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Clara Luciani : “Je ne suis pas à la mode musicalement”



Interview / Matthieu Chauveau * Photos / Alice Moitié

Publié dans le magazine Kostar n°81 - été 2022


Vous êtes stylée. Depuis quand faites-vous attention à votre look ?

Je ne sais pas si je fais attention mais j’ai compris très tôt que les vêtements étaient un moyen d’expression. Vers 13-14 ans, j’ai commencé à aller dans les vide-greniers avec mon papa. J’achetais du vintage bien avant que ce soit cool ! J’avais notamment trouvé un chapeau bibi des années 30 que je mettais au lycée. Tout le monde se moquait de moi mais j’aimais bien !


Pensez-vous avoir le costume de l’emploi, notamment sur la pochette de votre dernier album, Cœur ?

En fait, cet ensemble pantalon pattes d’eph et chemise à col pelle à tarte, c’est vraiment mon style. Il n’y a pas vraiment de différence entre ce que je mets dans la vie de tous les jours et en tant qu’artiste. Mais pour ma nouvelle tournée, j’ai quand même fait créer un costume sur mesure. Il est signé Alessandro Michele de la maison Gucci.


Quel rapport entretenez-vous avec la mode ?

Elle m’excite et elle m’agace. Ce que j’aime dans la mode, c’est le vêtement comme moyen d’expression. Ce qui m’agace, c’est les tendances. On est dans une époque où on se doit de consommer responsable. D’acheter des pièces non pas parce qu’on les a vues dans les magazines ou sur Instagram mais parce qu’on sent qu’on va pouvoir les porter longtemps.


Pensez-vous être à la mode ?

Si vous regardez les artistes qui vendent le plus aujourd’hui, c’est le rap ou la chanson avec des sonorités urbaines. Je ne suis donc pas à la mode musicalement. Ni dans mon style vestimentaire d’ailleurs. Je n’ai même pas une paire de baskets !


Être à la mode, c’est quoi pour vous ?

C’est s’inscrire dans une tendance générale, une espèce d’esthétique validée par la majorité des personnes à un moment donné. Et ça n’est pas forcément mon truc.


Avez-vous déjà retourné votre veste ?

Je pense qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis donc j’espère l’avoir déjà retournée mais sans pour autant avoir été opportuniste, ce qui est autre chose. « Toujours du bon côté » mais toujours pour de bonnes raisons, donc.


“Cet ensemble pantalon pattes d’eph et chemise à col pelle à tarte, c’est vraiment mon style.”

Vous êtes arrivée dans le paysage musical avec un premier album qui a tout de suite très bien marché. Avez-vous déjà pris des vestes ?

En fait, avant, j’ai eu des projets qui ont moins bien marché. Mais je ne sais pas si ça s’appelle prendre des vestes parce qu’ils m’ont apporté tout ce qu’ils devaient m’apporter pour que je trouve le courage de me lancer toute seule.


Qu’y a-t-il dans votre valise quand vous partez en tournée ?

Mon steamer pour défroisser mes vêtements, du thé vert, des livres, des BD, mon oreiller panda et un jogging peau de pêche… J’adore l’enfiler après mes concerts, pour dormir dans le tour bus.


À qui voudriez-vous tailler un costard ?

Un gros costard à Éric Zemmour. Ou plutôt un petit, parce que je ne crois pas qu’il soit très grand.


Quel est le comble du chic ?

Ne pas chercher à être chic. Quelque chose d’assez inconscient. Un Gainsbourg habillé tout en jean avec une paire de Repetto. Effortless.


Le comble du mauvais goût ?

Porter des vêtements dans lesquels on ne se sent pas bien parce qu’on a l’impression qu’on doit les porter. Par exemple, les femmes qui mettent des talons alors qu’elles ne savent pas marcher avec. Et qui insistent alors qu’elles trouvent ça inconfortable ! Alors qu’il y a 1000 façons d’être féminine aujourd’hui.


Quelle personnalité voudriez-vous relooker ?

Julien Doré. Il a fait un duo sur mon album et je me suis rendu compte qu’il porte souvent des claquettes. Il sort avec ses claquettes Fila… C’est pas possible ça (rire) !


Qui rêveriez-vous de déshabiller ?

Harry Styles, un chanteur toujours super bien habillé. Juste pour pouvoir garder ses vêtements et m’enfuir avec.


Festival Beauregard, Hérouville-Saint-Clair, 7/07 Les Vieilles Charrues, Carhaix Plouguer, 14 07 Les Francofolies, La Rochelle, 17 juillet Les Escales, Saint-Nazaire, 29 juillet Zénith, Nantes, 18 octobre Le liberté, Rennes, 19 octobre Antares, le Mans, 20 octobre Arena, Brest, 26 janvier 2023 Arena Loire, Trélazé, 27 janvier 2023.