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Arianna Monteverdi, notion de grandeur

13 sept.
2 min de lecture

Texte / Matthieu Chauveau * Photo / Gregg Bréhin Publié dans le magazine Kostar n°102 - octobre-novembre 2026



Les grands espaces américains toujours en ligne d’horizon, Arianna Monteverdi est de retour avec un album plein de souffle. Sa belle voix aux accents seventies y trouve un nouvel élan, dans un habillage plus pop.


A Marvelous Notion. « Une idée merveilleuse » me dit Google Translate. Mais quand je demande à Arianna Monteverdi la signification du titre de son nouvel album, c’est tout de suite plus compliqué. « L’adjectif “marvelous” qualifie ce qui suscite l’émerveillement, ce qui est extraordinaire, mais évoque aussi une grande satisfaction. Et le mot “notion” est assez ouvert, ce n’est pas juste une idée, c’est aussi une utopie, une vision. » Raté pour mon entrée en matière : quelle idée merveilleuse, ce deuxième album ! N’empêche, il y a quelque chose de proprement lumineux, brillant, dans ce disque aux multiples reflets et contours, alternant ballades épiques (Take a Chance, Hold your Horses, Oceanlike…) et envolées folk-rock, d’ailleurs plus rock que folk (Flowerbed, French Toast, That’s Ok…). Pour citer des références récentes : Weyes Blood d’un côté, Big Thief de l’autre. Pour parler aux vieux : Joan Baez d’un côté, Fleetwood Mac de l’autre. 


“Il y a une forte connexion entre les scènes de Nantes et Tucson depuis les Little Rabbits.”

Toujours avide de nouvelles rencontres, Arianna s’est, pour ce disque, entourée de deux musiciens chevronnés : le Mancunien expatrié à Nantes Francis Lung (WU LYF) avec qui elle partage tous les instruments de l’album (batterie, basse, guitare, piano) ; l’ex-Minitel Rose / Pegase Raphaël d’Hervez à la réalisation artistique. « La grande expérience des garçons et leur oreille avisée ont été essentielles dans la création de ce disque. Ils m’ont aidée à sublimer les morceaux avec leurs idées d’arrangements. Et puis, avec Raph, on a finalement passé tous les enregistrements sur bandes magnétiques pour apporter plus de chaleur au son. C’était de superbes rencontres artistiques, mais aussi humaines. » 

Singer-songwriter jusqu’au bout des ongles, Arianna a sorti son premier album il y a bientôt dix ans, en solo comme la lonesome cow-girl qu’elle rêvait sans doute d’être. De l’americana pur jus en mode guitare-voix, avant de s’ouvrir, avec l’EP Multiple en 2021, à des sonorités plus rock indé (avec, sur disque et sur scène, des ex-membres de The Slow Sliders). Aujourd’hui, l’univers s’élargit encore aussi bien dans la musique, avec notamment l’arrivée du piano, que dans les paroles qui évoquent « l’amour au temps du Covid, l’aube adolescente, la quête d’une vie meilleure au travers des parcours migratoires, une insomnie, un désert magnétique d’Arizona… » Ce qui nous amène à Sleepless in Tucson, le morceau qui clôt admirablement A Marvelous Notion : en douceur. « C’est une chanson qui m’a été inspirée par mon dernier voyage là-bas, en 2023. Il y a une forte connexion entre les scènes de Nantes et Tucson depuis les Little Rabbits. C’est une chance de pouvoir marcher dans les pas d’artistes que tu apprécies tout en te faisant ta propre expérience. » Avec un beau retour d’ascenseur puisque Stéphane Louvain, ancien guitariste des Rabbits, partagera la scène avec Arianna pour sa release party.   


En concert (release party) à Stereolux, Nantes, le 1er octobre.

Album A Marvelous Notion, sortie le 16 octobre chez Figures Libres.


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