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Marine Leonardi, interview recto/verso

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture


Interview / Matthieu Chauveau * Photo / Tangui Jossic pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°101 - été 2026



Interview recto


Comment faut-il comprendre le titre de votre spectacle ? 

Je suis moi-même une “Mauvaise graine”, comme toutes les femmes. Avec la maternité, on a toutes eu des pensées assez dures et on n’a jamais osé les dire à haute voix. Mon spectacle est l’occasion de les partager. 


Comment définissez-vous votre humour ?

Trash, honnête et bienveillant. Ça passe par l’autodérision. On peut attaquer les autres, les hommes, mais il faut aussi s’attaquer soi-même. Pas hésiter à s’en rajouter une petite couche pour montrer qu’in fine, personne n’est parfait.  


« Vous n’êtes pas seules ». Tout part de là ? 

La première fois que j’ai utilisé cette formule, on m’a écrit : c’est super, garde-là. On croit toutes qu’on est seules avec nos grands bonheurs et malheurs, alors que lorsqu’on ouvre les chakras, on se rend compte qu’on vit des choses similaires. Ça dédramatise. 


Quel est le pourcentage de mamans dans vos spectacles ?

C’est 80 % de parents et je comprends. Si j’étais pas parent, je ne me faderais pas un spectacle de la vieille Leonardi qui parle de son périnée éclaté. J’ai aussi plus d’impact sur les jeunes, c’est l’effet Kiss Cool inattendu, à travers mon message jugé très féministe. 


“Si j’étais pas parent, je ne me faderais pas un spectacle de la vieille Leonardi qui parle de son périnée éclaté.”

Passer des likes sur Instagram à la scène, c’est facile ?

C’est assez vertigineux de galérer à remplir son spectacle et de voir le paradigme changer grâce aux réseaux sociaux. En une semaine, c’est littéralement passé de « oh la la, j’ose pas regarder le taux de remplissage » à « OK, c’est full, il faut ouvrir d’autres dates ».


La radio, c’est pour moins parler de vous ?

Le thème est imposé pour mes chroniques sur France Inter. C’est génial, ça m’oblige à avoir un cadre. Je me permets plus de choses sur la société. Les « vous n’êtes pas seules », c’est tellement pris au pied de la lettre que si je faisais de grandes plaidoiries politiques, les gens seraient un peu choqués !  


Qu’est-ce qu’une bonne humoriste ?

Une humoriste qui fait rire. Je crois qu’il ne faut pas se prendre la tête plus que de raison. Si, en plus, le fond est intéressant, c’est vraiment le jackpot. Et si on arrive à faire rire sans heurter personne, c’est le gros gros jackpot. Je heurte les hommes mais ça va : dommage collatéral !  


La recette du succès, c’est l’autodérision ?   

l faut réinjecter dans la société le fait que c’est OK de rire de soi. Récemment, j’ai fait une vidéo où je critique ceux qui mangent du beurre doux et j’ai eu des retours très véhéments en messages personnels…



Interview verso


Aviez-vous de l’humour avant de devenir maman ?

L’humour, ça se travaille. Il faut avoir envie d’être drôle et c’était mon obsession depuis toute petite. Je me foutais du sport, je voulais juste faire rire. Avec le taf et la parentalité, on se laisse ensevelir. J’avais parfois des flashs, des moments où je me disais : t’es devenue chiante !  


C’était le déclic ?  

Je faisais du théâtre amateur, ça ne sort donc pas de nulle part. J’ai commencé à créer une pièce et j’ai adoré écrire les vannes. Je me souviens avoir tapé “blagues Paris” dans Google ! J’ai foncé dans un Comedy Club et j’ai dit à mon mari : “c’est ça que je vais faire plus tard !” Il m’a répondu : “oui oui, bien sûr…” 


Ça va toujours avec votre mari ?

Ça va même mieux qu’avant. Il en avait marre que je sois chiante à la maison, là il se dit que ça s’arrête à la scène ! Ça nous a vachement unis qu’il me soutienne. Il est 100 fois moins susceptible que tous les hommes qui voient mes vidéos.


“L’humour, ça se travaille. Il faut avoir envie d’être drôle et c’était mon obsession depuis toute petite.”

Tâches ménagères et libido font-elles bon ménage ?

Évidemment non. On ne peut pas récurer les chiottes et se faire sauter cinq minutes après. Il faut en avoir conscience. C’est des vases communicants et c’est aussi l’intérêt de la charge mentale : s’attaquer au problème et se libérer du temps pour les choses joyeuses de la vie.  


Finalement, n’êtes-vous pas “très famille” ?  

Si mais les discours genre « la famille c’est ce qu’il reste quand les amis s’en vont », je les trouve lourds. Partout ou presque, les familles sont défaillantes. L’important, c’est aussi la famille qu’on se crée, les copains. J’ai pas de problème à me dire que mes filles trouveront plus tard d’autres mentors que leur mère ou leur père.


Connaissez-vous les filtres Insta ?

Je n’en mets jamais ! Je suis moins choquée par mon visage que le public. On me dit souvent : “qu’est-ce que t’es moche !” OK, j’ai des crottes de nez (rire) mais je crois que le fond et la forme sont cohérents. Si j’étais sur-maquillée avec un filtre grosses lèvres en disant “les filles, libérez-vous des injonctions”, ce serait un peu bizarre.


Spectacle Mauvaise graine Parc des Expositions, Segré-en-Anjou-Bleu, 25 septembre. Le Forum, Le Mans, 10 octobre. Avel Vor, Plougastel, 6 novembre. Le Skope, Lannion, 7 novembre. Zénith, Nantes, 29 janvier 2027. Le Liberté, Rennes, 30 janvier 2027.


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