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Arielle Beck, haut de gamme

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Interview / Patrick Thibault * Portraits / © Julien Benhamou Publié dans le magazine Kostar n°99 - février-mars 2026


À tout juste 17 ans, Arielle Beck a déjà tout d’une grande. Pianiste dès l’âge de 4 ans, compositrice depuis ses 9 ans, elle a déjà joué avec de nombreux orchestres. C’est sa troisième Folle Journée où elle retrouve l’ONPL pour le concert de clôture diffusé sur Arte. Rencontre.



On doit souvent vous rappeler votre parcours. Vous parler de ce premier concours Jeune Chopin remporté à 9 ans… Vous-vous souvenez de ce que vous avez joué ce jour-là ?  

Je me rappelle avoir joué un nocturne, une valse, une polonaise et le premier Impromptu de Chopin. C’était un programme Chopin, entièrement. Un très beau souvenir et la rencontre avec Martha Argerich, évidemment, ce n'est pas rien...


Le piano a toujours fait partie de votre vie. Vous n’avez jamais eu le moindre doute ?  

Oui, le piano fait partie de ma vie depuis toujours et je n'ai pas le souvenir de ma vie avant lui. Donc, le doute concerne telle ou telle décision artistique, et non le fait de jouer du piano. Faire de la musique me semble aussi naturel que vivre tout court.


Vous n’aviez que 9 ans et on parlait déjà d’une grande maturité musicale, qu’en dites-vous ?  

Je ne me rends pas bien compte. En tout cas, j’en suis touchée.


Ce premier album, Des lunes et des feux, c’est un disque qui vous ressemble ? 

Il me ressemble sans doute inévitablement, même si l'acte artistique s'élabore aussi avec une certaine distance à l'égard de ce qu'on est, pour communiquer avec autrui aussi universellement que possible. Il faut donc faire abstraction de sa propre subjectivité (si tant est qu'on la connaisse !), et pourtant c'est à travers un tempérament que la musique peut se « ressouvenir », selon le très beau mot d'Yves Nat. L'interprète fait vivre à sa manière une musique à laquelle il est fidèle.


L’an passé, vous avez déjà participé à La Folle journée, qu’est-ce qu’elle vous inspire ?  

En vérité, c'est la troisième fois que je vais y jouer, René Martin m'ayant fait confiance très tôt. La Folle Journée, m'évoque la jeunesse, la découverte, la musique classique dans tous ses états à la disposition du grand public. C'est une idée géniale et généreuse.


“La Folle Journée, m'évoque la jeunesse, la découverte, la musique classique dans tous ses états à la disposition du grand public.”

Vous jouez en compagnie de nombreux orchestres, quels sont ceux qui vous font rêver ?  

Il y en a beaucoup ! Dresser une liste serait difficile. Jouer prochainement avec le Sinfonia Varsovia et rejouer avec l'Orchestre National des Pays de la Loire et leur directeur musical Sascha Goetzel est un honneur. J'aimerais rejouer avec ceux qui m'ont déjà invitée, jouer avec l'Orchestre de Paris et tant d'autres orchestres... !


À La Folle Journée, vous jouez le Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 54 avec le Sinfonia Varsovia, pourquoi cet amour de Schumann ?  

Vaste question ! Schumann fait partie de ma vie depuis toujours. J'en ai joué depuis très petite. Son univers, je m'y sens chez moi ; c'est un univers complexe, à la fois rêveur et joyeux, si vivant dans ses nuances et sa richesse !


“Faire de la musique me semble aussi naturel que vivre tout court.”

À qui auriez-vous envie de dédicacer ce concert du 28 janvier ?  

J'ai naturellement envie de le dédier à René Martin, qui a eu l'idée de ce concert. Ma dédicace n'a d'ailleurs rien de polémique et je ne souhaite pas parler de la triste situation à laquelle chacun pense. Je suis simplement fidèle à un être si généreux et inventif, auquel je dois beaucoup comme tant d'autres artistes. Je sais par ailleurs le dévouement de l'équipe du CRÉA.


Que diriez-vous à un.e jeune, en ce début d’année, qui rêve de musique classique ?  

Simplement de se consacrer à sa passion, sans songer à autre chose qu’à l’amour de la musique pour elle-même.


Le piano, c’est une passion et une discipline, vous prive-t-il de votre jeunesse ?  

Non, il fait partie de la jeunesse. Il appartient à ma jeunesse, et il est jeune aussi, même si c’est un vieux compagnon de jeu ! À l'âge de 9 ans, je l’ai baptisé Marcel !


En dehors du piano, avez-vous le temps de vous intéresser à autre chose ?  

J'ai toujours eu du temps pour lire, aller à des expositions, voir des films, dessiner, cuisiner aussi...


De quelle carrière rêvez-vous ?  

D'une carrière heureuse et intéressante, renouvelée, qui apporte aux gens une joie, un plaisir intense, une nouvelle manière d'approfondir les sentiments complexes de l'humanité à travers le « mariage des sons », comme dit Mozart.  


Concert n° 4, avec le Sinfonia Varsovia, Mihhail Gerts direction, mercredi 28 janvier à 21h, Schumann, Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 54.

Concerts de clôture, n° 162 (samedi 31 janvier à 21h15), 218 et 219 (dimanche 1er février à 17h30 et 19h45). En direct sur Arte.

La Folle Journée, Cité des Congrès, Nantes, 28 janvier au 1er février.

Album Des lunes et des feux, Schuman, label Mirare.



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