deux de mes titres se sont retrouvés en playlist Inter, une petite consécration pour moi qui me reconnaît totalement dans la nouvelle scène défendue par la radio. » Flavien Berger, Malik Djoudi ou Jacques sont des noms qu’Abel cite facilement en référence (quand on lui demande d’outrepasser Gainsbourg, Higelin et Souchon) et avec qui il partage un goût pour les machines plus que pour la guitare. « Les sons électroniques, j’y suis un peu venu sur le tard », confesse celui qui a débuté la musique ado, en autodidacte dans un groupe de ska festif comme la Vendée en commettait beaucoup au tournant du millénaire. « D’abord un peu par nécessité parce que c’est très pratique pour créer et jouer sans trop de matériel mais aujourd’hui, je collectionne les synthés ! » Ce son bien de son époque, il lui va comme un gant, comme le prouve son nouveau titre Space Trip, peut-être son meilleur (imaginez du Sébastien Tellier chanté par Alain Chamfort), enregistré avec l’excellent Ricky Hollywood et annonciateur d’un premier album à sortir à l’automne.