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Alvan & Ahez, Celtovision



Texte / Patrick Thibault * Photo / © Cyril Moreau / Bestimage Publié dans le magazine Kostar n°80 - avril-juin 2022


Qui l’eût cru ? Le groupe breton Alvan & Ahez, improvisé pour la circonstance, se retrouve propulsé pour représenter la France à l’Eurovision 2022. Avec une chanson en breton ! Verdict à Turin le 14 mai.


Au départ, il y a d’un côté Alexis Morvan-Rosius, alias Alvan, musicien électro-rock qui était à l’affiche des dernières Trans Musicales et de l’autre un groupe de trois filles – Marine Lavigne, Sterenn Diridoulou et Sterenn Le Guillou – qui chantent du kan-ha-diskan dans le sextet Eben, né au Festival Interceltique. Les filles se sont rencontrées à Carhaix, au lycée Diwan. L’histoire d’Alvan & Ahez commence lorsque Marine et Alvan se rencontrent dans un bar à Rennes. « Les filles sont arrivées quand je recherchais des chants ethniques, j’avais même enregistré mon arrière-grand-mère », explique Alvan.

C’est donc le manager d’Alvan qui a l’idée de candidater pour l’Eurovision. La suite on la connaît : « De 3000 chansons au départ, on a été parmi les 40 auditionnés début janvier », raconte Sterenn Diridoulou. En février, ils sont retenus parmi les 12 finalistes. Lors de la soirée du 5 mars, sur France 2, ils raflent la mise, nettement plébiscités par le jury et par le public. « Certains jours, on a encore du mal à réaliser ce qui nous arrive », explique Sterenn Le Guillou « car on ne s’attendait pas à un choix aussi net ». Marine Lavigne, elle, raconte que la pression est compensée par « le plaisir de faire de la musique tous ensemble ».


« Nous sommes une contre-proposition incroyable par rapport à Barbara Pravi qui était très parisienne »

À l’évidence, les quatre membres du groupe ont de l’énergie à revendre. Demandez-leur si c’est la France ou la Bretagne qui va à Turin et les réponses fusent. « Nous sommes Bretons et Bretonnes et on y va pour représenter la France », assène Sterenn Diridoulou. Pour Sterenn Le Guillou, « c’est la France mais aussi toute la richesse du pays ». Marine Lavigne ajoute, « on représente la France avec une chanson en breton, nous sommes les symboles de la diversité linguistique en France et en Europe ». Pour Alvan, c’est simple : « On représente la Bretagne et la France. La Bretagne est en France, non ? »

Ces quatre-là, qui travaillent ensemble depuis peu, sont soudés et réunis par la musique et la cause à défendre. Ils croient en leur bonne étoile. « Nous sommes une contre-proposition incroyable par rapport à Barbara Pravi qui était très parisienne », explique Alvan avant d’ajouter : « On est très authentiques et un peu dépassés par ce qui se passe ». Ensemble, ils louent l’accompagnement bienveillant de l’équipe de l’Eurovision. Alvan reconnaît qu’il a pu penser que l’Eurovision avait un côté ringard lorsqu’il était avec sa mamie sur le canap à jouer sur sa gameboy pendant qu’elle regardait le concours, « mais depuis deux-trois ans, ça se modernise, on est entre l’indé et le main-stream, comme nous et ce qui nous arrive, c’est quand même ouf ! »

Eurovision Le 14 mai