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Kostar leur va si bien

  • 26 mars
  • 12 min de lecture


Interviews / Matthieu Chauveau, Fabienne Ollivier, Léa Ruiz et Patrick Thibault * Photo / Emmanuelle Huynh © Valentin Folliet  Publié dans le magazine Kostar n°100 - avril-juin 2026


La rétro, c’est bien mais, chez Kostar, on n’aime pas trop la nostalgie. Pour sortir de la rétrospective, on a donc demandé à quelques artistes du territoire, liés à l’aventure du magazine, de se projeter. Kostar a 20 ans mais Kostar dans 20 ans ? Et plus largement, la culture, les tendances dans 20 ans ? Merci à elles et à eux, Kostar leur va si bien.



Jean Jullien

Ravi de pouvoir m’inscrire dans l’histoire d’un média aussi emblématique ”


© Jean Jullien pour Kostar
© Jean Jullien pour Kostar

Été 2012, Kostar se met sur son 31 avec un numéro spécial. Naturellement, on fait appel à Jean Jullien qu’on qualifie de « génial ». Ses dessins font un malheur et il vient de concevoir Le Nid, pour le sommet de la Tour de Bretagne à Nantes. « La force de Jean Jullien est dans la simplicité, l’épure, le rêve, et cette fascination pour la BD, le dessin animé, la publicité peinte, les livres pour enfant. » On lui consacre un portfolio avec ses illustrations sur Nantes. Il ajoute une création, l’affiche spéciale pour le n° 31 de Kostar. Depuis, la carrière de Jean Jullien s’est envolée. Le succès viral de son logo PeaceforParis, des expos dans le monde entier… Aujourd’hui, le Nantais devenu Parisien se dit « ravi de pouvoir s’inscrire dans l’histoire d’un média aussi emblématique de la dynamique culturelle nantaise. Je me revois conscient du tremplin que de telles plateformes offrent aux jeunes artistes. C’est important et plus concret que les réseaux. » Si on évoque Kostar dans 20 ans, il imagine qu’on parlera «de ce et ceux (parmi les créatifs) qui auront survécu à la déferlante IA. J’espère que le dessin et le papier continueront de faire partie du dialogue et échangeront avec l’écran et toutes les autres formes de création. »



Ionna Vautrin

Dans 20 ans, Kostar cherchera sûrement de nouvelles manières de se réinventer pour rester à la page ”


Ionna Vautrin © Michel Giesbrecht
Ionna Vautrin © Michel Giesbrecht

Kostar est né après que Ionna Vautrin ait quitté Nantes à la fin de ses études à l’École de Design. « Je n’ai découvert le magazine qu’à mon retour dans la région. Il a tout de suite attiré mon regard et m’a ouvert les yeux sur l’effervescence créative du territoire. » Depuis longtemps, la designeuse est partout. Nous lui consacrons un portfolio-rencontre en 2023. Peu après qu’elle ait remporté l’appel d’offres pour les 1500 chaises de la cathédrale Notre-Dame de Paris. « Elle devient presque une sculpture, cette petite chaise. J’aime l’idée qu’elle accueille le public, tout autant que le pratiquant, de façon chaleureuse. » On connaît bien sûr la célèbre lampe TGV de celle qui pense, de plus en plus, un design raisonné et prend de nouvelles directions. Malicieuse, elle nous dit : « Dans 20 ans, Kostar sera en plein dans sa fameuse crise de la quarantaine. Il se posera mille questions sur sa place dans le monde de la culture et des arts plastiques, et cherchera sûrement de nouvelles manières de se réinventer pour rester à la page. Quant à moi, j’aurai 66 ans… Je compte bien garder l’esprit assez ouvert pour le lire, le feuilleter, et me laisser surprendre par son ton acidulé, comme au premier jour ! »  



Lenparrot 

Kostar? Unréel soutien lors de moments clefs en tant qu'artiste. ”


Lenparrot © Gregg Bréhin
Lenparrot © Gregg Bréhin

Kostar et Lenparrot, c’est une longue histoire qui a même débuté avant la naissance du projet. Au début des années 2010, on suivait de très près Rhum for Pauline, le premier groupe de Romain Lallement (où officiait également un certain Thibaud Vanhooland, futur Voyou). Mieux, on peut dire que Kostar a (modestement) participé à la création de l’univers de Lenparrot. « C'est en découvrant la une de Kostar réalisée par À Deux Doigts que j'ai fait leur connaissance et débuté une collaboration graphique qui dure depuis plus de dix ans maintenant », nous confie le musicien. À sa sortie en 2014, le premier single Les Yeux en Cavale est un coup de cœur de la rédaction. Nous aimions alors ce « mélange inédit de R’n’B minimaliste dénudé jusqu’à l’os, et de chant haut perché et émotif, presque glam ». 6 ans plus tard, nous étions toujours aussi convaincus, allant jusqu’à l’inviter dans notre rubrique emblématique K de Kostar pour la sortie de son deuxième opus, A short album about Love. Et l’avenir ? Le Nantais prépare actuellement son 4e album et espère que « dans 20 ans, on s’informera toujours avec Kostar ! »  



Quinquis

“ La sensation d’avoir été ‘entendue’”

Quinquis © Claude Cabon
Quinquis © Claude Cabon

Kostar survole l’Ouest jusqu’à ses confins, jusqu'à l’île d’Ouessant où Quinquis a trouvé son point d’ancrage, un lieu propice pour s’inspirer de créatures légendaires. À quelques heures de la première partie de CocoRosie qu’elle doit assurer au MeM à Rennes, elle se souvient des mots de Kostar à son égard après les Trans Musicales« Simples, efficaces, droits, justes. Cela m’avait frappée. Il y avait du cœur et du corps, mais sans fioritures. Je me souviens du bonheur à cette lecture. J’avais la sensation d’avoir été “entendue”. La rencontre avait eu lieu. » Le sentiment est partagé sur cette belle rencontre avec cette figure de proue, déjà partie en tournée à la voile. « Kostar, ça a toujours été le magazine de référence, celui que l’on consulte quand on a besoin d’un guide », poursuit-elle. L’imaginer dans 20 ans ? « Un objet presque clandestin qui parlerait des quelques artistes qui auraient survécu à l’IA, des lieux de résistance artistique… Un concentré d’organique pour nous rappeler au vivant. Cela nous sauverait sans doute encore un peu. »  



Laurent Brethome

“ Pour moi, Kostar, c’est l’agora de notre région ”


Laurent Brethome © Christophe Martin pour Kostar N°28 / 2011
Laurent Brethome © Christophe Martin pour Kostar N°28 / 2011

On a tout de suite aimé l’énergie de Laurent Brethome et son appétit pour le théâtre. À la tête de la compagnie Le Menteur volontaire, le Vendéen s’intéresse aux écritures contemporaines sans oublier les classiques. Dans ses nombreuses mises en scène, il sait toujours allier exigence et adresse à un large public. Il fait son entrée dans le Kostar de novembre 2011. Nous avions organisé une séance photo au Quai à Angers : « Je posais sous une douche, entièrement habillé d’une chemise blanche. Un cliché frappant qui reste gravé comme un moment de complicité artistique forte avec le magazine. » Laurent Brethome a le sens de la formule : « Pour moi, Kostar, c’est l’agora de notre région, ce trait d’union essentiel qui fait “citoyenneté ensemble”, la boussole indispensable pour quiconque veut prendre le pouls de la création sur notre territoire. » En 2026, il mettra en scène Hernani de Victor Hugo. Et dans 20 ans ? « J’aurai 65 ans. Je serai à l’heure de la transmission, convaincu qu’un artiste a une “ date de péremption ” et qu’il faut savoir s’effacer pour laisser les nouvelles générations de créatrices et de créateurs dire le monde à leur tour. » Il imagine « un avenir lumineux où on se réjouirait de voir la culture replacée au cœur du projet politique ». Mais il redoute « un horizon sombre où les extrêmes auraient pris le pouvoir, transformant l’art en outil de propagande ». D’ici là, son vœu pour les vingt prochaines années est « que nous continuions à parier sur l’intelligence des spectatrices et des spectateurs, ainsi que sur la liberté absolue de celles et ceux qui montent sur les planches. »  



Lucie Solé

“ Le premier magazine qui m’a accordé une interview. Une vraie fierté. ”

Lucie Solé - photo extraite du clip 21st Century Love © DR
Lucie Solé - photo extraite du clip 21st Century Love © DR

Printemps 2023, Kostar ouvre les yeux sur une nouvelle découverte. À 21 ans, Lucie Solé vient de sortir son single 21 st Century Love, « un coup de maître », une perle rare envoûtante, le blues de la jeunesse d’une époque… « Kostar est le premier magazine qui m’a accordé une interview en tant qu’artiste émergente lors de ma première sortie d’EP ! C’était très important pour moi, une vraie fierté. » L’artiste, qui diffuse depuis son énergie R’n’B, pop, trap et funk un peu partout sur scène, voit le Kostar en grand : « C’est un pilier indispensable pour la culture locale et les artistes émergents ! C’est aussi une source d’infos précieuse, qui m’a valu de très belles découvertes. » Kostar ne s’intéresse pas seulement aux artistes qui bénéficient déjà d’un écho médiatique fort. Plus qu’une volonté, c’est un devoir envers les jeunes créateurs. À l’avenir ? « La culture et les tendances seront à mon avis (et surtout je l’espère) tournées vers une musique hybride, plus expérimentale et un mélange des styles ! »  



Aurélien Meyer / Atelier Blam

“ Les tendances passent… la culture demeure ”


Aurélien Meyer © Jean-Charles Queffelec
Aurélien Meyer © Jean-Charles Queffelec

Avec la création de la vasque des Jeux olympiques 2024 et de Zeus, le cheval courant sur la Seine, Atelier Blam est en pleine lumière. Depuis 2015, Aurélien Meyer déploie, depuis Nantes, un savoir-faire à la croisée du design et de l’architecture.


Kostar, ça représente quoi pour toi ?   

Un regard vivant et libre. Un endroit où la culture, les formes, les gestes et les intuitions se croisent. J’y vois une manière sensible de capter ce qui émerge, sans jamais figer les choses. Mais aussi beaucoup de qualité dans l’image et l’approche critique. 


Un souvenir lié à Kostar ?   

Je croise Kostar depuis vingt ans, depuis les Beaux-Arts. C’est un magazine qui fait partie de mon paysage, presque de mon horizon. Il a accompagné des années de formation, de regard, de construction sensible. Plus qu’un souvenir précis, c’est une présence familière, un repère discret qui traverse le temps.


Kostar dans 20 ans ? 

Je crois profondément que la culture et la créativité resteront les forces prédominantes, celles qui nous permettront de garder une profondeur, une liberté, une part d’élan dans un monde toujours plus mouvant. La culture est ce qui relie, ce qui éclaire, ce qui donne du sens. La créativité, elle, est une manière de résister à l’uniformisation, de faire surgir des formes nouvelles, des émotions nouvelles, des récits inattendus. Les tendances passent, elles dessinent des mouvements. Mais la culture demeure parce qu’elle touche à quelque chose de plus essentiel : notre façon d’habiter le monde, de le rêver, de le transformer. J’espère que dans vingt ans, Kostar sera attentif à ce qui émerge, à ce qui vibre, à ce qui compte vraiment. Vive la culture !  



Philippe Cognée

“ Dans 20 ans, il y aura toujours de grands écrivains, des musiciens et des peintres ”

© Philippe Cognée
© Philippe Cognée

Philippe Cognée est depuis longtemps une star de la peinture contemporaine. On l’a connu avant de créer Kostar. On suit son parcours avec enthousiasme et gourmandise. Depuis Nantes, et plus précisément Vertou, l’artiste rayonne à l’international. Son travail mêle peinture et cire chauffée. Une technique bien à lui pour un univers très personnel. On aime son atelier et cette odeur de cire qui enivre. Quand on évoque Kostar dans 20 ans, le magazine qu’il connaît depuis toujours, il dit espérer être toujours là et au travail. « La peinture, c’est un questionnement permanent dans la traversée d’une vie. Un éternel recommencement : on remet le compteur à zéro pour ne pas se répéter. » Dans les années 80, on pensait que la peinture disparaîtrait et « elle est largement de retour ». Philippe Cognée compare la peinture à l’écriture ou à la musique. « C’est une nécessité, on a besoin de ça. Dans 20 ans, il y aura toujours de grands écrivains, des musiciens et des peintres : plus les machines évolueront, plus le corps sera présent. » Alors on a pris rendez-vous.  



Dominique A

“ Dans 20 ans, Kostar célébrera le grand retour des arts ”


Dominique A © Richard Dumas
Dominique A © Richard Dumas

« Un bon magazine culturel que j’ai toujours plaisir à trouver dans les lieux où il est distribué. » Dominique A lit Kostar, et pas seulement quand il est à l’honneur dans nos pages. Ce fut plusieurs fois le cas en 20 ans, avec notamment trois longues interviews : pour la sortie de l’album La Musique dans le Kostar n° 15 ; pour la réédition du cultissime La Fossette dans le n° 30 (le chanteur nous livrait alors un scoop : qu’il envisageait de revenir sur Nantes) ; pour la sortie du beau doublé La Fragilité / Toute Latitude dans le n° 61. Pour le n° 100, quand on lui demande comment il voit l’avenir, on reconnaît bien la patte de celui qui chante aussi bien Les hauts quartiers de peine que Rendez-nous la lumière. « Dans 20 ans, après des temps d’obscurité, rêvons un peu. Kostar célébrera le grand retour des arts, dans un monde où les artistes ne seront plus considérés comme des parasites s’engraissant sur le dos du contribuable, mais comme les passeurs d’émotions qu’ils et elles aspirent à être. Ça sonne un peu cul-cul, mais tant pis. »  



Phia Ménard

“ Une revue dans le sens du témoignage ”


Phia Ménard © Louise Quignon
Phia Ménard © Louise Quignon

Depuis 20 ans, Phia Ménard crée des spectacles marquants. Kostar suit le parcours de l’artiste performeuse nantaise qui rayonne à l’international. Impossible de citer tous les numéros où elle est présente.


Kostar, ça représente quoi pour toi ?   

Une revue sur la vie culturelle d’une ville, d’une région… Une revue dans le sens du témoignage de l’espace, du temps, de l'effervescence culturelle.


Un souvenir lié à Kostar ?   

Je vais dire une contribution qui me fut demandée pour parler de Rio de Janeiro (rubrique Une ville ailleurs 2014). M’autoriser à l’écriture, moi qui suis quelqu’un de la scène, sur une émotion liée à l’instant de la représentation.


Kostar dans 20 ans ? 

2046, c’est loin et, dans ces temps de forte violence, de détournement des mots, j’imagine les gestes artistiques reconsidérés sous leur sens premier : une nécessaire relation au vivant, à l’organique par opposition au numérique. Nous parlerons de l’enfer que furent les années du dernier soubresaut du patriarcat, de la fin des dynasties illibérales récentes. Nous parlerons des ravages que furent les années 2020 à 2030 et du tournant salvateur des années qui suivirent. 



Justin Weiler

“ Kostar, une fidélité précieuse ”


Justin Weiler © Germain Herriau, Kostar N°87, 2023
Justin Weiler © Germain Herriau, Kostar N°87, 2023

C’était en 2017. Quand on a découvert le travail de Justin Weiler, on a de suite compris qu’il irait loin. On aimait son obsession pour la peinture et le dessin, son sens de la démesure (son Bouquet pour Annie publié en portfolio réunissait 81 formats pour une œuvre de 3,60 m par 2,25). « Ça rappelle mes débuts à Nantes et ça m’émeut. Je venais d’être diplômé des Beaux-Arts. C’était ma première publication. Dans le même numéro, il y avait aussi mon ami Voyou. Ça me touche de voir comment on a évolué tous les deux. » Kostar continue de suivre le travail de Justin. Il faut dire que les expositions se sont multipliées avec son travail sur le verre qui en a fait un maître de la lumière. Collection Lambert, Parvis du Musée d’arts de Nantes, Atelier d’Estienne à Pont-Scorff, Galerie Mélanie Rio Fluency, vitrines pour Saint Laurent dans le monde entier… jusqu’à Dédale, l’œuvre monumentale pour l’Élysée. « Pour moi, Kostar, c’est une fidélité précieuse. » Et dans 20 ans ? « Il y aura toujours Pierrick Sorin, évidemment ! Les Recto-Verso. Après les baisses de budget et l’IA, je pense qu’on reviendra à l’essence de la culture, plus proche du travail de la main. On sera dans des dualités en arts plastiques car il y aura aussi quelque chose d’ultra connecté et ultra immersif. »  



Emmanuelle Huynh

“ Un magazine qui me branche au terrritoire ”


Emmanuelle Huynh © Valentin Folliet 
Emmanuelle Huynh © Valentin Folliet 

Quand Kostar est né, Emmanuelle Huynh était directrice du Cndc d’Angers. Elle est restée sur le territoire Kostar et on ne s’est jamais perdu de vue. Outre les interviews, elle est intervenue dans plusieurs rubriques (Une ville ailleurs…). On l’a retrouvée récemment avec Boris Charmatz.


Kostar c’est quoi ? 

Un magazine bien vivant, au ton particulier, que j’ai toujours envie d’emmener quand je le rencontre ! Une source de découvertes d’artistes, d’initiatives singulières, Kostar me branche au territoire !


Un souvenir lié à Kostar ?   

En 2009, à Tokyo, je cherche un endroit pour faire une photo pour Kostar, auquel j’avais promis des nouvelles du Japon, où je préparais une pièce avec la maître ikebana Seiho Okudaira, Shinbai, le vol de l’âme. Je trouve une passerelle en plein air à côté du beau parc Yoyogi. Depuis, cet endroit est devenu pour moi le Kostar bridge à chaque fois que j’y reviens !  Vive la cartographie intime : la Loire-Atlantique est bien reliée au centre de Tokyo comme chacun sait !


Kostar dans 20 ans ?  

On parlera de danse et d’arts de plus en plus en prise avec les enjeux de nature, végétation, air, eaux, des flux qui irriguent le territoire. La danse aura inscrit encore plus sa présence dans le quotidien des habitants. Ce qui intensifiera l’attention apportée aux autres et à soi-même. Les arts pratiqueront l’entremêlement et la synergie.



Lena Paugam

“ Il est précieux de se savoir reliée à des lecteurs ”


Lena Paugam © Isabelle Vaillant
Lena Paugam © Isabelle Vaillant

On suit passionnément le parcours de Lena Paugam, de la Cie Alexandre (Saint-Brieuc) et du festival Lyncéus (Binic). Autrice, metteuse en scène et comédienne, elle nous surprend par ses choix et son audace. « Le théâtre ne peut plus se contenter de montrer, il doit permettre de se rencontrer », nous dit-elle dans sa première interview. Été 2000, elle participe à Un monde ailleurs, carte blanche aux artistes imaginée pendant le Covid. On a été marqués par Hedda et Andromaque. « Au fil des années, à naviguer, à sillonner la Bretagne, de côte en côte, par les terres, par les rives, on tisse une histoire avec le territoire comme une grande voile d’aventure. Revenir dans un théâtre, comme sur un quai retrouver la familiarité des lieux qu’on a quittés, les visages connus, le souvenir ravivé des moments partagés, c’est avec le temps un grand plaisir de récits à écrire. De saison en saison, d’année en année, au fil des projets, Kostar raconte des parcours, des chemins d’artistes sur le territoire. Kostar fait le lien. Kostar informe. En tant qu’artiste, il est précieux de se savoir reliée à des lecteurs. » Elle se demande comment circuleront les nouvelles dans 20 ans, espérant que Kostar « continue à jouer son rôle de passeur d’initiatives, d’inventions, de rêves, stimulant encore et toujours la curiosité et l’esprit de découverte des lecteurices du Grand Ouest ».  


Polyhedre

“ Kostar a complètement boosté notre atelier en France ”


© Atelier Polyhedre
© Atelier Polyhedre

Designers et plasticiens, Baptiste Ymonet et Vincent Jousseaume d'Atelier Polyhedre sont tellement créatifs et inventifs que Kostar remet régulièrement leur travail en lumière. Ne nous dites pas que vous ne les connaissez pas car on vous dirait que vous lisez mal Kostar !


Kostar, c’est quoi pour vous ?  

On apprécie les couvertures et les portfolios pour découvrir l’univers d’un.e artiste. Avec les rubriques comme repères et une identité à chaque numéro, jamais de lassitude.


Un souvenir lié à Kostar ?  

Kostar a complètement boosté notre atelier en France. D’abord Nantes puis les Pays de la Loire, la Bretagne… Nous avions surtout des contacts et clients étrangers. Ici, nous étions un peu ignorés (syndrome allez faire vos preuves à l’étranger d’abord !). Mais l’article et l’image dans le Kostar d’avril 2009 sont l’un des déclencheurs pour notre diffusion en France.


Kostar dans 20 ans ?  

Le papier ! Toujours imprimé on espère ! C’est important, la matière, les impressions, surtout pour un magazine attaché au graphisme et à l’illustration. La culture dans 20 ans doit garder une accroche dans le réel et la matérialité. On voit bien d’un côté la distance qu’implique le tout numérique et de l’autre le plaisir et l’intérêt grandissant pour ce qui dépasse la monotonie du manufacturé et emprunte des voies borderline : à la marge, les imperfections pour lutter contre une manière de pensée unique et cloisonnée.  



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